Et si 20 ans après l'histoire se répétait ? C'est dans cet esprit qu'a été conçu le Tour de France 2009. En 1989, la Grande Boucle offrait son final le plus exaltant tout au bout du suspense sur les Champs Elysées, Greg Lemond s'imposait pour 8'' d'avance sur Laurent Fignon. Plus cruel encore, celui-ci s'inclinait pour 82 mètres. Cette année, un seul mot résume l'approche de cette 96ème édition : VENTOUX.
Le Ventoux en juge de paix
Cette année, si la course devait ressembler à celle de 1989, le vainqueur ne serait pas connu sur les Champs Elysées le dernier jour, mais au sommet du « Géant de Provence » à la veille de Paris. Les organisateurs ont voulu faire fort en proposant une ultime ascension à la veille de l'arrivée à l'image du Giro ou de la Vuelta, mais une toute première pour le Tour de France. Le gain du maillot jaune se jouera sans doute comme d'habitude dans les Pyrénées et les Alpes, mais nul ne pourra dire qu'il a gagné avant l'arrivée du 25 juillet, car sur le Ventoux, tout peut se perdre.
Le Mont Ventoux est une légende du cyclisme, montagne des contrastes et des extrêmes, le « Mont chauve » domine la plaine de Carpentras. Isolé de tous les autres cols, il frappe par sa faune et sa flore et son final digne d'un paysage lunaire où frappe en été un soleil de plomb, et parfois un mistral qui vient durcir la pente déjà sévère. Le Ventoux c'est une histoire qui a propulsé les plus grands champions, précipité les défaillances, nul ne peut jouer avec le « Géant de Provence ». En 1970, Eddy Merckx aura bien dompté le Ventoux, mais à son arrivée il sera victime d'un malaise renforçant la légende, terni 3 ans plutôt par la mort du britannique Tom Simpson dans un jeudi de fournaise. Charly Gaul, Raymond Poulidor, Eddy Merckx, Bernard Thévenet, Jean François Bernard, Marco Pantani et dernièrement Richard Virenque en 2002 se sont tous imposés au Ventoux en illustre grimpeur, le 25 juillet prochain la tradition devrait être respectée avec le sacre d'un grand champion, et on connaitra le nom du vainqueur du Tour de France 2009.
Un départ de prestige de Monaco et une semaine nerveuseEn s'élançant de Monaco pour une toute première et un contre-la-montre d'ouverture exigeant avec des rampes atteignant les 10 %, de beaux écarts devrait déjà être consentis au terme de ces 15.5 km en principauté et dans l'arrière pays niçois.
La première semaine s'annonce nerveuse en longeant la Méditerranée et les pièges seront de tous les instants si le vent s'en mêle. Cette année le contre-la-montre par équipe, exercice sublime, fera son retour à Montpellier sur un parcours vallonné de 39 km qui devrait favoriser les équipes homogènes aux équipes de gros rouleurs.
Le 9 juillet c'est une étape de prestige qui se jouera à Barcelone terme de la 6ème étape sur les hauteurs de Montjuich qui devrait favoriser les pucheurs sur une étape 100 % espagnole.
Les Pyérénées en première semaine mais allégéesCette année les Pyrénées seront abordées en fin de première semaine, soit très tôt dans la course et ce sur un mode brutal. En effet cette première étape pyrénéennes de 224 km propose une ascension répertoriée première catégorie, le col de la Serra-Seca, et la montée finale vars Arcalis classée en hors-catégorie. Une étape pour les grimpeurs qui devront saisir là leurs chances car c'est l'étape reine des Pyrénées cette année. Le lendemain l'étape s'annonce tout aussi corsée avec l'ascension du Port d'Envalira, du col de Port et du col d'Agnes mais ce dernier étant distant de 50 km de l'arrivée à Saint-Girons, des regroupements devraient avoir lieu. Le séjour pyrénéen s'achève par un grand classique avec le col d'Aspin et du Tourmalet où les seconds couteaux auront un terrain idéal car les favoris ne devrait pas bouger, le sommet du Tourmalet étant distant de 60 km de Tarbes. Ensuite le peloton traversera la France pour rejoindre les Vosges et ses routes piégeuses et où tout peut arriver, et que seul les imprudents n'auront pas prit soin de reconnaitre.
Les Alpes en hors-d'œuvre
[align=justify]Le Tour fera escale dans les Alpes suisses, la confrontation entre les grimpeurs va alors reprendre avec une arrivée en altitude à Verbier, là où sera ensuite observée la seconde journée de repos. Le col du Grand Saint-Bernard fera son retour sur le Tour, rarement escaladé, il sera le point culminant de la "Grande Boucle" à 2469 mètres d'altitude, son ascension qui dure plus d'une trentaine de kilomètres devrait fatiguer les organismes des coureurs qui enchaineront directement avec le col du Petit Saint-Bernard avant de plonger vers Bourg Saint-Maurice. Se profile l'étape reine de ce Tour de France, entre Bourg Saint-Maurice et le Grand-Bornand avec 5 ascension répertoriées sur les 170 km de l'étape. Le final qui enchaine le col de la Romme, une nouveauté de cette édition 2009 et ses 8.8 km à 8.9 % de moyenne, avec le col de la Colombière de 7.5 km à 8.5% de moyenne devrait permettre de creuser de gos écarts sachant que le sommet de ce dernier est distant de 15 km de l'arrivée.
Un dernier chrono somptueuxCette année le denier contre-la-montre n'aura pas lieu l'avant dernier jour comme il en était devenu l'habitude, mais à 3 jours de Paris. Long de 40 km ce contre-la-montre se courra dans un décor somptueux autour du lac d'Annecy, la dernière occasion pour les rouleurs de creuser l'écart sur les grimpeurs qui pourront se rattraper sur les pentes du Ventoux 2 jours plus tard. Pour boucler la boucle, la dernière étape prendra son envol de Montereau-Fault-Yonne pour rejoindre Paris et ses Champs-Elysées, l'étape de l'aboutissement, du soulagement et du bonheur, au terme d'une ultime ligne droite.