Tour de France 1998

Tour de France 1998
Le 11 juillet 1998, le Tour de France prend son envol de Dublin. Le lendemain la France du foot est à son apogée, elle devient championne du monde. La France en haut dans le foot, en cyclisme ce doit être la même chose. Richard Virenque doit offrir à la France, le Tour de France qui se cherche un vainqueur depuis Bernard Hinault en 1985. Au départ il est le favori numéro un et dispose d'une équipe solide, la Festina, la dream team sur ce Tour. Le prologue est remporté par le spécialiste Chris Boardman. Virenque lui est bien placé à 12 secondes de Boardman, mais surtout à sept secondes du vainqueur sortant, l'allemand Jan Ullrich. Le 14 juillet, jour de fête nationale le Tour retrouve la France à Roscoff, à la pointe de la Bretagne. A l'arrivée à Lorient c'est Jens Heppner qui s'impose. Le 18 juillet, c'est le premier grand rendez-vous pour les favoris au fameux maillot jaune. En effet il se court en Corrèze le premier contre-la-montre de 58 km que Richard Virenque avait prit le soin de repérer préalablement afin d'être prêt, et de lâcher le moins de temps possible à son rival désigné Jan Ullrich, dans un exercice qu'il n'aime pas. Mais le matin du 18 juillet c'est un chao médiatique qui envahi la Grande Boucle. L'équipe Festina est exclue du Tour de France suite aux aveux par Bruno Roussel, de dopage organisé au sein de l'équipe. Une histoire qui avait débuté 3 jours avant le grand départ de Dublin, mais on n'imaginait pas de telles conséquences. Le Tour plonge alors dans le cauchemar, et c'est toute la crédibilité du cyclisme qui est remise en cause, une année noire pour le Tour. Toute la donne est alors changée sur ce Tour à rebondissements invraisemblables. Jan Ullrich s'en va remporter allègrement le contre-la-montre auquel Festina ne prendra pas part. Il s'empare par la même occasion du maillot jaune, juste avant les Pyrénées, un maillot qui ne doit pas quitter ses épaules d'ici Paris, le Tour lui est promis. Le 21 juillet c'est la première étape montagne dans les Pyrénées entre Pau et Luchon avec l'Aubisque, le Tourmalet, Aspin et Peyresourde. L'italien Rodolfo Massi remporte l'étape en solitaire à Luchon. Derrière dans le col de Peyresourde, Marco Pantani attaquera pour tenter de revenir sur son compatriote pour gagner l'étape, en vain. Il terminera deuxième de l'étape, mais le vainqueur sortant du Giro répète qu'il n'est pas en forme, on ne compte guère sur lui pour la victoire. Derrière Jan Ullrich règle à son rythme ses adversaires dans Peyresourde, ce sans difficulté, le groupe est amorphe, on craint le Kaiser. Le lendemain le peloton prend la direction du difficile Plateau de Beille, nouvelle ascension dans le Tour. On attend Ullrich dans une montée qui doit lui convenir à merveille, une longue montée aux pourcentages réguliers qui doivent lui permettre d'exprimer toute sa puissance. Mais c'est sans compter sur Marco Pantani qui place son attaque à 12 km du sommet. Une envolée spectaculaire, les mains en bas du guidon, il va gagner l'étape. Derrière Ullrich n'est pas victime d'une défaillance, mais d'une incapacité à combler l'écart qui se creuse. L'italien est plus fort que jamais. L'allemand arrivera 1'40'' plutard. Il est toujours maillot jaune certes, mais ce diable de Pantani est désormais quatrième au général à 3'01''. Un autre coureur pointe le bout de son nez, l'américain Bobby Julich à 1'11'' au général. Pantani affirme qu'il ne vise pas le classement général, mais il faut bien ce rendre à l'évidence qu'il va remettre ça un jour ou l'autre. L'heure arrive pour Pantani de s'offrir la légende du Tour, celle des coureurs extraordinaires pour lui qui est actuellement le meilleur grimpeur du monde. La quinzième étape le 27 juillet entre Grenoble et les Deux-Alpes va tout renverser, avec le passage du difficile Galibier. C'est à la mi-pente du Galibier que la course va prendre un tournant décisif. A environ 6 km du sommet, Marco Pantani passe le grand plateau et place un démarrage foudroyant que personne ne pourra le suivre, il part seul, seul à la conquête du Tour. Il grimpe le Galibier au sprint. Ullrich accuse le coup et il a comprit que les ambitions du Pirate ont prit de l'importance. S'il voulait gagner l'étape il aurait attendu la dernière ascension, mais là il est parti seul à 50 km du but. Au sommet du Galibier l'allemand accuse un retard de 2'40'' alors qu'il ne s'est passé que 6 km. Dans la descente le maillot jaune est déboussolé et par la malchance connaitra la crevaison, mais surtout un manque de lucidité flagrant, des trajectoires ratées, des virages prit à l'arrêt dans une descente rendue dangereuse par la pluie, le froid, le brouillard. L'étape se court dans des conditions météos extrêmement délicates. Au pied de la dernière ascension l'écart est de 3', « il elefantino » est virtuel maillot jaune, le Tour bascule. Pantani continue de déployer ses ailes et ne faiblit pas, il est en état de grâce. Au fur et à mesure que Pantani accentue son avance la fatigue du Kaiser s'accentue. A l'arrivée Pantani est premier, il remporte l'étape. Jan Ullrich arrivera seulement 25ème, malheureux, à 8'57''. L'italien endosse le premier maillot jaune de sa carrière, il s'offre la légende du Tour. Ullrich se retrouve seulement quatrième au général, précédé par un étonnant Bobby Julich sur la route des Deux-Alpes et de l'espagnol Fernando Escartin. Ce jour-là Marco Pantani a sauvé le Tour de France, il a réalisé un exploit inoubliable, un de ceux qui ne s'oublieront jamais et qui construisent la légende. Le lendemain Ullrich remporte l'étape, sa deuxième sur ce Tour, juste devant Pantani dans le même temps. Il reprend la troisième place à Escartin et se rapproche un peu plus de Julich avant le dernier contre-la-montre. Dans la 17ème étape entre Albertville et Aix-les-Bains le peloton se met en grève contre les mesures anti-dopages, avec à la tête du mouvement Laurent Jalabert ainsi que Marco Pantani, chefs de la protestation. Plusieurs équipes quitteront le tour, comme la ONCE, TVM, Banesto, Kelme et Riso Scotti. Le denier contre-la-montre au Creusot verra la victoire de l'allemand Jan Ullrich, sa troisième victoire d'étape dans ce Tour de France, mais ce sera insuffisant pour battre Pantani. Marco Pantani remporte le Tour de France le 2 août devant Jan Ullrich et Bobby Julich. L'italien réalise un magnifique doublé Giro-Tour qui sauve ce Tour noir, le Tour qui a traversé sa plus grave crise, il doit servir d'exemple pour le futur. Ce Tour Pantani l'a conquis avec panache, à l'ancienne, comme les coureurs d'antan, à l'époque des Coppi, Bartali ou Gaul, comme un pur grimpeur. Un vainqueur du Tour que l'on n'est pas près d'oublier.
# Posté le jeudi 15 mai 2008 16:28
Modifié le samedi 17 mai 2008 03:48

Fausto Coppi

Fausto Coppi
« Un homme seul aux commandes, son maillot est blanc et bleu, son nom est Fausto Coppi ». Il est encore aujourd'hui pour beaucoup de fins connaisseurs le plus grand coureur de tous les temps, le palmarès ne plaide pas en sa faveur face à Eddy Merckx, mais il était un modèle d'élégance sur le vélo, et le chemin de sa vie bien que tragique plaide en sa faveur. Une allure qui était la plus belle sur un vélo, un physique exceptionnel, celle d'un grimpeur hors-pair qui semblait glisser dès que la route s'élevait, tout comme aussi bon rouleur. Un fils de paysan du Piémont, qui allait dans le sport cycliste, diviser l'Italie de l'après-guerre. La droite chrétienne soutenait Gino Bartali le « vieux », Coppi, lui, incarnait la gauche. Mais au-delà du cyclisme, Fausto Coppi allait transformer le sport en général en s'intéressant à la diététique, au matériel, le début de la perfection. Il est à l'origine du cyclisme moderne, cela lui vaudra le surnom de « Campionissimo ».
Le décollement de sa carrière aura lieu sur le Giro 1940. Alors âgé de 20 ans, il conquit le Giro pourtant promis à Bartali. La course était partie de la piazza San Sepolcro, lieu de la première apparition du fascisme à la fin de la première guerre mondiale, pendant le déroulement de ce Giro le gouvernement recevait des dirigeants nazis, ce qui allait faire sombrer l'Italie dans le cauchemar de la guerre. A peine a-t-il le temps de savourer sa victoire sur le Giro qu'il rejoint la 38ème d'infanterie basée non loin de chez lui. Il recevra toutefois une autorisation de courir. Une partie de sa carrière sera ruinée comme tous les coureurs de cette époque, par l'horreur de l'atrocité des hommes. Cela ne l'empêchera de devenir champion d'Italie en 1940 et 1941. Il va s'offrir le record de l'heure en 1942 à la vitesse de 45,871 km/h, record qu tiendra 14 ans. Peu de temps après alors que les forces américaines ont débarqués en Afrique du Nord, il sera envoyé en Tunisie, où en mai 1943 il sera fait prisonnier. Il rejoint Naples en 1945, et recommence à courir. Sur le Giro 1946, Bartali l'emporte et marque le début de leur rivalité et enflammera l'Italie. Cette année-là Coppi remporte trois étapes sur le Giro, mais également Milan-San Remo et le Tour de Lombardie. En 1947 il s'offre une deuxième fois le Giro, le titre de champion d'Italie et récidive sur le Tour de Lombardie. L'année suivante son début de saison est marqué par une nouvelle victoire sur Milan-San Remo. Le Tour de France 1948 sera l'apogée de Bartali, 10 ans après sa victoire de 1938, mais celui de 1949 sera l'avènement tant attendu de Coppi. Vainqueur sortant du Tour d'Italie il sera le premier coureur à réaliser le doublé Giro-Tour, preuve de sa force. C'est sa première venue sur les routes du Tour. Pourtant le Tour 1949 ne commence pas du mieux possible pour lui, personne ne miserait sur lui. Vers Saint-Malo il n'est pas en grande forme, mais pourra compter sur son rival Bartali. Malgré une force athlétique, Coppi et souvent touché par des ennuis physiques, l'empêchant souvent de briller. Pourtant deux semaines plus tard dans l'Izoard on retrouve aux avant-postes les deux rivaux, dans la descente Coppi attendra Bartali pour lui laisser la victoire à Briançon. Le retour de la pièce du cadeau fait par Bartali à Saint-Malo. Mais Coppi est en jaune, le lendemain dans le Petit Saint-Bernard les deux coureurs distancent le peloton à plusieurs minutes. Dans la descente Bartali chute, mais cette fois Coppi fonce vers Aoste. Il ramène le maillot jaune à Paris, et remporte son premier Tour de France pour sa première participation. Ce sera une année riche en succès pour le Campionissimo, qui sera de nouveau sacré champion d'Italie, gagnera un troisième Milan-San Remo et un quatrième Tour de Lombardie consécutif. Son frère, Serse remportera Paris-Roubaix mais sera classé ex-aequo avec André Mahé. Fausto lui n'est pas de cet avis et va le faire savoir à sa manière sur le vélo. Il va dominer outrageusement l'Enfer du Nord 1950 en parcourant en solitaire les cinquante derniers kilomètres. Une victoire pour son frère, avec qui il gagnera le Trophée Baracchi, contre-la-montre qui se dispute à deux. Il remportera au printemps la Flèche Wallonne, étoffant ainsi un peu plus son palmarès sur les classiques. En 1951 il remporte deux étapes sur le Giro, entamé avec une fracture de la clavicule occasionnée au mois de mars. Avant le départ du Tour il dispute le Tour du Piémont avec son frère Serse qui sera victime d'une chute bénigne. Il se plaint de mal de tête et sera transporté à l'hôpital. Mais trop tard, Serse est mort. Fausto pleure, il a perdu un être cher, celui avec qui il s'entraînait, celui qui le protégeait, celui qui le comprenait, celui qui mettait de la lumière dans l'esprit de Fausto. Il se rend au Tour de France, mais ne gagnera rien, on comprend son état d'esprit, tout du long il sera marqué par la tristesse. En 1952 il réalise un nouveau doublé Giro-Tour. Le Tour de France va être joué dès les deux premières étapes de montagne. Dans l'étape de l'Alpe-d'Huez, première arrivée en altitude du Tour de France, Coppi va déposer ses adversaires, avec son coup de pédale aérien. Pourtant en jaune le lendemain il va se lancer dans un long raid en se lançant seul dès le Galibier, il creuse encore l'écart dans le Montgenèvre et l'emporte à Sestrières chez lui en Italie avec plus de douze minutes d'avance sur ses poursuivants. Les arrivées au sommet il semble aimé pour cette nouveauté du Tour 52, et il va remettre ça sur les pentes du Puy-de-Dôme, digne des terribles cols italiens. A Paris il triomphe avec près de trente minutes d'avance sur le second. Ensuite c'est côté sentimental de sa vie qui prend le devant de la scène avec sa relation avec la Dame Blanche avec qui il aura un fils, Faustino. L'Italie chrétienne est choqué et le rejette. Les autres l'admire toujours. En 1953 il gagne un cinquième Tour d'Italie pour rentrer dans la légende, c'est un record. Le titre de champion du monde s'offrira à lui cette même année. Il gagne un cinquième Tour de Lombardie en 1954, et un cinquième titre de champion d'Italie en 1955. On sent la fin de carrière arrivée, Fausto gagne de moins en moins, chute beaucoup, passe plus de temps à se remettre de ses blessures. Ensuite il met sa carrière de coureur entre parenthèses pour laisser place à ses loisirs. En 1959 il participe à un safari en Afrique noire. A son retour en Italie, il a de la fièvre, il est touché par la malaria mais sera détectée trop tard par les médecins. Coppi meurt dans la nuit du 2 janvier 1960 à seulement 40 ans. L'Italie est émue et est touché tragiquement par la disparition de son héros, à un moment où le pays se dirige vers la modernité et sort de la crise. L'Italie a perdu un des ses plus grands champions et le cyclisme à cette date son plus grand coureur. Une destinée tragique, celle des Coppi, après Serse, Fausto. Une destinée de la gloire aux larmes, le Campionissimo est mort trop tôt.
# Posté le mercredi 30 avril 2008 10:32
Modifié le mercredi 30 avril 2008 15:12

US Postal

US Postal
L'US Postal, cette équipe qui a dominé le Tour de France au début des années 2000, ou Lance Armstrong, mais l'un ne va pas sans l'autre. Evoquer l'US Postal c'est parler d'Armstrong, parler d'Armstrong c'est parler de l'US Postal. Cette équipe unifiée autour d'un seul homme, d'un seul objectif, le professionnalisme ou rien n'est laissé au hasard. La performance, le seul but recherché dans le moindre souci du détail. Une véritable armada américaine sur les routes de France de juillet, neuf hommes aux rôles bien précis et bien déterminés. Mais le succès américain ne se construit pas seulement sur la route. C'est une véritable multinationale qu'est l'US Postal, un encadrement sur mesure, où chacun a toujours son rôle déterminé. Un directeur sportif, un manager véritable homme d'affaires comme avocat, un préparateur physique à la réputation sulfureuse, un attaché de presse, un garde du corps. C'est du vélo business où l'argent est roi, et ça marche. C'est comme ça que Lance Armstrong, le « patron du Tour » règne sur la plus grande course du monde, avec une équipe à la hauteur de ses performances. Armstrong, un coureur à part dans le peloton, tout comme un statut à part, un monde à part avec les autres équipes.
L'US Postal, neuf coureurs unis, ou plutôt huit coureurs unis autour d'un seul homme, huit hommes en bleu et un en jaune. C'est incontestablement l'équipe la plus complète et la mieux armé pour amener un coureur à la victoire sur le Tour, une véritable garde rapprochée entièrement dévouée au service de leur leader. Huit soldats recrutés aux quatre coins de la planète, sur profil, les meilleurs dans leur domaine. Des rouleurs pour la plaine, des gabarits pour protéger du vent, des grimpeurs pour la montagne, des porteurs d'eau, une équipe sans faille. Si Armstrong triomphe c'est grâce aux sacrifices de ses équipiers. Aucun coureur de l'US Postal n'a remporté d'étapes sur le Tour. Des équipiers qui peuvent espérer un statut de leader dans une autre équipe, mais seconder Armstrong leur rapporte plus. Cela au détriment de tout objectif personnel, leur carrière est mise en parenthèses. A l'exemple de Roberto Heras arrivé en 2001 à l'US Postal en tant qu'équipier de luxe dans la montagne, pourtant 5ème du Tour 2000 et vainqueur de la Vuelta. Une équipe bâtie pour une seule course, le Tour de France, une machine à gagner. Une équipe au seul objectif commercial, gagner de l'argent sur le Tour. Un coureur aux cadences infernales et son célèbre battement de jambes travaillé toute l'année, technique appliquée par Bruyneel, améliorée par Ferrari. Et ça marche Armstrong est le meilleur dans la montagne, tout comme dans les chronos, des capacités de récupérations importantes pour lui, comme ses équipiers qui assument chacun plus ou moins de travail à l'avant du peloton durant toute les étapes. Armstrong lui ne roule que sur la fin, les dix derniers kilomètres quand c'est pas moins, l'importance d'une équipe soudée, unie, forte, la meilleure. La méthode Armstrong, celle de la réussite.
# Posté le mercredi 23 avril 2008 14:17

Tour de France 2008

Tour de France 2008
La campagne des hommes de classiques est désormais achevée, ces hommes ou surhommes, comme vous voulez, vont laisser place aux coureurs de courses par étapes dans le but avoué, le Tour de France. C'est le prochain grand rendez-vous de cette saison captivante. On retrouvera grand nombre des prétendants au fameux maillot jaune sur les classiques ardennaises, ce sont des courses de préparation incontournable des favoris à la Grande Boucle. Ils vont prendre le devant de la scène jusqu'en juillet, le compte à rebours est lancé pour arriver au top de sa forme.
La course de juillet captive encore et toujours le public, chaque année c'est près de 15 millions de spectateurs sur les bords de la route, ou les quelques 3 millions d'ardus de la course de juillet dans leur canapé. C'est ainsi depuis 105 ans, sous la canicule de juillet que la petite reine règne
Cette année le Tour de France prendra son envol de Brest, déjà grand départ en 1974 et un prologue remporté par le Cannibale Eddy Merckx pour ce qui sera son dernier Tour victorieux. Mais cette année les organisateurs ont changé un point, anodin en apparence. En apparence, car cette année la première étape sera une étape en ligne, le risque de chute permanent, tous les coureurs voudront gagner l'étape car le vainqueur sera maillot jaune. 200 prétendants, ça va frotter, les favoris devront être vigilant car une chute peut ruiner la suite des trois semaines de course. Le peloton prendra la direction de Plumelec, haut-lieu du cyclisme breton, et une arrivée en haut de la côte de Cadoudal, dénommée « l'Alpe-d'Huez bretonne » ou encore le « Tourmalet breton ». Une montée de 2,3 km à 5% de moyenne, un passage à 7%, et un virage en épingle à 200 mètres de la ligne. Le Tour y est déjà arrivé à trois reprises, la dernière fois en 1997 et une victoire allemande du sprinteur Erik Zabel. Le grand départ en 1985, et un prologue remporté par Bernard Hinault devant les siens, ainsi qu'un contre-la-montre par équipe en 1982 remporté par Ti-Raleigh. Une première étape qui pourra sourire à un puncheur, un à baroudeur, ou encore à un sprinteur assez costaud. La Bretagne sera gâtée en 2008 par le Tour car le lendemain une étape encore entièrement bretonne entre Auray et Saint-Brieuc par le « Mur de Bretagne ». La Bretagne une terre de vélo dont le Tour ne peut se passer, « la Bretagne aime le Tour , le Tour aime la Bretagne », les mots de Christian Prud'homme, directeur du Tour de France. En effet la Bretagne est une terre de cyclisme, elle a offert au Tour trois de ses vainqueurs. Jean Robic a été le premier en 1947, imité par Louison Bobet triple vainqueur et le blaireau Bernard Hinault quintuple vainqueur. Cela fait neuf Tour de France remporté par un breton. Le lendemain on quittera la Bretagne de Saint-Malo et ses célèbres remparts, pour rester dans l'Ouest avec une arrivée à Nantes. Le mardi 8 juillet, sera le premier rendez-vous de cette 95ème édition avec une contre-la-montre de 29 km autour de Cholet. Ensuite les coureurs se lanceront dans un long raid de 230 km dans ce qui sera la plus longue étape de ce Tour de France jusqu'à Châteauroux. Le lendemain les favoris devraient se dévoiler sur la route de Super-Besse pour une première arrivée en altitude dès la 6ème étape. Ce sera un premier indicateur et une bonne mise en jambe pour voir l'état de forme de chacun, la victoire finale ne se jouera pas ici. Ensuite on reste dans le Massif Central, le 12 juillet une dernière occasion pour les sprinteurs de s'imposer à Toulouse dans la « ville rose » avant les Pyrénées. Le lendemain le peloton attaquera la première vraie étape de montagne jusqu'à Bagnères-de-Bigorre par le col de Peyresourde et d'Aspin. Le 14 juillet, jour de fête nationale, les français auront à c½ur de briller dans la difficile étape des Pyrénées allant jusqu'à Hautacam par le mythique Tourmalet. Au terme de l'étape on pourra se faire une idée de qui pourra encore envisager de remporter le Tour et de qui aura toutes ses chances anéanties. Les coureurs entameront alors la première journée de repos bien méritée. Ensuite place aux étapes dites de transition mais où la prudence doit être de mise, rappelons nous de Pereiro en 2006. Le dimanche 20 juillet les rescapés du Tour auront de nouveau rendez-vous avec la montagne entre Digne-les-Bains et Prato Nevoso en Italie. Le Tour arrive en Italie ce qui n'était plus arrivé depuis Sestrières en 1999. La seconde journée de repos se passera donc en Italie à Cuneo, avant de rejoindre Jausiers le lendemain dans une étape qui s'annonce particulièrement difficile par le col de la Lombarde et le col de Bonette-Restefond, plus haut col emprunté par le Tour de France culminant à 2800 mètres, ce avant une longue descente qui s'annonce d'ores et déjà spectaculaire jusqu'à Jausiers. Le lendemain ce sera l'étape reine alors que les organismes n'auront pas totalement récupérés des efforts consentis la veille. Les coureurs devront d'abord avaler le mythique col du Galibier, ensuite celui de la Croix de Fer avant de grimper la fameuse montée de l'Alpe-d'Huez, lieu quasi incontournable de la Grande Boucle, entré dans la légende en 1952 avec Fausto Coppi, « il Campionissimo ». A cinq jours de l'arrivée à Paris, le futur vainqueur du Tour 2008 devrait être connu en haut des 13,8 km de montée. Toutefois attention de ne pas se faire piéger le lendemain vers Saint-Etienne sur un terrain accidenté. La veille de l'arrivée aura lieu comme chaque année le dernier contre-la-montre à Saint-Amand-Montrond qui avait déjà eu ce privilège en 2002. Le classement général devrait donc être établi. Le dimanche 27 juillet la traditionnelle dernière étape entre Etampes et les Champs-Élysées où les sprinteurs devraient faire régner leur loi, celle de la vitesse, au terme de 3500 km.
Cette année Christian Prud'homme souhaite interdire les oreillettes durant quelques étapes, soit dans le Massif Central ou en montagne, pour mettre fin à la monotonie de la course réduite à un schéma type, un peloton qui règle son allure sur les échappées afin de les reprendre à 3 km de la ligne. L'année dernière durant la première semaine on a vu aucune échappée aboutir, les sprinteurs ont dicté leur loi. Toutes les étapes suivaient le même schéma type, anéantissant l'esprit de la course ainsi que le panache d'autrefois, de moins en moins présent.
En tout cas le plus important pour le Tour de France est de regagner en crédibilité, une crédibilité perdue ces deux dernières années. En 2006 Floyd Landis a été déclassé au profit de Pereiro déclaré vainqueur sur tapis vert, et l'année dernière l'exclusion de Michael Rasmussen à 5 jours de Paris alors qu'il était maillot jaune. La victoire est donc revenu au controversé Alberto Contador. Cette année son équipe Astana n'a pas été sélectionnée pour la Grande Boucle du fait des nombreux cas de dopage dans l'équipe. Cette décision forte de la part du Tour de France d'interdire le tenant du titre de le défendre est un signal à tous les tricheurs, puis ce n'est pas les coureurs qui font le Tour, mais le Tour qui fait les coureurs. Depuis ces 10 dernières années chaque vainqueur à plus ou moins été touché par les affaires, pas toujours prouvées, mais des dires qui font perdre en crédibilité la plus grande course du monde, et mettent en péril le cyclisme. Le Tour doit montrer l'exemple, celui de cette année est celui de la dernière chance, sinon on voit mal comment il pourrait garder son avenir avec toute la confiance du public.
# Posté le mercredi 16 avril 2008 16:11
Modifié le jeudi 17 avril 2008 14:40

Paris-Roubaix 2008

Paris-Roubaix 2008
Dimanche 13 avril 2008, Paris-Roubaix célèbre sa 106ème édition et toujours pas une ride. On annonçait la pluie et une course encore plus dangereuse qui promettait de tenir sa réputation d'Enfer du Nord, mais pas une seule goutte de pluie sur l'ensemble du parcours. La course s'est déroulée sous un temps nuageux, des conditions idéales, pas de boue, pas de poussière. Les favoris étaient nombreux au départ ce matin, avec en tête Stuart O'Grady le tenant du titre, Tom Boonen vainqueur en 2005 que l'on annonce sur le déclin, Fabian Cancellara triomphateur à Roubaix en 2006, Stijn Devolder vainqueur une semaine plutôt du Tour des Flandres, Magnus Backsted vainqueur en 2004, Georges Hincapie toujours placé, Juan-Antonio Flecha en forme, Nick Nuyens, Thor Hushovd, Filippo Pozzato, Leif Hoste, Alessandro Ballan, Frédéric Guesdon... Tous veulent triompher à Roubaix mais la route est longue, par-delà 28 secteurs pavés, et un seul y arrivera. Le départ est donné de Compiègne à 11h, et dans la pure tradition la fameuse échappée matinale se forme assez tardivement après pratiquement 100 km de course à l'approche su premier secteur pavé. Elle est composée de seconds couteaux qui ont prit la poudre d'escampette, on y retrouve Matthe Pronk, Jan Kuyckx et Alexander Serov. A 163 km de l'arrivée c'est l'entrée sur le secteur de Troisvilles, le premier secteur pavé, le début de l'enfer. Le premier tournant de la course intervient à la zone de ravitaillement avec l'abandon d'un des principaux favoris, à savoir le norvégien Thor Hushvod. Mais tout commence à un peu moins de 100 km du but, le début de la « vraie » course, celle des hommes forts. Pour les autres c'est le début, le début de la fin. Le peloton accélère fortement sous l'impulsion des grosses écuries Quick Step, CSC, Lampre, Silence-Lotto. Cette forte accélération provoque des cassures dans le peloton et un premier groupe d'une quarantaine de coureurs se forme. Au plus mauvais moment, juste avant le moment décisif, une chute met à terre Pozzato et Flecha, deux des favoris. Car à ce moment là, le peloton aborde la Tranchée d'Aremberg, ou pour les puristes, les vrais nordistes on la dénomme de son vrai nom La Drève des Boules d'Hérin. Endroit mythique, de légende découvert par Jean Stablinski qui a roulé dessus en vélo, et en dessous en tant que minier. Aujourd'hui c'était spécial, la course lui rendait hommage, avec une stèle érigée à son effigie à l'entrée de la Tranchée. Une tranchée et ses célèbres pavés, la nostalgie de 2 400 mètres en ligne droite, mêlant joie et souffrance pour le plaisir du spectateur. Plaisir de ces pavés empruntés pour la première en 1968. Il y a 40 ans les pavés d'Aremberg était découvert par le peloton, un mois avant les pavés encore. Les autres pavés, ceux de la contestation, de la grève générale, d'une « révolution » ratée, les pavés de mai 68. Décidément, 68, année des pavés. Mais en 2008 on ne se souciait guère de ça pour les coureurs, le lauréat du Tour des Flandres Stijn Devolder est le premier à faire exploser le peloton, avant de laisser la place aux Silence-Lotto. A la sortie de la mythique tranchée un premier écrémage a eu lieu, les secteurs pavés vont désormais s'enchaîner. Un peloton d'une trentaine de coureurs avec tous les ténors est sorti en tête, à l'exception de Juan-Antonio Flecha et Filippo Pozzato qui ne sont toujours pas rentrés. Devant on temporise, ce qui permet aux deux coureurs de rentrer sur le peloton après 30 km de chasse. L'espagnol a fait preuve d'une force incroyable pour rentrer, on devra se méfier de lui, il semble voler sur un nuage, confirmation de sa troisième place au Ronde et ses attaques dans le final de Gand-Wevelgem. Le peloton est maintenant composé d'une cinquantaine d'unités, mais pas pour longtemps, dans le secteur d'Orchies, Quick Step et High Road accélère fortement, provoquant d'importantes cassures. Mais la poisse semble touché Flecha aujourd'hui victime d'une nouvelle chute, il est définitivement écarté de la lutte pour la victoire car devant Van Summeren attaque et Devolder renvoi avec lui dans sa roue Boonen, O'Grady, Cancellara, Hoste, Ballan et Maaskant. A 50 km de Roubaix le bon coup est parti avec que des favoris excepté le néerlandais qui parvient à suivre. La cohésion est parfaite dans ce groupe et on peut de dire que la victoire va revenir à un de ces cinq. Dans les secteur de Mons-en-Pévèle Devolder passe à l'offensive, et on croit qu'il part nous faire le même numéro qu'au Tour des Flandres, il sera rejoint un peu plus loin par O'Grady. Derrière Boonen et Cancellara n'ont pas à rouler, ils ont chacun un équipier devant, c'est don Van Summeren qui va se sacrifier pour son leader Hoste qui finira le travail lui-même. Au moment de la jonction à 35 km du but se forme une échappée royale, Boonen, Cancellara et Ballan. Derrière Hoste a raté le wagon et il est le seul à rouler. La course se déroule par élimination, la victoire va se jouer entre ces trois coureurs. C'est un final entre hommes forts, peut-être même bien les trois meilleurs coureurs actuels de classiques comme le montre leurs palmarès. Le premier d'entre-eux le suisse Fabian Cancellara vainqueur de Paris-Roubaix en 2006 et de Milan-San Remo cette année. Tom Boonen le belge auteur d'un doublé Tour des Flandres/Paris-Roubaix en 2005, vainqueur du ronde également en 2006, champion du monde en 2005, deuxième à Roubaix en 2002 et 2006. L'italien Alessandro Ballan vainqueur du Tour des Flandres en 2006 et de la classique de Hambourg, 3ème de Paris-Roubaix en 2006. Au sprint Boonen est le plus rapide, on attend donc des attaques de ses adversaires au Carrefour de l'Arbre, le dernier endroit clé de la course. On verra une accélération de Cancellara, Ballan est en difficulté sur les pavés par rapport à Boonen et au suisse. Mais ce dernier ne creusera pas d'écart. La victoire va donc se jouer au sprint sur le vélodrome, un sprint après 260 km c'est plus la fraîcheur qui compte que la vitesse. Ballan est le premier à entrer sur le vélodrome devant Cancellara et Boonen. En toute logique c'est le belge Tom Boonen qui triomphe laissant cloué sur place Cancellara deuxième et Ballan troisième qui n'ont pas disputé la victoire, n'ayant plus les forces. Boonen vient ainsi taire ses détracteurs qui le disaient sur le déclin, en remportant ainsi la Reine des Classiques pour la deuxième fois après 2005. Course magnifique au final magique entre de grands noms du cyclisme, entre les meilleurs. Un bel esprit sportif, dans le respect marqué par Ballan et Cancellara envers Boonen après l'arrivée, des coureurs qui acceptent la défaite, et un podium tout simplement beau. La période des classiques, la plus belle période de l'année est ainsi terminée, c'est toute une atmosphère qui va maintenant laisser place aux courses par étapes. Une ambiance qui s'en va, adieu le Nord, et vivement l'année prochaine qu'on retrouve ce décor, cette ambiance, cet esprit, pour des courses toutes aussi belles, on a hâte d'y être...
# Posté le dimanche 13 avril 2008 17:01
Modifié le lundi 14 avril 2008 03:13

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