Paris-Roubaix : Boonen triple couronne !

Paris-Roubaix : Boonen triple couronne !
En ce jour de Pâques, les forçats de la route se donnent rendez-vous sur la 107ème édition de Paris-Roubaix. Course unique en son genre, elle passionne et provoque un engouement unique dans les jours qui la précède, elle est une course d'un autre temps, une journée où le temps s'arrête pour retrouver les origines du cyclisme. Sur une route pas comme les autres, parsemée de près de 53 km de pavés aussi irréguliers les uns que les autres, mettant les coureurs et leurs machines à rude épreuve, secoués, malmenés, les costauds sortent de l'ombre. Car « l'Enfer du Nord » est la chasse gardée des costauds, là où les coureurs légers sont invisibles, d'ailleurs les vainqueurs de Tour ne s'y aventurent, craignant la chute. En effet, sur le pavé de Roubaix une saison peut s'arrêter, même les plus grands spécialiste y ont connu la chute, on se rappelle Johann Museeuw triple vainqueur de l'épreuve en 1998 ou encore Philippe Gaumont en 2001.


Au départ de Compiègne tous les regards sont tournés vers l'épouvantail Quick Step. L'équipe belge dirigée par Patrick Lefévère est l'équipe reine de la course, elle a remporté 9 des 14 dernières éditions avec au passage 4 triplés. Incroyable ! Et bien entendu le grand favori de la course se trouve dans cette équipe, il n'est autre que Tom Boonen, double vainqueur de l'épreuve en 2005 et 2008, qui n'a encore rien gagné cette saison et qui ne peut se rater aujourd'hui. Mais le belge doit composer avec son propre camp, dépassé dimanche dernier par Stijn Devolder sur le Tour des Flandres, mais aussi avec Sylvain Chavanel, atout numéro 3 de l'équipe qui a gagné sa place sur la « Reine des Classiques ». Mais face à l'équipe belge la liste des outsiders est longue, et des noms sortent du lot, des coureurs toujours placés à Roubaix comme Juan Antonio Flecha, Fabian Cancellara, Filippo Pozzato, Henrich Haussler, Georges Hincapie, Leif Hoste, Thor Hushovd, Martijn Maaskant...

Dans la pure tradition l'échappée matinale composée de 11 hommes, dont un ancien vainqueur, Servais Knaven lauréat en 2001, prendra le large mais l'avance ne dépassera guère les 4 minutes. Le premier secteur est bien comme tous les ans celui de Troisvilles, mais le début de la course se situe plus loin, à 95 km de Roubaix, lorsque que l'on aborde la fameuse Tranchée d'Aremberg. Haut-lieu de Paris-Roubaix qui incarne la légende, elle est synonyme de porte de « l'Enfer » car c'est là que la vraie course commence. La folie de 2400 mètres de ligne droite au milieu de la forêt, un passage mythique, le premier secteur 5 étoiles de la course, que Tom Boonen va aborder en tête du peloton pour éviter tout ennui, avant de se faire dépasser par Henrich Haussler, ce jeune allemand omniprésent depuis le début de saison et qui ne devrait pas tarder avant d'en décrocher une belle. Dans la Tranchée l'on assiste à un spectacle magnifique, on se rappelle les grandes heures, les bandes de roulement ayant été supprimées, le public proche des coureurs qui doivent obligatoirement emprunter le haut du pavé, là où c'est le plus dur. Derrière les chutes se multiplient comme un jeu de quille. A la sortie un premier écrémage a eu lieu, tous les favoris sont là excepté Maaskant. Ils ne sont plus que 50 à espérer s'imposer, les attaques se multiplient, en vain, tout le monde tentent sa chance.

Mais c'est dans le deuxième secteur 5 étoiles, celui de Mons-en-Pévèle, l'un des plus difficiles que Boonen va accélérer, entraînant avec lui Filippo Pozzato, Juan Antonio Flecha, Thor Hushovd, Leif Hoste et Johann Van Summeren. Ils ne sont plus donc que 6 à pouvoir s'imposer, derrière les battus sont Chavanel, Haussler et Cancellara, ils ne rentreront jamais. A l'avant, les 6 hommes savent qu'ils vont se disputer la victoire, mais la route est encore longue.

C'est dans le Carrefour de l'Arbre, troisième et dernier secteur 5 étoiles de la course que le spectacle a été le plus dense. Envahi par plus de 800 000 spectateurs, des flamands présents en masse ont investit ce secteur stratégique, dont la légende dit « celui qui sort en tête au Carrefour de l'Arbre, s'impose à Roubaix ». On attend de voir si ce dicton tiendra parole cette année encore. Dans les premiers hectomètres, Flecha va rater un virage entraînant avec lui Hoste et Van Summeren. Quant à Pozzato il aura été légèrement gêné alors que Thor Hushovd accélère à la sortie d'un virage avec dans sa roue Boonen, ils ne sont plus que deux pour la victoire. Mais le norvégien, manque de lucidité et de fraîcheur et ratera à son tour un virage. « Tommeke » est donc seul en tête avec Pozzato lancé à ses trousses.

C'est un mano à mano que va nous offrir ce final de la « Reine des Classiques », entre Tom Boonen et Filippo Pozzato. Le belge ne se relève pas et ne veut pas prendre de risque avec la menace d'un sprint, se souvenant certainement de celui perdu face à l'italien sur le GP E3. A la sortie du Carrefour de l'Arbre l'écart entre les deux hommes est de 10'', mais il va augmenter de seconde en seconde. Le champion du monde 2005 ne faiblit pas, tout en puissance il file vers un troisième succès sur « l'Enfer du Nord ». Mais cette fois c'est spécial, en 2005 et 2008 il avait réglé au sprint un groupe de trois coureurs, sauf que cette année il va avoir le plaisir et les frissons de rentrer seul sur le vélodrome, lieu chargé d'histoire, il reçoit l'ovation du public. « Tommeke » rentre ainsi dans l'histoire en rejoignant 7 autres triples vainqueurs tels Eddy Merckx, Franscesco Moser, ou Johann Museeuw entre autres. Pozzato prend lui la deuxième place et Hushovd complète le podium. Derrière Haussler et Chavanel ont lancé un contre prenant respectivement la septième et huitième place. Désormais Tom Boonen se retrouve plus qu'à un succès du record de Roger de Vlaeminck lauréat à 4 reprises. Le belge à surmonter la pression, il était archi-favori et a tenu son rang, il est bien l'homme de Paris-Roubaix, la référence absolue, un ton au-dessus de tout le monde, aujourd'hui il était imbattable.

# Posté le dimanche 12 avril 2009 13:43

Modifié le lundi 13 avril 2009 15:48

Paris-Nice : une semaine aux rebondissements insensés !

Paris-Nice : une semaine aux rebondissements insensés !
La saison est lancée depuis déjà un mois et demi sur les routes du Qatar et d'Australie mais les choses sérieuses commencent chaque année sur Paris-Nice. Courue début mars, la « Course au soleil » est le premier grand rendez-vous de la saison. Cette année pour sa 67ème édition, la course joue entre tradition et originalité. Comme en 2008 la course s'élance d'Amilly, mais cette fois par un contre-la-montre de 9,3 km. Ensuite les sprinteurs devront être servis avec deux belles occasions de s'imposer. Lors de la 4ème étape, Saint-Etienne rapprochera un peu plus son histoire de celle de Paris-Nice, pour ce qui est un grand classique. Mais l'originalité de cette édition est l'ascension de la Montagne de Lure lors de la 6ème étape. Appelée la « petite s½ur du Ventoux » , c'est le point culminant de toute l'histoire de Paris-Nice, c'est donc là que tout devrait se jouer, au terme d'une montée exigeante de 13,8 km à 6,6%. Ensuite Fayence remplacera Cannes dans la traditionnelle étape du samedi proposant un parcours très accidenté. Comme chaque année le col d'Eze sera l'apothéose d'une semaine de course pour terminer sur la Promenade des Anglais.


Mais au départ un homme sort du lot. C'est Alberto Contador. L'espagnol est là en préparation de son objectif avoué, le Tour de France, mais il vient sur Paris-Nice pour gagner et pas pour faire de la figuration. L'espagnol reçoit donc l'étiquette de favori et il est vrai qu'on voit mal qui pourrait le battre sur un parcours taillé pour lui. Mais en attendant il croisera sur sa route des coureurs qui eux aussi préparent le rendez-vous de juillet, à savoir Cadel Evans ou Frank Schleck, mais pour eux la forme n'est pas encore présente, il s'agit seulement d'accumuler des kilomètres de course. Du coup pour contrer Contador on ne pourra citer le tenant du titre Davide Rebellin préférant Tirreno-Adriatico. Côté italien il y'a certes son dauphin de l'an passé à savoir Rinaldo Nocentini mais dans la Montagne de Lure tiendra-t-il l'allure ? Car ce Paris-Nice est taillé pour les grimpeurs alors pour la victoire on peut citer Samuel Sanchez, Roman Kreuziger, Oscar Pereiro ou chez les français David Moncoutié, Sylvain Chavanel ou encore Thomas Voeckler.


C'est donc par un contre-la-montre de 9,3 km autour d'Amilly dans le Loiret que commence ce Paris-Nice, un chrono pour spécialistes, pas très technique, où il faudra emmener de long bout droit. Il n'est donc pas étonnant de voir le pistard Bradley Wiggins prendre le meilleur temps. Mais celui-ci ne sera que éphémère car Contador est lancé comme une fusée et va amélioré de 9'' le temps du britannique, il est le seul à passer la barre des 50 km/h. L'espagnol se pare de jaune dès la 1ère étape, il est très fort et confirme un peu plus son statut d'ultra-favori. L'on voit déjà le vainqueur des trois grands tour rester en jaune jusque dimanche prochain.

La deuxième étape verra la victoire au sprint sans conteste du jeune allemand Henrich Haussler qui s'impose à La Chapelle Saint Ursin avec plusieurs longueurs d'avance. La troisième étape sur la route de Vichy va offrir un premier bouleversement. Il pleut et il vente sur les routes de la « course au soleil », course où les coups de bordure sont fréquents. La Rabobank le sait et va le faire savoir, lorsque qu'à une trentaine de kilomètres de l'arrivée, l'équipe au quasi-complet prend la tête du peloton et accélère fortement le rythme. Derrière sa casse de partout, Alberto Contador est piégé. Devant Sylvain Chavanel accompagne les Rabobank avec quelques rares rescapés, il est dans le bon coup et va même se permettre de régler Juan Antonio Flecha au sprint à Vichy. Jour de gloire pour le français, victoire d'étape, mais aussi maillot jaune qu'il endosse au dépend de Contador.

Le madrilène n'est pas moins fort, il a juste été piégé et va le faire savoir en attaquant dans le final de Saint-Etienne, mais trop tard pour revenir sur Christian Vandevelde qui s'impose. Chavanel conserve in extrémis son maillot de leader, alerte rouge. Jérémy Roy va offrir à la France sa deuxième victoire d'étape sur cette semaine de course lors de la 5ème étape.

Se présente alors l'inédite ascension de la Montagne de Lure. Mais au départ tout était écrit, l'on savait tous, ou plutôt l'on se doutait bien que la victoire reviendrait à Alberto Contador qui est le meilleur grimpeur au monde. La question est plutôt de savoir si Chavanel va résister ou pas à l'espagnol sur les 13,8 km de montée, peut-être trouvera-t-il sa motivation dans le maillot jaune qu'il porte sur le dos, ou sera-t-il comme l'an passé où lorsqu'il céda sur les pentes du Mont-Serein déjà avec le maillot jaune. Pour la victoire d'étape c'est comme prévu, Contador s'impose, menant l'ascension à sa guise, par deux accélérations il lâche tout le monde, les derniers étant Frank Schleck et Luis Leon Sanchez. Derrière le coureur de la Quick Step se défend plutôt bien, il ne lâchera même pas 2 minutes mais c'est trop, il cède son maillot jaune à Contador qui semble dès lors avoir course gagnée.

Pourtant tout va s'écrouler sur la route de Fayence pour le maillot jaune. Terminé le côté dominateur, Contador a un visage humain, victime d'une fringale dans le final il va se faire dépasser par le peloton dans la dernière ascension sans pouvoir même suivre le rythme. L'espagnol est vidé, à bout de force, lâché par ses adversaires, Luis Leon Sanchez qui remporte l'étape et qui devient nouveau leader de la course. Sylvain Chavanel et Frank Schleck ont eux aussi attaqué voyant que Contador n'était pas au mieux, il lâchera plusieurs minutes. Le coureur de Quick Step est désormais deuxième du classement général.

Luis Leon Sanchez nouveau leader au départ de la dernière étape courue autour de Nice sur 119 km avec au programme trois cols, on voit mal comment la situation pourrait changer, mais des rebondissements ont lieu tous les jours, alors ne déclarons pas le vainqueur trop tôt. Contador n'était que l'ombre de lui-même hier, mais il n'est pas un coureur comme les autres, la réaction qu'il va avoir aujourd'hui, non pas celle d'un coureur battu, mais celle d'un champion le prouve. Battu il va attaquer dès le premier col, tenter le tout pour le tout. Mais la route est encore longue, il ne parviendra pas à renverser la situation, il pourra partir avec le mérite de s'être battu pour terminer au pied du podium. Car Luis Leon Sanchez conservera sa tunique jaune pour s'offrir la plus belle victoire de sa jeune carrière. Quant à Sylvain Chavanel maudit, victime d'un ennui mécanique il passera de la deuxième à la troisième place au classement général au profit de Frank Schleck. Il ne faut pas oublié non plus le vainqueur du jour, Antonio Colom qui fait briller les couleurs de Katusha sur la promenade des Anglais.
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# Posté le lundi 13 avril 2009 17:06

Modifié le lundi 13 avril 2009 17:33

Fausto Coppi, "Il Campionissimo"

Fausto Coppi, "Il Campionissimo"
« Un homme seul aux commandes, son maillot est blanc et bleu, son nom est Fausto Coppi ». Il est encore aujourd'hui pour beaucoup de fins connaisseurs le plus grand coureur de tous les temps, le palmarès ne plaide pas en sa faveur face à Eddy Merckx, mais il était un modèle d'élégance sur le vélo, et le chemin de sa vie bien que tragique plaide en sa faveur. Une allure qui était la plus belle sur un vélo, un physique exceptionnel, celle d'un grimpeur hors-pair qui semblait glisser dès que la route s'élevait, tout comme aussi bon rouleur. Un fils de paysan du Piémont, qui allait dans le sport cycliste, diviser l'Italie de l'après-guerre. La droite chrétienne soutenait Gino Bartali le « vieux », Coppi, lui, incarnait la gauche. Mais au-delà du cyclisme, Fausto Coppi allait transformer le sport en général en s'intéressant à la diététique, au matériel, le début de la perfection. Il est à l'origine du cyclisme moderne, cela lui vaudra le surnom de « Campionissimo ».

Le décollement de sa carrière aura lieu sur le Giro 1940. Alors âgé de 20 ans, il conquit le Giro pourtant promis à Bartali. La course était partie de la piazza San Sepolcro, lieu de la première apparition du fascisme à la fin de la première guerre mondiale, pendant le déroulement de ce Giro le gouvernement recevait des dirigeants nazis, ce qui allait faire sombrer l'Italie dans le cauchemar de la guerre. A peine a-t-il le temps de savourer sa victoire sur le Giro qu'il rejoint la 38ème d'infanterie basée non loin de chez lui. Il recevra toutefois une autorisation de courir. Une partie de sa carrière sera ruinée comme tous les coureurs de cette époque, par l'horreur de l'atrocité des hommes. Cela ne l'empêchera de devenir champion d'Italie en 1940 et 1941. Il va s'offrir le record de l'heure en 1942 à la vitesse de 45,871 km/h, record qui tiendra 14 ans. Peu de temps après alors que les forces américaines ont débarqué en Afrique du Nord, il sera envoyé en Tunisie, où en mai 1943 il sera fait prisonnier. Il rejoint Naples en 1945, et recommence à courir.

Sur le Giro 1946, Bartali l'emporte et marque le début de leur rivalité et enflammera l'Italie. Cette année-là Coppi remporte trois étapes sur le Giro, mais également Milan-San Remo et le Tour de Lombardie. En 1947 il s'offre une deuxième fois le Giro, le titre de champion d'Italie et récidive sur le Tour de Lombardie. L'année suivante son début de saison est marqué par une nouvelle victoire sur Milan-San Remo. Le Tour de France 1948 sera l'apogée de Bartali, 10 ans après sa victoire de 1938, mais celui de 1949 sera l'avènement tant attendu de Coppi. Vainqueur sortant du Tour d'Italie il sera le premier coureur à réaliser le doublé Giro-Tour, preuve de sa force. C'est sa première venue sur les routes du Tour. Pourtant le Tour 1949 ne commence pas du mieux possible pour lui, personne ne miserait sur lui. Vers Saint-Malo il n'est pas en grande forme, mais pourra compter sur son rival Bartali.

Malgré une force athlétique, Coppi et souvent touché par des ennuis physiques, l'empêchant souvent de briller. Pourtant deux semaines plus tard dans l'Izoard on retrouve aux avant-postes les deux rivaux, dans la descente Coppi attendra Bartali pour lui laisser la victoire à Briançon. Le retour de la pièce du cadeau fait par Bartali à Saint-Malo. Mais Coppi est en jaune, le lendemain dans le Petit Saint-Bernard les deux coureurs distancent le peloton à plusieurs minutes. Dans la descente Bartali chute, mais cette fois Coppi fonce vers Aoste. Il ramène le maillot jaune à Paris, et remporte son premier Tour de France pour sa première participation. Ce sera une année riche en succès pour le Campionissimo, qui sera de nouveau sacré champion d'Italie, gagnera un troisième Milan-San Remo et un quatrième Tour de Lombardie consécutif. Son frère, Serse remportera Paris-Roubaix mais sera classé ex-aequo avec André Mahé. Fausto lui n'est pas de cet avis et va le faire savoir à sa manière sur le vélo. Il va dominer outrageusement l'Enfer du Nord 1950 en parcourant en solitaire les cinquante derniers kilomètres. Une victoire pour son frère, avec qui il gagnera le Trophée Baracchi, contre-la-montre qui se dispute à deux. Il remportera au printemps la Flèche Wallonne, étoffant ainsi un peu plus son palmarès sur les classiques. En 1951 il remporte deux étapes sur le Giro, entamé avec une fracture de la clavicule occasionnée au mois de mars.

Avant le départ du Tour il dispute le Tour du Piémont avec son frère Serse qui sera victime d'une chute bénigne. Il se plaint de mal de tête et sera transporté à l'hôpital. Mais trop tard, Serse est mort. Fausto pleure, il a perdu un être cher, celui avec qui il s'entraînait, celui qui le protégeait, celui qui le comprenait, celui qui mettait de la lumière dans l'esprit de Fausto. Il se rend au Tour de France, mais ne gagnera rien, on comprend son état d'esprit, tout du long il sera marqué par la tristesse.

En 1952 il réalise un nouveau doublé Giro-Tour. Le Tour de France va être joué dès les deux premières étapes de montagne. Dans l'étape de l'Alpe-d'Huez, première arrivée en altitude du Tour de France, Coppi va déposer ses adversaires, avec son coup de pédale aérien. Pourtant en jaune le lendemain il va se lancer dans un long raid en se lançant seul dès le Galibier, il creuse encore l'écart dans le Montgenèvre et l'emporte à Sestrières chez lui en Italie avec plus de douze minutes d'avance sur ses poursuivants. Les arrivées au sommet il semble aimé pour cette nouveauté du Tour 52, et il va remettre ça sur les pentes du Puy-de-Dôme, digne des terribles cols italiens. A Paris il triomphe avec près de trente minutes d'avance sur le second.

Ensuite c'est côté sentimental de sa vie qui prend le devant de la scène avec sa relation avec la Dame Blanche avec qui il aura un fils, Faustino. L'Italie chrétienne est choquée et le rejette. Les autres l'admire toujours. En 1953 il gagne un cinquième Tour d'Italie pour rentrer dans la légende, c'est un record. Le titre de champion du monde s'offrira à lui cette même année. Il gagne un cinquième Tour de Lombardie en 1954, et un cinquième titre de champion d'Italie en 1955. On sent la fin de carrière arrivée, Fausto gagne de moins en moins, chute beaucoup, passe plus de temps à se remettre de ses blessures. Ensuite il met sa carrière de coureur entre parenthèses pour laisser place à ses loisirs. En 1959 il participe à un safari en Afrique noire. A son retour en Italie, il a de la fièvre, il est touché par la malaria mais sera détectée trop tard par les médecins. Coppi meurt dans la nuit du 2 janvier 1960 à seulement 40 ans. L'Italie est émue et est touché tragiquement par la disparition de son héros, à un moment où le pays se dirige vers la modernité et sort de la crise. L'Italie a perdu un des ses plus grands champions et le cyclisme à cette date son plus grand coureur. Une destinée tragique, celle des Coppi, après Serse, Fausto. Une destinée de la gloire aux larmes, le Campionissimo est mort trop tôt.

# Posté le mercredi 30 avril 2008 10:32

Modifié le mardi 14 avril 2009 05:44

Giro d'Italia : un centenaire de légende

Giro d'Italia : un centenaire de légende
Un siècle de légende

Créé en 1909 le Giro d'Italia est le plus ancien grand tour après le Tour de France, et est considéré comme le plus prestigieux après celui de juillet. Une course mythique où les italiens s'affrontent entre eux, la course se résumant souvent à une affaire entre italiens.
La première édition sera remportée par Luigi Ganna. Mais pendant l'entre-deux guerre, un homme va affoler les compteurs, c'est Alfredo Binda. Quintuple vainqueur de l'épreuve il remportera pas moins de 41 victoires d'étapes durant sa carrière, record qui ne sera battu seulement par Mario Cippollini, sprinteur roi du Giro de la fin des années 90 qui gagnera 42 étapes. Binda un des plus grands champions que l'Italie est connue au même titre que Fausto Coppi qui égalera les cinq victoires de son aîné. Mais le « Campionissimo » crée la sensation en 1940 lorsqu'il remporte la course en 1940, alors âgé de 20 ans, il bat son leader Gino Bartali vainqueur en 1936 et 1937. Coppi-Bartali, un duel qui déchirera l'Italie, mais la carrière de ces deux champions sera coupée par la guerre. Dans un Giro 1946 qui se court dans une Italie détruite, Bartali le « pieux » remporte son denier Giro, alors que Coppi en gagnera encore quatre. Mais celui-ci a dû s'incliner face Fiorenzo Magni mais surtout face à Hugo Koblet. Car jusque-là, la « course rose » a toujours été remportée par des coureurs italiens, en 1950 le « pédaleur de charme » met fin à ce règne. Mais Coppi reprend le flambeau pour remporter ses deux derniers Giro en 1952 et 1953. En 1956, Charly Gaul remporte le Giro avant de récidiver en 1959. Un Giro 1956 où « l'Ange de la montagne » réalisera un exploit dans la neige du Monte Bondone, il gagne avec plus de 8 minutes d'avance ; une étape qui sera marquée par 37 abandons. Jusqu'à alors le Giro n'a jamais sourit aux coureurs français. Il faudra pour renverser la situation attendre Jacques Anquetil en 1960 qui récidivera en 1964. Il sera imité par Bernard Hinault triple vainqueur de l'épreuve et Laurent Fignon en 1989 qui reste le dernier français vainqueur du Giro d'Italia. La fin des années 1960, début des années 1970 verra un duel opposer Gimondi et Merckx. L'italien remportera trois fois son tour national. En 1968, Eddy Merckx remporte le premire de ses cinq Tour d'Italie en réalisant un exploit vers les Tre Cime di Lavaredo. L'année suivante il en sera de même mais un contrôle positif l'exclura de la course, la victoire reviendra à Gimondi. Mais Merckx est un battant et reviendra en 1970 pour battre les italiens sur leurs terres. Le belge ne peut en effet échapper au Giro puisqu'il court dans des équipes transalpines. Avec Binda et Coppi il fait partie du cercle fermé des quintuples vainqueurs.
Le Giro c'est aussi ses cols épiques, non goudronnés et des pourcentages effrayants. A l'image du Passo Gavia. En 1988, alors que le peloton grimpe ce col redouté une violente tempête de neige s'abat sur le peloton à l'approche du sommet. Les coureurs se lance dans la descente à l'aveugle à15km/h dans une température glaciale. Une étape qui restera à jamais dans les annales de la course. Au final Andrew Hampsten remporte ce Giro 1988 et reste le seul américain vainqueur du Giro. Les années 90 verront deux doublés consécutifs Giro-Tour de Miguel Indurain. Mais les années 90 verront surtout l'arrivée d'un grand champion, la révélation, la consécration et la descente aux enfers. Marco Pantani dispute son premier Giro en 1993, accompagne souvent les meilleurs en montagne, il confirme ses talents d'amateur. L'année suivante il confirme en se classant deuxième derrière Evgeni Berzin. Mais pour Pantani l'apogée aura lieu en 1998 lorsqu'il remporte enfin le Giro d'Italia, repoussant Alex Zulle en montagne et battant le spécialiste Pavel Tonkov contre-la-montre. En juillet il remporte le Tour de France, un doublé Giro-Tour qui le porte sur le devant de la scène. En 1999 il éclabousse une nouvelle fois le Giro de toute sa classe en remportant 4 étapes, la course lui est promise, l'Italie croit avoir trouvé son nouveau messie. Mais à la veille de l'arrivée tout s'effondre, Pantani présente un taux d'hématocrite supérieur à 50%, il est exclu du Giro à Madonna di Campiglio, il ne s'en relèvera jamais vraiment. En 2001 le Tour d'Italie est à son tour rattraper par les problèmes de dopage. Trois ans après l'Affaire Festina en France c'est au tour de l'Italie de sombrer avec le blitz de San Remo et l'exclusion de Dario Frigo alors deuxième du général à 15'' de Gilberto Simoni qui l'emportera. L'italien enlèvera un deuxième Giro en 2003, avant d'être dépassé et battu par son équipier Damiano Cunego alors âgé de 22 ans. L'Italie croit avoir trouvé dans le "Petit Prince" son nouvel idole quelques mois après la disparition de Pantani. Après avoir vu les étrangers souvent venir s'imposer en Italie depuis les années 70, les italiens reprennent leurs droits à la fin des années 90. Ils remporteront onze Giro consécutifs avant d'être battu par l'espagnol Alberto Contador l'an passé qui résistera aux assauts de Riccardo Ricco.

Un parcours d'exception pour son centenaire

Le Giro créé en 1909 par la Gazzetta dello Sport qui donnera la couleur de son journal au maillot de leader fête cette année son centenaire. Pour l'occasion la course rose s'est habillée de lumière et propose un parcours à hauteur de l'évènement. De Venise à Rome en passant par Milan et le Vésuve, le parcours de cette 92ème édition ne manque pas d'atouts. Celui-ci s'ouvrira par un contre-la-montre par équipe de 20 km dans les rues de Venise. Un départ de Venise qui fait donc aborder la montagne dès la première semaine avec les Dolomites, massif souvent traversé en dernière semaine, ce qui va donc obligé les favoris à se montrer dès le début de la course. Car la quatrième étape verra les premiers cols de ce Giro et la première arrivée au sommet à San Martino di Castrozza. Mais le lendemain les choses se corseront un peu plus sur une étape courte de 125 km sur les routes d'entraînement de Gilberto Simoni double vainqueur en 2001 et 2003. L'arrivée jugée à l'Alpe de Siusi au terme d'une montée exigeante permettra déjà de creuser de vrais écarts. Le Giro du centenaire se devait de rendre hommage à Fausto Coppi, quintuple et co-recordman de victoire. Pour cela les organisateurs proposeront une étape de 262 km tracé entre Cuneo et Pinerolo. Cette étape de 1949 restera dans les annales du Giro comme une des plus mémorables de son histoire, ce jour-là le Campionissimo avait réalisé une échappée mémorable. Malheureusement les organisateurs ont dû amputer une partie de l'étape pour des raisons de sécurité, ce devait être l'étape reine de ce Giro, mais elle restera tout aussi délicate au lendemain de la première journée de repos. Mais l'évènement de ce Giro interviendra sans doute lors de la douzième étape avec un contre-la-montre long de 62 km sur un parcours atypique. Un gouffre pour les non grimpeurs, mais ceux-ci peuvent se réjouir car ce n'est pas un chrono pour les gros rouleurs avec 25 km de côte et tout autant de descente. Les grimpeurs comme Cunego pourront limité la casse, mais ici Basso devrait se régaler. Au sommet de son art, Armstrong aurait sans doute écrasé la concurrence. L'étape reine de ce Giro sera sans doute la seizième entre Pergola et Monte Petrano. Sur une distance de 237 km l'occasion est belle pour les purs grimpeurs de creuser des écarts qui pourraient se compter en minutes à l'arrivée. L'enchaînement de trois cols terrifiant dans les 100 derniers kilomètres promettent une belle bataille avec le Monte Nerone, le Monte Catria et la difficile montée vers le Monte Petrano. A la veille de la seconde journée de repos il n'y aura pas de calcul à faire, pour les grimpeurs il s'agit là d'une occasion en or. L'étape suivante fait preuve de très grande originalité car longue de seulement 83 km elle s'annonce d'ores et déjà nerveuse. Une arrivée en haut du Blockhaus, montée interminable de 23 km à 7,3% de moyenne, là où Merckx remportait en 1968 sa première étape sur le Tour d'Italie, de quoi mettre le feu au classement général. Le peloton quittera la montagne à seulement 2 jours de l'arrivée à Rome dans une étape qui se courra dans un décor de rêve. L'arrivée au sommet du Vésuve constitue une des plus belles arrivées des trois semaines de course, il s'agira là du dernier col de ce Giro du centenaire. Si la décision au classement général n'est pas encore faite il restera un ultime contre-la-montre de 14,4 km dans les rues de Rome qui permettra de découvrir les richesses de la capitale italienne. Au final un parcours exigeant mais qui ne dépassera pas les 2063 m d'altitude, et n'empruntera pas les cols historiques comme le Mortirolo, le Gavia ou encore le Stelvio.

# Posté le mardi 05 mai 2009 16:08

Modifié le dimanche 07 juin 2009 06:02

Eddy Merckx, le plus grand tout simplement

Eddy Merckx, le plus grand tout simplement
Il est de ces sportifs qui sont à eux seul une véritable légende. Eddy Merckx, fera partie de ces hommes en dominant son sport sur plus d'une décennie. Surnommé le « Cannibale » en raison de sa soif de victoire, Merckx a tout gagné dans le sport cycliste. Les chiffres parlent d'eux-mêmes, le belge c'est 525 victoires professionnelles sur environ 2000 courses auxquelles il aura prit part durant sa carrière, soit 25% de victoires. Incomparable. Merckx, c'est d'abord cette capacité à gagner partout, sur tous les terrains, toute l'année et sous tous les temps.
Chez les amateurs il se fait déjà remarquer pour un futur grand et passera professionnel le 1er mai 1965 à même pas 20 ans. L'année suivante c'est la grande révélation, il gagne Milan-San Remo, au total il gagnera 7 fois la « Primavera », un record. Son printemps 1967 continue sur le rythme des victoires, il empoche la Flèche Wallonne et Gand-Wevelgem. Il court également le Giro pour la première fois, gagnera 2 étapes et se classera 8ème au général. Cette même année il gagne aussi le premier de ses trois titres de champion du monde.
En 1968 il rejoint l'équipe italienne Faema où il gagnera le premier de ses 5 Tour d'Italie, en réalisant un exploit vers les Tre Cime di Lavaredo. Un mois plutôt il remporte son premier Paris-Roubaix.
Coureur complet Merckx gagne les classiques, les grands tours, les contre-la-montre, en plaine, en montagne, à partir de 1969 sa domination ne sera que plus marquée, c'est le début de l'ère Merckx, Anquetil est sur le déclin, le « Cannibale » arrive. Cette année-là il participe à son premier Tour de France et va l'emporter en dominant la course de toute sa classe. Son début de saison verra sa victoire sur Paris-Nice, au Tour des Flandres il réalise un festival sous la pluie, s'échappant seul alors qu'il reste tous les monts à franchir. Il l'emporte avec plusieurs minutes d'avance sur ses poursuivants. A Liège-Bastogne-Liège, le belge franchit la ligne en vainqueur c'est la première de ses 5 victoires sur le Doyenne. Sur le point de remporter son second Giro, Merckx est contrôlé positif et exclu de la course, suspendu il ne doit pas participer au Tour de France, mais il sera blanchi par sa fédération. Sur ce Tour qu'il domine, il rélègue son dauphin Roger Pingeon à 18 minutes. Dans les Pyrénées en Luchon et Mourenx, il réalise une étape d'anthologie. Maillot jaune sur le dos il n'a plus rien à prouver, le Tour lui est promit, mais il se lance seul à l'avant alors qu'il reste le Tourmalet et l'Aubisque à franchir. A Mourenx, il arrive avec 8 minutes d'avance sur ses poursuivants. Le lendemain l'Equipe titre "Merckxissimo". Sur ce Tour de France Merckx remporte tous les classements, maillot jaune, maillot vert, maillot à pois, maillot du combiné, si le classement du meilleur jeune avait existé il aurait été pour le belge également.
En 1970 il remporte Paris-Roubaix sous la pluie battant de plus de 5 minutes Monsieur Paris-Roubaix, Roger de Vlaeminck. Il réalise un doublé Giro-Tour, il prend sa revanche face à Felice Gimondi sur les terres italiennes. Sur le Tour il raflera 8 étapes. A la fin de la saison son compteur affiche plus de 50 victoires. En 1971 il collectionnera encore plus de 50 victoires mais Merckx est chatouillé, sur les clssiques, sur le Dauphiné, mais surtout sur le Tour. Vers Orcières-Merllette, il ne fait que subir la performance de Luis Ocaña qui prend le maillot jaune, le belge est battu. Mais Merckx fait partie de ces coureurs à part qui trouvent dans la défaite une énergie à toute épreuve, il n'est pas blessé par la défaite, au contraire, il en sort plus fort. Le lendemain de cette défaite cuisante, Merckx attaque vers Marseille et parvient à prendre la bonne échappée. Ocaña est coincé dans le peloton. Le belge assume la plus grande partie du travail dans l'échappée, le rythme est impressionnant, il ne gagnera pas l'étape mais arrive avec plus d'une heure d'avance sur le Vieux Port par rapport à l'horaire prévue. Certes il ne reprend que 2 minutes à Ocaña qui reste maillot jaune, cela peut paraître dérisoire, 2 minutes, c'est bien mince par rapport à l'effort fournit, mais cela démontre le panache du bonhomme. Malheureusement, Ocaña chutera lourdement dans les Pyrénées, le Tour lui était promit, mais il doit abandonner, Merckx remporte malgré lui le Tour 1971, après avoir refusé de porter le maillot jaune au lendemain de la chute de l'espagnol, estimant qu'il ne le méritait pas.
Pour beaucoup, 1972 est la meilleure année de Merckx. Il remporte Milan-San Remo, la Flèche Wallonne, Liège-Bastogne-Liège avant un nouveau doublé Giro-Tour. En fin de saison il remporte le Tour de Lombardie, et bat le record de l'heure à Mexico sans s'y être spécialement entraîné. Son printemps 1973 est encore réussi : Paris-Roubaix, Liège Bastogne Liège, Gand-Wevelgem et Paris-Bruxelles. L'Espagne va enfin s'offrir à lui alors qu'il s'est toujours refusé à courir la Vuelta, il réalise un beau doublé Vuelta-Giro. Il ne prend pas le départ du Tour, ce qui parait fort logique. En 1974 il ne gagnera pas de classiques mais va s'offrir un magnifique triplé : Tour d'Italie-Tour de France-Championnats du Monde.
En 1975 il réalise son plus beau printemps avec Milan-San Remo, Liège-Bastogne-Liège, le Tour des Flandres et l'Amstel Gold Race. Sur le Tour il est en passe de gagner son sixième Tour de France, mais dans l'ascension du Puy de Dôme il reçoit un coup de poing au foie de la part d'un spectateur, ce qui sera lourd de conséquence pour la suite de la course. Vers Pra-Loup alors qu'il est échappée, son coup de pédale devient soudain heurté, il est rattrapé par Bernard Thévenet qu'il ne pourra pas suivre, on comprend que c'est la fin du règne du « Cannibale », il termine deuxième du Tour.
Merckx ne gagnera plus le Tour, en 1977 il court son denier Tour de France, il terminera sixième, en 1976 il gagnera tout de même un septième Milan-San Remo. Le 17 mai 1978 Eddy Merckx prend sa retraite. A ce jour il détient le plus beau et le plus grand palmarès du cyclisme, considéré comme le plus grand cycliste de tous les temps on le voit mal perdre ce statut, il aura tout gagné.


Grands Tours


5 Tour de France (96 jours maillot jaune), 34 victoires d'étapes
5 Tour d'Italie, 25 victoires d'étapes
1 Tour d'Espagne, 6 victoires d'étapes

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Classiques "monuments"

7 Milan-San Remo
5 Liège-Bastogne-Liège
3 Paris-Roubaix
2 Tour des Flandres
2 Tour de Lombardie

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3 Flèche Wallonne
3 Gand-Wevelgem
2 Amstel Gold Race
2 Het Volk

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3 titres de Champion du Monde
1 titre de champion de Belgique

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3 Paris-Nice
1 Dauphiné Libéré
1 Tour de Suisse
1 Tour de Romandie

# Posté le mercredi 28 janvier 2009 12:47

Modifié le mardi 14 avril 2009 05:35