Lance Armstrong, son deuxième come-back

Lance Armstrong, son deuxième come-back
Cette année le début de saison, qui va débuter avec le Tour Down Under sera marqué par le retour de Lance Armstrong à la compétition 1274 jours après sa retraite au soir de son septième Tour de France victorieux. Un retour annoncé en septembre qui a fait coulé beaucoup d'encre durant l'intersaison. Pour cela le texan retrouvera son directeur sportif de toujours, Johann Bruyneel celui qui lui a fait gagner le Tour. Il ne pouvait en être autrement, Armstrong rejoignait Astana après avoir laissé planer un soupçon de doute. Surtout que l'équipe à fonds kazakh possédait déjà Alberto Contador, vainqueur des trois grands tours en l'espace de 15 mois et qu'il s'apprêtait à prendre le statut de vedette du peloton. Le meilleur coureur actuel sur les courses à étapes devra attendre, le retour de l'américain l'éclipse du devant de la scène. L'espagnol qui vise la victoire sur le prochain Tour de France, devra cohabiter avec Armstrong qui sera lui aussi présent en juillet, le doute qu'il avait laissé sur sa participation au Tour n'aura pas duré longtemps, d'ailleurs peu de monde y croyait, car Armstrong est bel et bien l'homme du Tour. Retour sur une carrière d'exception, pour un homme d'exception.
Regard d'acier, souci du détail, fréquence de pédalage jamais vu, sur les routes du Tour l'américain est imbattable. C'est sur les routes de juillet qu'il aura construit son palmarès, après un come-back incroyable en 1998 après son cancer. Un retour en guise de transformation, car avant sa maladie, avant de devenir le roi du Tour, le coureur ne brillait guère sur les cols. A l'époque il était un chasseur de classiques, mais déjà un destin hors du commun. En 1993, il devient le plus jeune champion du monde de l'histoire, sous des conditions météo apocalyptiques. Un mois plus tôt pour sa première participation au Tour de France, il y remportait sa première étape sur les champs de bataille de Verdun battant des ténors du peloton tel Raul Alcala ou encore Ronan Pensec. Il remporte une deuxième étape en 1995, et quelle étape ! Une étape en hommage à son coéquipier Fabio Casartelli décédé quelques jours plus tôt dans les Pyrénées, sensationnel, émouvant. La Flèche Wallonne en 1996 sera sa dernière grande victoire avant que l'on ne lui décèle en octobre un cancer aux testicules, métastases au cerveau, ses chances de survie son infimes, on croit sa carrière brisée. Une véritable course contre la mort.
En 1998, c'est le retour, plutôt chaotique, mais en fin de saison il terminera 4ème de la Vuelta, Armstrong a perdu 10 kilos, les cols sont désormais à sa portée. C'est avec Johann Bruyneel qu'il va s'approprier le Tour dès 1999. Ensuite, ce sera tous les ans la même chose, c'est tout pour le Tour. L'américain est sans rival en montagne tout comme en contre-la-montre il domine le Tour, parfois de manière insolente, mais la vie ne lui a pas fait de cadeaux alors il n'en fait pas sur le vélo. Alors que les plus grands Anquetil, Merckx, Hinault et Indurain ont épuisé leurs braquets dans la quête d'un sixième Tour, Armstrong va s'offrir le Graal en remportant un sixième Tour de France, avant un septième et dernier sacre.
Pour gagner le Tour, il n'a rien laissé au hasard, reconnaissance des étapes de montagne, travail en soufflerie, choix de ses équipiers dans le moindre souci du détail, tout était géré au millimètre. L'US Postal sera ainsi construite autour d'Armstrong, recrutant des équipiers de luxe pour la montagne tel Roberto Heras ou José Azevedo, des coureurs pouvant espérer un rôle de leader dans une autre équipe, mais seconder Armstrong leur rapporte plus. L'US Postal, la dream-team du Tour, une véritable multinationale au service de son leader. Un directeur sportif, un garde du corps, un agent de presse, un avocat, une équipe à la hauteur de ses performances, un monde d'écart avec la Telekom ou la Once, ses principaux adversaires.
Avec ses performances hors-norme l'américain suscite forcément le doute, avec son célèbre coup de pédale, à plus de cent tours minute en montagne, les soupçons de dopage sont présents et pèsent sur l'américain. Ses cadences infernales affolent, un livre l'accusera de dopage, avant qu'un contrôle après sa retraite retrouve des traces d'EPO dans ses urines datant de 1999. Souvent soupçonné, mais jamais positif, le coureur doit surmonter le poids des affaires.
Armstrong retrouve cette saison le monde professionnel pour sensibiliser sur le cancer aux quatre coins du monde, mais la gagne sera toujours d'actualité. Il participera pour la première fois au Giro en mai dans l'espoir de le gagner, avant de s'aligner en juillet au départ du Tour à Monaco pour... un huitième sacre ? Pour Armstrong, perdre ou mourir c'est la même chose, alors...

# Posté le samedi 17 janvier 2009 14:59

Modifié le mardi 14 avril 2009 05:34

Laurent Jalabert, quelle carrière !

Laurent Jalabert, quelle carrière !
14 juillet 1995, Laurent Jalabert déchaîne la foule entre Saint-Etienne et Mende. Dans une étape de transition peu propice aux grandes man½uvres, ni à rentrer dans la légende. Mais Jalabert n'aime pas la banalité, il va écrire la légende. Le maillot vert va faire vaciller le « Roi Miguel », avec son équipe Once, il va réussir à isoler le maillot jaune pour devenir leader virtuel. Au pied du Causse, le mazamétain lâche ses derniers poursuivants, il réalise un feu d'artifice, sa deuxième victoire d'étape sur le Tour, il remonte à la troisième place au général. Dans les Pyrénées il ne peut rivaliser avec les grimpeurs, à Paris il est au pied du podium avec en prime le maillot vert.

Pourtant, tout aurait pu s'arrêter un an plutôt. Armentières. Le pire souvenir de sa carrière sans aucun doute. Pour lui le Tour va s'arrêter avant même l'arrivée de la première étape. Alors que le sprint est lancé à plus de 70 km/h, tous les risques ont été prit pour gagner, et c'est la chute. A terre, le visage ensanglanté, les secondes durent des heures, sa mâchoire est cassée. La récupération sera longue, il aurait pu y laisser la vie, il est un miraculé. Repartir sur un vélo, telle est la question. On a cru la fin de carrière. Une carrière commencée en 1989 sous les couleurs de Toshiba, un début prometteur, un gros potentiel. En 1991 il rejoint la Once, ils enchaînent les victoires, en 1992 c'est la première victoire d'étape sur le Tour, à Bruxelles, et à Paris il est maillot vert. Bon coureur de classiques, bon sprinteur sont palmarès est bien rempli.

Mais Armentières aura transformé Jalabert. Adieu le sprinteur, voilà l'arrivée d'un rescapé. Il en profite pour changer de registre. En 1995 il remportera pas moins de 22 victoires. Vainqueur de Paris-Nice, il remporte sa première classique, Milan-San Remo, Jalabert se fait un nom dans le peloton, il se fait respecter. Suivront le Critérium International, le Tour de Catalogne, la Flèche Wallonne et plein d'autres avec la désormais célèbre étape de Mende. Le bouquet final aura lieu sur la Vuelta, vainqueur du général, de 5 étapes, du classement de la montagne, du classement par points, du combiné, il réalise le jackpot. Jaja avale tout sur son passage, mais il reste chevaleresque dans l'effort. Il laissera Bert Dietz, remporter une étape, à bout de souffle à 100 mètres de l'arrivée alors que l'allemand a fait plus de 200 km d'échappée. Un cadeau digne d'un roi.

Champion en exil, Jalabert vit dans l'ombre de Richard Virenque le chouchou du public qui soulève les foules. Espagnol d'adoption, Jalabert n'a pas oublié son pays, en 1998 il devient champion de France, un cadeau d'amour à son pays, à Charade sur un circuit pour costauds. Un bel ambassadeur pour le cyclisme français, le plus beau, Jalabert est en effet numéro 1 mondial. Une victoire qui le rapproche du public français, on l'attend en bleu-blanc-rouge sur le Tour, mais le Tour va tourner aux faits divers. Dans la spirale judiciaire le Tour s'arrête entre Albertville et Aix-les-Bains, Jalabert est un des portes parole du mouvement des coureurs, il quitte le Tour, il devient le champion incompris.

En 2001 c'est le divorce avec Manolo Saiz, il part rejoindre Bjarne Riis à la tête de la nouvelle équipe CSC. Désormais, Jalabert ne courre plus après une place au général sur le Tour. 14 juillet 2001, 6 ans jour pour jour après Mende, l'échappée belle se termine à Colmar, après le vert il ramène à Paris le maillot à pois. Il est désormais à la recherche d'un genre nouveau, être proche du public, se faire aimer. Pendant l'été 2002, la « Jajamania » embrasse la France du vélo, auteur de deux raids solitaires consécutifs vers la Mongie puis le Plateau de Beille, il sera reprit dans la dernière ascension à chaque fois par Armstrong. Mais « Jaja » cherche à engranger des points en montagne et à se faire plaisir pour le dernier, son dernier Tour de France, il s'offre ainsi un tour d'honneur sur la plus grande course du monde, on admire le grand champion.

Une carrière de 14 années bien remplies, 138 victoires sur tous types de courses, une polyvalence remarquable, bien que n'ayant jamais gagné le Tour, il l'a fait vivre et y a gravé son nom. De sprinteur, à grimpeur, en passant par rouleur et baroudeur, Jalabert aura tout connu, un grand champion qu'on ne peut qu'admirer.
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# Posté le mardi 14 avril 2009 05:30

Il Pirata _________________ 5 ans

Marco Pantani grimpeur d'exception qui s'exprimait le mieux au monde dans les cols, est disparu il y'a déjà 5 ans. En 1998 c'est l'apogée, il remporte le Giro et le Tour, 1 an plus tard une partie de carrière s'arrête à Madonna Di Campiglio, à 2 jours de l'arrivée à Milan alors que le Giro lui était promit. La suite sera marquée de retour en départs, il ne retrouvera pas son niveau d'avant ce funeste jour de 1999. Sa mort en sera précipité, le 14 février 2004 il est retrouvé mort dans une chambre d'hôtel à Rimini, à la suite d'une soi-disant overdose de cocaïne. Ce que l'on sait, c'est que Pantani était tombé dans la dépression et dans la drogue, il fréquentait le milieu de la nuit, isolé il s'est détruit, ou plutôt on l'a détruit voulant à tout prix prouver sa culpabilité en matière de dopage.



Cette vidéo de Jean-Paul Olivier retrace la carrière de Marco Pantani et surtout son ascension jusqu'en 1998. Une belle légende de Paulo la science, en hommage à ce grimpeur hors norme.

# Posté le samedi 14 février 2009 11:28

Modifié le mardi 17 février 2009 07:06

Sa plus belle victoire...



"Booneeeen!! Y'a Boonen là! Là, là! Boonen va gagner!!!Boonen!!Boonen!!Yessssss"



Championnats du Monde 2005, à Madrid. Le circuit tracé au c½ur de la capitale madrilène était réputé facile avec deux petites côtes sur l'ensemble du parcours. C'est donc les sprinteurs qui étaient donnés favoris pour devenir champion du monde. A cette époque le meilleur d'entre eux était Alessandro Petacchi qui sortait d'une Vuelta avec de multiples victoires. Il était donc le grandissime favori. Mais avait il sans doute trop donné sur la Vuelta qu'il n'avait pas de grandes jambes. Pourtant l'équipe italienne disposait aussi de Paolo Bettini très en forme, mais la communication au sein de la Squadra Azzura ne s'est pas déroulé correctement, le mot d'ordre était, tout pour Petacchi. Cela parce qu'il est rare qu'un championnat du monde soit aussi "facile" et se serait la seule fois qu'il aurait l'occasion de devenir champion du monde, après celle de Zolder en 2002, où il s'était mit au service du Roi Lion, Mario Cipollini. Cette année il devait gagné. La course se dirigeait vers un sprint massif d'où devait en sortir vainqueur l'italien. Mais dans le dernier tour lorsque les attaques se succédèrent il ne pouvait suivre les meilleurs, comme la plupart des autres sprinteurs. Ils avaient raté leur occasion de se disputer le titre de champion du monde entre hommes rapides. A l'avant avec quelques secondes d'avance ce sont des coureurs de classiques, rempli de force qui avait dynamité la course, Paolo Bettini, Alexandre Vinokourov, Michael Boogerd entre autres. A 600m de l'arrivée le peloton réduit à sa plus simple expression, une trentaine de coureurs, mais assez conséquent pour un final de championnat du monde revenait sur les fuyards sous l'impulsion de Peter Van Petegem pour l'équipe belge qui abattait un travail énorme. C'est donc le sprint qui avait lieu comme prévu, mais les sprinteurs ne répondait pas présent. A l'exception du belge Tom Boonen qui allait remporter la course devant l'espagnol Alejandro Valverde et le français Anthony Geslin. Alors que les sprinteurs n'avaient pas réussi à franchir la dernière bosse, lui l'avait fait. Il pouvait remercier Van Petegem pour son travail alors qu'au mois d'avril sur le Tour des Flandres ils étaient adversaires. Ce Tour des Flandres que Boonen avait remporté d'une main de maître, et une semaine plus tard il volait sur les pavés de Roubaix. A Madrid, il venait de remporter sa plus belle course et acquérir le maillot arc-en-ciel de champion du monde pour une année. Il clôturait une année magnifique et devenait le premier coureur à réaliser le triplé Tour des Flandres - Paris-Roubaix - Championnat du monde. Il avait devancé tous les sprinteurs, démontrant qu'il n'est pas un sprinteur comme les autres, un coureur à part, comme toute les légendes.





Je me rappelle encore de l'euphorie devant la télévision en entendant le nom de Boonen au moment de l'emballage final dans les 300 derniers mètres alors qu'on n'avait pratiquement pas entendu son nom de la journée. "Booneeeen!! Y'a Boonen là! Là, là! Boonen va gagner!!!Boonen!!Boonen!!Yessssss"

# Posté le mardi 26 février 2008 13:35

Modifié le mardi 10 mars 2009 15:18