Regard d'acier, souci du détail, fréquence de pédalage jamais vu, sur les routes du Tour l'américain est imbattable. C'est sur les routes de juillet qu'il aura construit son palmarès, après un come-back incroyable en 1998 après son cancer. Un retour en guise de transformation, car avant sa maladie, avant de devenir le roi du Tour, le coureur ne brillait guère sur les cols. A l'époque il était un chasseur de classiques, mais déjà un destin hors du commun. En 1993, il devient le plus jeune champion du monde de l'histoire, sous des conditions météo apocalyptiques. Un mois plus tôt pour sa première participation au Tour de France, il y remportait sa première étape sur les champs de bataille de Verdun battant des ténors du peloton tel Raul Alcala ou encore Ronan Pensec. Il remporte une deuxième étape en 1995, et quelle étape ! Une étape en hommage à son coéquipier Fabio Casartelli décédé quelques jours plus tôt dans les Pyrénées, sensationnel, émouvant. La Flèche Wallonne en 1996 sera sa dernière grande victoire avant que l'on ne lui décèle en octobre un cancer aux testicules, métastases au cerveau, ses chances de survie son infimes, on croit sa carrière brisée. Une véritable course contre la mort.
En 1998, c'est le retour, plutôt chaotique, mais en fin de saison il terminera 4ème de la Vuelta, Armstrong a perdu 10 kilos, les cols sont désormais à sa portée. C'est avec Johann Bruyneel qu'il va s'approprier le Tour dès 1999. Ensuite, ce sera tous les ans la même chose, c'est tout pour le Tour. L'américain est sans rival en montagne tout comme en contre-la-montre il domine le Tour, parfois de manière insolente, mais la vie ne lui a pas fait de cadeaux alors il n'en fait pas sur le vélo. Alors que les plus grands Anquetil, Merckx, Hinault et Indurain ont épuisé leurs braquets dans la quête d'un sixième Tour, Armstrong va s'offrir le Graal en remportant un sixième Tour de France, avant un septième et dernier sacre.
Pour gagner le Tour, il n'a rien laissé au hasard, reconnaissance des étapes de montagne, travail en soufflerie, choix de ses équipiers dans le moindre souci du détail, tout était géré au millimètre. L'US Postal sera ainsi construite autour d'Armstrong, recrutant des équipiers de luxe pour la montagne tel Roberto Heras ou José Azevedo, des coureurs pouvant espérer un rôle de leader dans une autre équipe, mais seconder Armstrong leur rapporte plus. L'US Postal, la dream-team du Tour, une véritable multinationale au service de son leader. Un directeur sportif, un garde du corps, un agent de presse, un avocat, une équipe à la hauteur de ses performances, un monde d'écart avec la Telekom ou la Once, ses principaux adversaires.
Avec ses performances hors-norme l'américain suscite forcément le doute, avec son célèbre coup de pédale, à plus de cent tours minute en montagne, les soupçons de dopage sont présents et pèsent sur l'américain. Ses cadences infernales affolent, un livre l'accusera de dopage, avant qu'un contrôle après sa retraite retrouve des traces d'EPO dans ses urines datant de 1999. Souvent soupçonné, mais jamais positif, le coureur doit surmonter le poids des affaires.
Armstrong retrouve cette saison le monde professionnel pour sensibiliser sur le cancer aux quatre coins du monde, mais la gagne sera toujours d'actualité. Il participera pour la première fois au Giro en mai dans l'espoir de le gagner, avant de s'aligner en juillet au départ du Tour à Monaco pour... un huitième sacre ? Pour Armstrong, perdre ou mourir c'est la même chose, alors...