Paris-Roubaix 2008

Paris-Roubaix 2008
Dimanche 13 avril 2008, Paris-Roubaix célèbre sa 106ème édition et toujours pas une ride. On annonçait la pluie et une course encore plus dangereuse qui promettait de tenir sa réputation d'Enfer du Nord, mais pas une seule goutte de pluie sur l'ensemble du parcours. La course s'est déroulée sous un temps nuageux, des conditions idéales, pas de boue, pas de poussière. Les favoris étaient nombreux au départ ce matin, avec en tête Stuart O'Grady le tenant du titre, Tom Boonen vainqueur en 2005 que l'on annonce sur le déclin, Fabian Cancellara triomphateur à Roubaix en 2006, Stijn Devolder vainqueur une semaine plutôt du Tour des Flandres, Magnus Backsted vainqueur en 2004, Georges Hincapie toujours placé, Juan-Antonio Flecha en forme, Nick Nuyens, Thor Hushovd, Filippo Pozzato, Leif Hoste, Alessandro Ballan, Frédéric Guesdon... Tous veulent triompher à Roubaix mais la route est longue, par-delà 28 secteurs pavés, et un seul y arrivera.


Le départ est donné de Compiègne à 11h, et dans la pure tradition la fameuse échappée matinale se forme assez tardivement après pratiquement 100 km de course à l'approche su premier secteur pavé. Elle est composée de seconds couteaux qui ont prit la poudre d'escampette, on y retrouve Matthe Pronk, Jan Kuyckx et Alexander Serov. A 163 km de l'arrivée c'est l'entrée sur le secteur de Troisvilles, le premier secteur pavé, le début de l'enfer. Le premier tournant de la course intervient à la zone de ravitaillement avec l'abandon d'un des principaux favoris, à savoir le norvégien Thor Hushvod. Mais tout commence à un peu moins de 100 km du but, le début de la « vraie » course, celle des hommes forts. Pour les autres c'est le début, le début de la fin. Le peloton accélère fortement sous l'impulsion des grosses écuries Quick Step, CSC, Lampre, Silence-Lotto.

Cette forte accélération provoque des cassures dans le peloton et un premier groupe d'une quarantaine de coureurs se forme. Au plus mauvais moment, juste avant le moment décisif, une chute met à terre Pozzato et Flecha, deux des favoris. Car à ce moment là, le peloton aborde la Tranchée d'Aremberg, ou pour les puristes, les vrais nordistes on la dénomme de son vrai nom La Drève des Boules d'Hérin. Endroit mythique, de légende découvert par Jean Stablinski qui a roulé dessus en vélo, et en dessous en tant que minier. Aujourd'hui c'était spécial, la course lui rendait hommage, avec une stèle érigée à son effigie à l'entrée de la Tranchée. Une tranchée et ses célèbres pavés, la nostalgie de 2 400 mètres en ligne droite, mêlant joie et souffrance pour le plaisir du spectateur. Plaisir de ces pavés empruntés pour la première en 1968. Il y a 40 ans les pavés d'Aremberg était découvert par le peloton, un mois avant les pavés encore. Les autres pavés, ceux de la contestation, de la grève générale, d'une « révolution » ratée, les pavés de mai 68. Décidément, 68, année des pavés. Mais en 2008 on ne se souciait guère de ça pour les coureurs, le lauréat du Tour des Flandres Stijn Devolder est le premier à faire exploser le peloton, avant de laisser la place aux Silence-Lotto. A la sortie de la mythique tranchée un premier écrémage a eu lieu, les secteurs pavés vont désormais s'enchaîner. Un peloton d'une trentaine de coureurs avec tous les ténors est sorti en tête, à l'exception de Juan-Antonio Flecha et Filippo Pozzato qui ne sont toujours pas rentrés. Devant on temporise, ce qui permet aux deux coureurs de rentrer sur le peloton après 30 km de chasse. L'espagnol a fait preuve d'une force incroyable pour rentrer, on devra se méfier de lui, il semble voler sur un nuage, confirmation de sa troisième place au Ronde et ses attaques dans le final de Gand-Wevelgem.

Le peloton est maintenant composé d'une cinquantaine d'unités, mais pas pour longtemps, dans le secteur d'Orchies, Quick Step et High Road accélère fortement, provoquant d'importantes cassures. Mais la poisse semble touché Flecha aujourd'hui victime d'une nouvelle chute, il est définitivement écarté de la lutte pour la victoire car devant Van Summeren attaque et Devolder renvoi avec lui dans sa roue Boonen, O'Grady, Cancellara, Hoste, Ballan et Maaskant. A 50 km de Roubaix le bon coup est parti avec que des favoris excepté le néerlandais qui parvient à suivre. La cohésion est parfaite dans ce groupe et on peut de dire que la victoire va revenir à un de ces cinq. Dans les secteur de Mons-en-Pévèle Devolder passe à l'offensive, et on croit qu'il part nous faire le même numéro qu'au Tour des Flandres, il sera rejoint un peu plus loin par O'Grady. Derrière Boonen et Cancellara n'ont pas à rouler, ils ont chacun un équipier devant, c'est don Van Summeren qui va se sacrifier pour son leader Hoste qui finira le travail lui-même.

Au moment de la jonction à 35 km du but se forme une échappée royale, Boonen, Cancellara et Ballan. Derrière Hoste a raté le wagon et il est le seul à rouler. La course se déroule par élimination, la victoire va se jouer entre ces trois coureurs. C'est un final entre hommes forts, peut-être même bien les trois meilleurs coureurs actuels de classiques comme le montre leurs palmarès. Le premier d'entre-eux le suisse Fabian Cancellara vainqueur de Paris-Roubaix en 2006 et de Milan-San Remo cette année. Tom Boonen le belge auteur d'un doublé Tour des Flandres/Paris-Roubaix en 2005, vainqueur du ronde également en 2006, champion du monde en 2005, deuxième à Roubaix en 2002 et 2006. L'italien Alessandro Ballan vainqueur du Tour des Flandres en 2006 et de la classique de Hambourg, 3ème de Paris-Roubaix en 2006. Au sprint Boonen est le plus rapide, on attend donc des attaques de ses adversaires au Carrefour de l'Arbre, le dernier endroit clé de la course. On verra une accélération de Cancellara, Ballan est en difficulté sur les pavés par rapport à Boonen et au suisse. Mais ce dernier ne creusera pas d'écart.

La victoire va donc se jouer au sprint sur le vélodrome, un sprint après 260 km c'est plus la fraîcheur qui compte que la vitesse. Ballan est le premier à entrer sur le vélodrome devant Cancellara et Boonen. En toute logique c'est le belge Tom Boonen qui triomphe laissant cloué sur place Cancellara deuxième et Ballan troisième qui n'ont pas disputé la victoire, n'ayant plus les forces. Boonen vient ainsi taire ses détracteurs qui le disaient sur le déclin, en remportant ainsi la Reine des Classiques pour la deuxième fois après 2005. Course magnifique au final magique entre de grands noms du cyclisme, entre les meilleurs. Un bel esprit sportif, dans le respect marqué par Ballan et Cancellara envers Boonen après l'arrivée, des coureurs qui acceptent la défaite, et un podium tout simplement beau. La période des classiques, la plus belle période de l'année est ainsi terminée, c'est toute une atmosphère qui va maintenant laisser place aux courses par étapes. Une ambiance qui s'en va, adieu le Nord, et vivement l'année prochaine qu'on retrouve ce décor, cette ambiance, cet esprit, pour des courses toutes aussi belles, on a hâte d'y être...

# Posté le dimanche 13 avril 2008 17:01

Modifié le samedi 11 avril 2009 17:12

Tour de France 1998

Tour de France 1998
Le 11 juillet 1998, le Tour de France prend son envol de Dublin. Le lendemain la France du foot est à son apogée, elle devient championne du monde. La France en haut dans le foot, en cyclisme ce doit être la même chose. Richard Virenque doit offrir à la France, le Tour de France qui se cherche un vainqueur depuis Bernard Hinault en 1985. Au départ il est le favori numéro un et dispose d'une équipe solide, la Festina, la dream team sur ce Tour. Le prologue est remporté par le spécialiste Chris Boardman. Virenque lui est bien placé à 12 secondes de Boardman, mais surtout à sept secondes du vainqueur sortant, l'allemand Jan Ullrich.

Le 14 juillet, jour de fête nationale le Tour retrouve la France à Roscoff, à la pointe de la Bretagne. A l'arrivée à Lorient c'est Jens Heppner qui s'impose. Le 18 juillet, c'est le premier grand rendez-vous pour les favoris au fameux maillot jaune. En effet il se court en Corrèze le premier contre-la-montre de 58 km que Richard Virenque avait prit le soin de repérer préalablement afin d'être prêt, et de lâcher le moins de temps possible à son rival désigné Jan Ullrich, dans un exercice qu'il n'aime pas.

Mais le matin du 18 juillet c'est un chao médiatique qui envahi la Grande Boucle. L'équipe Festina est exclue du Tour de France suite aux aveux par Bruno Roussel, de dopage organisé au sein de l'équipe. Une histoire qui avait débuté 3 jours avant le grand départ de Dublin, mais on n'imaginait pas de telles conséquences. Le Tour plonge alors dans le cauchemar, et c'est toute la crédibilité du cyclisme qui est remise en cause, une année noire pour le Tour. Toute la donne est alors changée sur ce Tour à rebondissements invraisemblables. Jan Ullrich s'en va remporter allègrement le contre-la-montre auquel Festina ne prendra pas part. Il s'empare par la même occasion du maillot jaune, juste avant les Pyrénées, un maillot qui ne doit pas quitter ses épaules d'ici Paris, le Tour lui est promis.

Le 21 juillet c'est la première étape montagne dans les Pyrénées entre Pau et Luchon avec l'Aubisque, le Tourmalet, Aspin et Peyresourde. L'italien Rodolfo Massi remporte l'étape en solitaire à Luchon. Derrière dans le col de Peyresourde, Marco Pantani attaquera pour tenter de revenir sur son compatriote pour gagner l'étape, en vain. Il terminera deuxième de l'étape, mais le vainqueur sortant du Giro répète qu'il n'est pas en forme, on ne compte guère sur lui pour la victoire. Derrière Jan Ullrich règle à son rythme ses adversaires dans Peyresourde, ce sans difficulté, le groupe est amorphe, on craint le Kaiser. Le lendemain le peloton prend la direction du difficile Plateau de Beille, nouvelle ascension dans le Tour. On attend Ullrich dans une montée qui doit lui convenir à merveille, une longue montée aux pourcentages réguliers qui doivent lui permettre d'exprimer toute sa puissance. Mais c'est sans compter sur Marco Pantani qui place son attaque à 12 km du sommet. Une envolée spectaculaire, les mains en bas du guidon, il va gagner l'étape. Derrière Ullrich n'est pas victime d'une défaillance, mais d'une incapacité à combler l'écart qui se creuse. L'italien est plus fort que jamais. L'allemand arrivera 1'40'' plutard. Il est toujours maillot jaune certes, mais ce diable de Pantani est désormais quatrième au général à 3'01''. Un autre coureur pointe le bout de son nez, l'américain Bobby Julich à 1'11'' au général. Pantani affirme qu'il ne vise pas le classement général, mais il faut bien ce rendre à l'évidence qu'il va remettre ça un jour ou l'autre. L'heure arrive pour Pantani de s'offrir la légende du Tour, celle des coureurs extraordinaires pour lui qui est actuellement le meilleur grimpeur du monde.

La quinzième étape le 27 juillet entre Grenoble et les Deux-Alpes va tout renverser, avec le passage du difficile Galibier. C'est à la mi-pente du Galibier que la course va prendre un tournant décisif. A environ 6 km du sommet, Marco Pantani passe le grand plateau et place un démarrage foudroyant que personne ne pourra le suivre, il part seul, seul à la conquête du Tour. Il grimpe le Galibier au sprint. Ullrich accuse le coup et il a comprit que les ambitions du Pirate ont prit de l'importance. S'il voulait gagner l'étape il aurait attendu la dernière ascension, mais là il est parti seul à 50 km du but. Au sommet du Galibier l'allemand accuse un retard de 2'40'' alors qu'il ne s'est passé que 6 km. Dans la descente le maillot jaune est déboussolé et par la malchance connaitra la crevaison, mais surtout un manque de lucidité flagrant, des trajectoires ratées, des virages prit à l'arrêt dans une descente rendue dangereuse par la pluie, le froid, le brouillard. L'étape se court dans des conditions météos extrêmement délicates. Au pied de la dernière ascension l'écart est de 3', « il elefantino » est virtuel maillot jaune, le Tour bascule. Pantani continue de déployer ses ailes et ne faiblit pas, il est en état de grâce. Au fur et à mesure que Pantani accentue son avance la fatigue du Kaiser s'accentue. A l'arrivée Pantani est premier, il remporte l'étape. Jan Ullrich arrivera seulement 25ème, malheureux, à 8'57''. L'italien endosse le premier maillot jaune de sa carrière, il s'offre la légende du Tour. Ullrich se retrouve seulement quatrième au général, précédé par un étonnant Bobby Julich sur la route des Deux-Alpes et de l'espagnol Fernando Escartin. Ce jour-là Marco Pantani a sauvé le Tour de France, il a réalisé un exploit inoubliable, un de ceux qui ne s'oublieront jamais et qui construisent la légende. Le lendemain Ullrich remporte l'étape, sa deuxième sur ce Tour, juste devant Pantani dans le même temps. Il reprend la troisième place à Escartin et se rapproche un peu plus de Julich avant le dernier contre-la-montre.

Dans la 17ème étape entre Albertville et Aix-les-Bains le peloton se met en grève contre les mesures anti-dopages, avec à la tête du mouvement Laurent Jalabert ainsi que Marco Pantani, chefs de la protestation. Plusieurs équipes quitteront le tour, comme la ONCE, TVM, Banesto, Kelme et Riso Scotti. Le denier contre-la-montre au Creusot verra la victoire de l'allemand Jan Ullrich, sa troisième victoire d'étape dans ce Tour de France, mais ce sera insuffisant pour battre Pantani. Marco Pantani remporte le Tour de France le 2 août devant Jan Ullrich et Bobby Julich. L'italien réalise un magnifique doublé Giro-Tour qui sauve ce Tour noir, le Tour qui a traversé sa plus grave crise, il doit servir d'exemple pour le futur. Ce Tour Pantani l'a conquis avec panache, à l'ancienne, comme les coureurs d'antan, à l'époque des Coppi, Bartali ou Gaul, comme un pur grimpeur. Un vainqueur du Tour que l'on n'est pas près d'oublier.

# Posté le jeudi 15 mai 2008 16:28

Modifié le samedi 11 avril 2009 17:12

Tour de France 2008 : départ de Bretagne - Etape 1,2 & 3

Tour de France 2008 : départ de Bretagne - Etape 1,2 & 3
C'est de Brest que s'élance le Tour de France 2008, un grand départ de Bretagne, ce qui n'était pas arrivé depuis 1995 avec Saint-Brieuc. Brest, le bout du monde. C'est la troisième fois que la cité brestoise accueille le grand départ après ceux de 1952 et 1974. Brest est faut le dire plus habitué aux compétitions maritimes, et dispose d'un grand navigateur français avec Olivier de Kersauson. Cette année Brest est le théâtre du grand départ de la plus grande course cycliste du monde. Un grand départ organisé par la région Bretagne, une grande première qu'une région organise le départ de la Grande Boucle. Toute une région mobilisée à la cause du Tour de France, une région où l'on aime le vélo et où le public est toujours présent, la Bretagne aime le Tour, le Tour aime la Bretagne.
Avec un petit coup d'½il dans le rétro on s'aperçoit que tous les départs donnés de Bretagne ont donné à Paris un grand champion qui est entré dans la légende du Tour et dans l'histoire du cyclisme. En 1952, le Tour partait de Brest et Fausto Coppi, le Campionissimo gagnait son deuxième Tour de France qu'il dominait outrageusement. En 1964, c'est de Rennes que s'élançait la Grande Boucle et maître Jacques Anquetil remportait trois semaines plutard son cinquième Tour. En 1974, nouveau grand départ de Brest et c'est Eddy Merckx, le cannibale qui gagnait son dernier Tour à Paris, après avoir déjà gagné le prologue à Brest. En 1985, Bernard Hinault remportait le prologue devant les siens à Plumelec, pour ce qui sera son dernier Tour de France victorieux. En 1995, c'est sous un orage violent que le Tour s'élançait de Saint-Brieuc, et un prologue remporté par Jacky Durand et marqué par la terrible chute de Chris Boardman poussé à l'abandon. Ce Tour de France sera le dernier que gagnera Miguel Indurain, son cinquième consécutif. Les quintuples vainqueurs du Tour de France, ont terminé leur règne dans un Tour qui s'élançait de Bretagne...
Cette année ce ne sera pas le cas, un seul des anciens vainqueur est au départ, il s'agit d'Oscar Pereiro vainqueur en 2006. Et si c'était le début d'un nouveau règne de 5 ans sur la Grande Boucle, du lauréat à Paris cette année... ? Ce Tour s'annonce très ouvert, en l'absence d'Alberto Contador vainqueur sortant, les candidats à la victoire finale sont nombreux, mais deux sortent du lot. L'australien Cadel Evans, deuxième l'an passé qui en toute logique est en place de rêver à la plus haute marche et du fait de devenir le premier australien vainqueur du Tour. Mais il devra se frotter à l'espagnol Alejandro Valverde, 6ème l'an passé, très présent depuis le début de saison, vainqueur de Liège-Bastogne-Liège, et surtout du Dauphiné Libéré, course qui révèle parfois le futur vainqueur de la course de juillet, et champion d'Espagne une semaine avant le départ du Tour. Les outsiders qui pourraient profiter du marquage de ces deux favoris sont nombreux avec en premier l'italien Damiano Cunego, vainqueur du Giro à 22 ans et qui a fait l'impasse sur son tour national cette année pour mieux préparer le Tour. Un autre italien Riccardo Ricco, deuxième du dernier Giro, et qui a décidé de doubler. L'équipe CSC et son trio de choc, Carlos Sastre, Frank et Andy Schleck. Mais encore Denis Menchov, Yaroslav Popovych, Oscar Pereiro, Stijn Devolder, Haimar Zubeldia, Samuel Sanchez, Cyril Dessel, Christophe Moreau...

C'est donc 180 coureurs qui vont s'élancer de Brest pour rejoindre Plumelec sur 197,5 km. Un Tour qui débute par une première étape en ligne, ce qui n'était pas arrivé depuis 1966, c'est donc 180 coureurs qui peuvent espérer du maillot jaune à Plumelec, d'autant plus que cette année les bonifications ont été supprimées pour revenir à une course pure et dure. C'est donc sous la forme d'une classique que va se dérouler cette première étape qui traverse les Montagnes Noires, les Monts d'Arrée et les Landes de Lanvaux et quatre difficultés comptant pour le classement du meilleur grimpeur. Sur un parcours casse-pattes, un public venu en nombre et fin connaisseur de vélo, des routes sinueuses... le décor est planté.
Dès le deuxième kilomètre les attaques commencent, et c'est un... breton qui passe à l'offensive sur ses terres, Lilian Jégou emmène avec lui 7 autres coureurs, José Luis Arrieta, Stéphane Augé, David De La Fuente, Geoffroy Lequatre, Thomas Voeckler, Ruban Perez et Björn Schröder. L'avance des huit fuyards, augmentera jusqu'à 8'15'' après 30 km, le peloton laissant faire. A ce moment le Crédit Agricole met en route pour Thor Hushovd qui espère gagner à Plumelec, elle recevra ensuite l'aide des Quick Step et des Caisse d'Epargne. C'est donc en toute logique que l'avance des huit premiers attaquants de ce Tour de France diminue pour atteindre les 5' à la zone de ravitaillement. C'est à ce moment que va intervenir la première chute, Hervé Duclos-Lasalle, se retrouve à terre, le poignet cassé, il doit abandonner alors qu'il court son premier Tour de France, tout ça à cause d'une musette. A l'avant Voeckler et Schröder de disputent les points pour le maillot à pois, ils se retrouveront à égalité de points et seront donc départagé en fonction de leur place à l'arrivée. A 36 km de l'arrivée, à Remungol patrie de Jean Gainche ou encore de Bruno Roussel ancien directeur sportif de l'équipe Festina en 1998, l'avance des huit hommes de tête n'est plus que de 1'30'', Jégou et De La Fuente décident de poursuivre à deux. Le peloton accélère encore sous l'impulsion toujours des Crédit Agricole et Quick Step, mais aussi désormais des Liquigas, Columbia, Barloworld... Les six hommes intercalés sont reprit, ils ne sont donc plus que deux en tête. Jégou et De La Fuente seront reprit par le peloton à 7 km de l'arrivée alors qu'il roule à vive allure. A ce moment Mauricio Soler, un des outsiders de ce Tour se retrouve à terre, à l'arrivée il perdra plus de 3'. A l'avant les Columbia font un contre-la-montre par équipe et gèreront parfaitement le petit pont redouté situé à 2km de l'arrivée au pied de la côte. A un peu plus d'un kilomètre de l'arrivée Romain Feillu tentera sa chance en sortant du peloton, mais il sera reprit sous la flamme rouge. C'est au tour de Stefan Schumacher de sortir, lui aussi sera reprit, dans l'avant dernier virage là où la pente est la plus dure. Le public morbihannais assiste à une arrivée digne d'un final d'une classique, on retrouve aux avant-postes tous les coureurs présents au printemps. A 500 m de la ligne Kim Kirchen, vainqueur de la Flèche Wallonne en avril sort à son tour. On croit un moment qu'il a fait le trou mais derrière ça revient avec Cadel Evans, Alejandro Valverde, Philippe Gilbert... Avant d'aborder le dernier virage, Alejandro Valverde sort en puncheur et va aller déposer Kim Kirchen, par la même occasion gagner l'étape et prendre le premier maillot jaune de sa carrière. Philippe Gilbert terminera deuxième, Jérôme Pineau troisième et premier français, ensuite Kim Kirchen, Riccardo Ricco, Cadel Evans, Frank Schleck... Dans une première étape haletante, Alejandro Valverde s'offre une classique bretonne et se positionne en favori, les sprinteurs eux sont passé « à la trappe » dans cette première étape. Aux premières places ont ne retrouve que des prétendants à la victoire finale à Paris, tous les favoris ont répondu présent.

La deuxième étape qui traverse la Bretagne du sud au nord s'annonce tout aussi difficile, relativement courte, 164 km qui s'annonce nerveux, entre Auray et Saint-Brieuc. Dès le premier kilomètre, un mouvement offensif se lance, composé de 10 coureurs avec entre autres Sylvain Chavanel. A la sortie de Pluvigner, patrie de Jean Marie Goasmat, ils ne sont plus que trois en tête, Sylvain Chavanel, Fabian Wegmann et Maurillo Fisher. La première côte répertoriée pour le classement de la montagne approche et derrière les Bouygues Telecom roulent pour revenir sur les fuyards, afin de défendre le maillot à pois conquit par Thomas Voeckler. Au pied la côte de Bieuzy-Lanvaux, ils sont reprit, Jérôme Pineau accélère envoyant Voeckler dans un fauteuil, mais Chavanel vexé va aller lui prendre les points au sommet. Dans la foulée les deux français poursuivent leur effort, c'est le deuxième jour à l'avant de la course pour Thomas Voeckler. Chavanel ne dispute pas les points au sommet de la côte de Kergroix. Les deux hommes de tête compteront jusqu'à 6'30 d'avance, la Caisse d'Epargne laissant un écart acceptable afin de recevoir l'aide des équipes de sprinteurs. Dans la côte de Mur de Bretagne, première difficulté classée 3ème catégorie, la pluie fait son apparition, les images sont magiques, le public massé en nombre, démontrant une nouvelle fois que le départ de Bretagne est réussi. Dans le peloton Christophe Moreau et David Le Lay sortent pour prendre les points restant au sommet. Ensuite vu l'écart qu'ils ont creusé ils décident de se faire la belle, ils rejoindront le duo de tête à 60 km du but. On retrouve alors quatre français en tête, c'est à ce moment que la Française de Jeux vient prêter main forte à Caisse d'Epargne, avec l'objectif d'emmener Philippe Gilbert à la victoire. Cette décision de Marc Madiot de mettre son équipe à rouler alors que quatre français sont en tête créera quelque peu la polémique, des français qui courent sur des français, mais dans le Tour chaque équipe a des objectifs différents. Cependant Marc Madiot aurai pu attendre un peu avant de mettre son équipe à rouler, cela n'aurait rien changé à la fin de course. Le sort de l'échappée est condamné quand à 40 km de Saint-Brieuc ils ne comptent plus que 2'10'', le peloton étant emmené par les Française des Jeux, Columbia, Liquigas, Crédit Agricole, Quick Step... A 20 km leur avance aura encore diminuée de moitié. Les coureurs y croiront jusqu'à 10 km de l'arrivée alors qu'ils ont une minute d'avance. Mais au pied de la dernière bosse à 4 km du but, le vent à tourné, ils l'ont de face. Sylvain Chavanel tentera bien une dernière fois en attaquant à 3 km, résistant au peloton, il met ses talents de finisseur en ½uvre, comme sur la Flèche Brabançonne, comme à A Travers les Flandres, comme en Catalogne, cette année il a prit une autre dimension, mais le peloton du Tour de France est sans pitié, il cèdera sous la flamme rouge. Moment choisi par Fabian Cancellara de placer un démarrage, il sort en costaud dans l'espoir de finir seul comme à Milan-San Remo cette année ou à Compiègne sur le Tour l'année dernière. Dans un premier temps Filippo Pozzato reviendra sur le suisse, redoutant l'italien il coupe son effort. Derrière les sprinteurs sont là, dans un final en légère montée pour costaud, Thor Hushovd trouve un terrain idéal, idéalement lancé par Mark Renshaw, il va gagner son sixième succès sur le Tour, résistant dans les derniers mètres au retour de Kim Kirchen et du jeune allemand Gerald Ciolek. A Saint-Brieuc les français ont été à la fête pendant toute l'étape mais la réussite leur a échappé, Alejandro Valverde conserve son maillot jaune.

Le 7 juillet le Tour courre sa dernière étape en Bretagne historique, Nantes ne faisant pas partie officiellement de la Bretagne, mais par son histoire, elle y trouve parfaitement sa place. Le peloton s'élance de Saint-Malo en direction donc de Nantes à la porte de la Bretagne, sur 208 km. Une étape qui s'annonce toute plate, sans la moindre difficulté au programme, une étape réservée aux sprinteurs. Au départ de la cité malouine ces hommes rapides qui n'ont peur de rien font l'objet de toutes les attentions, c'est la première véritable occasion pour eux. Ils sont prêts à renter dans l'arène, les McEwen, Cavendish, Ciolek, Chavanel, Hushovd, Hunter, Zabel... D'ailleurs l'allemand Erik Zabel, fête ses 38 ans, et se verrait bien gagner, lui l'homme aux douze victoires d'étapes sur le Tour. Dès le premier kilomètre un groupe d'attaque part, composé de quatre coureurs, William Frischkorn, auteur de l'échappée, Paolo Longo Borghini, Samuel Dumoulin et Romain Feillu. Leur avance augmentera rapidement pour atteindre presque 15 minutes au kilomètre 66. Entre temps le peloton sera passé par Calorguen, lieu de résidence du plus grand cycliste français, Bernard Hinault, 30 ans après sa première victoire dans le Tour. Quant aux échappées ils savent que leur tâche sera compliquée, même impossible, surtout qu'ils ont vent de face. Les deux premières heures de course sont courues à une faible moyenne, derrière les équipes de sprinteurs vont mettre en route et l'écart va vite tomber à 10 minutes à mi-parcours. Sous l'impulsion dans un premier temps des Columbia et des Crédit Agricole de Thor Hushovd la chasse a du mal à s'organiser, l'écart est toujours de 4'10'' à 20 km de l'arrivée. A l'arrière le peloton est nerveux, sa roule vite avec maintenant en plus les Bouygues Telecom, les Française des Jeux, les Liquigas, les Quick Step. Une chute se produit alors à l'arrière du peloton, poussant à l'abandon Angel Gomez, deuxième abandon de ce Tour 2008. Conséquence le peloton se scinde en trois parties. Se retrouve piégé deux outsiders, le Russe Denis Menchov et l'italien Riccardo Ricco qui se trouvent dans le deuxième groupe. L'équipe Rabobank est presque au complet pour ramener leur leader en tête, ainsi que quelques équipier de Ricco, au final ils perdront 45'' sur le premier peloton qui comporte les deux grands favoris, Alejandro Valverde et Cadel Evans, ainsi que les frères Schleck, Carlos Sastre et Damiano Cunego. Dans un troisième groupe se retrouve Christophe Moreau de nouveau piégé par un coup de bordure comme l'année dernière. A l'avant, les quatre hommes de tête sont sûrs de se jouer la victoire, Feillu lui est assuré quasiment de prendre le maillot jaune. A trois kilomètres de l'arrivée Samuel Dumoulin passe à l'attaque, William Frischkorn et Romain Feillu répondent, Paolo Longo Borghini n'a plus de forces. Romain Feillu contrera à 1 km de l'arrivée et verra le retour de Frischkorn et Dumoulin. Au final c'est Samuel Dumoulin qui s'impose, le plus petit coureur du peloton, mais un grand talent. Frischkorn lui est deuxième, Feillu troisième prend le maillot jaune, dire qu'il ne devait pas participer au Tour de France, ennuyer par une toxoplasmose tout le début de saison. Le sprint du peloton est réglé par Robbie McEwen deux minutes plus tard.
Jour de gloire pour les français sur le Tour, on ne pouvait pas rêver mieux, la chance sourit aux audacieux, reste à Feillu à conserver sa tunique jaune... malheureusement il le perdra le lendemain lors du contre-la-montre autour de Cholet...

# Posté le mardi 08 juillet 2008 15:11

Modifié le samedi 11 avril 2009 05:53

Tour de France 2008 : les Pyrénées - Etape 9 & 10

Tour de France 2008 : les Pyrénées - Etape 9 & 10
C'est le moment en ce week-end de 14 juillet pour le peloton du Tour de France d'aborder le premier massif montagneux. A près une première semaine passée entre plaine et parcours vallonné dans le massif central, les premiers grands cols se profilent à l'horizon. Les sprinteurs vont s'effacer pour laisser place aux grimpeurs. Mark Cavendish vainqueur de deux étapes dans la première semaine s'est révélé comme le nouveau roi du sprint pour les années à venir. Au départ de la ville rose, où il à gagner la veille, il va laisser place au nouveau Pantani, à un terrible grimpeur italien.

Entre Toulouse et Bagnères-de-Bigorre, sur 224 km les favoris à la victoire finale vont devoir se montrer, du moins répondre présent si on les attaque, avec dans le final les ascensions du col de Peyressourde suivi de celui d'Aspin. La première partie de l'étape ne présentant pas de difficultés majeures, trois coureurs vont rapidement fausser compagnie au peloton, Aleksandr Kuschynski, Sebastian Lang et Nicolas Jalabert, trois rouleurs qui ont peu de chances de s'imposer. Pourtant l'écart maximal dépassera les 14' mais en montagne c'est insuffisant. Dans le peloton ce sont les basques d'Euskaltel qui assurent la poursuite, ils ont à c½ur de briller devant leurs supporters qui ont investis les pentes des cols pyrénéens comme chaque année sur le Tour. La formation orange va faire descendre l'écart à 11' à 120 km du but. Peu de temps plutard, le grand favori Cadel Evans va chuter dans un virage, touché à l'épaule et au genou, le Tour vit peut-être un tournant. Il sera ramené dans le peloton avec l'aide de ses équipiers.
Pour les hommes de tête, l'objectif de gagner à Bagnères-de-Bigorre semble difficile, ils abordent la première grosse difficulté de la journée avec 9 minutes d'avance. Nicolas Jalabert sera le premier a céder dans le groupe de tête, puis c'est au tour de Aleksandr Kuschynski, Sebastian Lang se lance à la conquête du maillot à pois. Parmi le groupe des favoris la sélection s'opère par l'arrière, Maxime Monfort et David DeLaFuente s'échapperont, l'espagnol pour prendre des points pour son maillot à pois. Dans la descente ils verront le retour de Luis Leon Sanchez vainqueur à Aurillac deux jours plutôt. Dans le col d'Aspin, les favoris sont mal placés, les attaques se succèdent de la part des seconds couteaux comme Stefan Schumacher, Vicenzo Nibali, Roman Kreuziger ou encore Sandy Casar. Personne n'arrive à creuser l'écart... à 5 kilomètres du sommet c'est Riccardo Ricco qui passe à l'attaque laissant tout le monde sur place, dans un style rappelant celui de Marco Pantani il va déposer le trio Monfort, Sanchez, DeLaFuente. Il rejoindra Lang, au sommet il a 1'15'' d'avance sur le groupe maillot jaune avec tous les favoris. C'est un contre-la-montre de 26 km que doit effectuer l'italien pour rejoindre la ligne en vainqueur, derrière la chasse a du mal à s'organiser, cela profite à Ricco. Il s'en va gagner l'étape, c'est sa deuxième victoire d'étape, trois jours après avoir gagné à Super-Besse. Vladimir Efimkin qui a faussé compagnie au peloton prend la deuxième place, le groupe maillot jaune arrive 1'17'' après réglé par Cyril Dessel. Le luxembourgeois Kim Kirchen reste maillot jaune, mais l'italien Riccardo Ricco se rapproche à 2'35''. L'italien qui se revendique être un grimpeur d'exception nous rappelle Marco Pantani, il semble imbattable en montagne. Cette victoire nous rappelle l'attaque de Pantani dans le col de Peyressourde en 1998, étape qui se finissait à Luchon, remportée par Rodolfo Massi, mais où Pantani avait commencé sa remontée au classement général alors qu'il semblait hors-jeu pour la victoire finale. Le lendemain le Pirate repassait à l'attaque sur la route du Plateau de Beille, reprenant encore du temps à Jan Ullrich incapable de suivre l'italien, il portera l'estocade finale aux Deux-Alpes. Le Cobra comme on le surnomme suit les traces de son idole, et s'il remet ça à Hautacam ? Les favoris Evans et Valverde en tête ont alors du souci à se faire...

Le 14 juillet se profile la grande étape des Pyrénées avec l'ascension du terrible col du Tourmalet et une montée finale vers Hautacam, déjà lieu d'arrivée en 1994 où c'est Luc Leblanc qui avait ouvert le palmarès, imité deux ans plutard par Bjarne Riis, et en 2000 c'est Javier Otxoa qui s'imposait, devenu depuis handicapé, fauché par une voiture à l'entraînement avec son frère Riccardo, qui lui est décédé... Au soir de cette étape le Tour lui rendra hommage.
Jour de fête national oblige, les français voudront se montrer, la dernière victoire française sur le Tour un 14 juillet, remontant à 2004 avec David Moncoutié. Mais la tâche semble difficile, sur une étape courte, 156 km qui s'annonce nerveux.
Un premier groupe de 24 coureurs va rapidement s'échappée, mais il sera aussi rapidement rappelé à l'ordre par le peloton mené sous l'impulsion des Milram et Garmin, qui n'ont aucun représentant à l'avant. Au kilomètre 54 alors que le groupe est sur le point d'être reprit, 7 coureurs vont en profiter pour repartir, on y retrouve Fabian Cancellara, Hubert Dupont, Markus Fothen, Oscar Freire, Rémy DiGrégorio, Jérémy Roy et Leonardo Duque. Au pied du Tourmalet leur avance sera de 9'15'', écart maximal.
Le Tourmalet, ce col franchi pour la première fois en 1910, également le col le plus souvent escaladé par le Tour de France, qui signifie « mauvais détour », et on comprend, cette année il est escaladé par le versant de Sainte-Marie de Campan, soit 17,1 km à 7,4% de moyenne, pour arriver à une altitude de 2115m ce qui lui vaut d'être classé comme col hors-catégorie.
Dès les premières rampes le jeune français Rémy DiGrégorio par seul, le jeune marseillais que l'on compare à Richard Virenque marche sur les traces de son aîné. On assiste au DiGrégorio Show ! Dans un style de pur grimpeur il grimpe le Tourmalet à son aise, encouragé par Marc Madiot, au sommet il aura 2'10 sur ses poursuivants, le groupe ayant encore diminué, il ne compte plus que Jérémy Roy, Hubert Dupont et Leonardo Duque. DiGrégorio est seul en tête.
Dans le peloton, sur les premières rampes à peine prononcées les Saunier Duval accélère le rythme, les CSC prendront alors les choses en main. Le peloton diminue au fur et à mesure des kilomètres d'ascension, d'une ascension qui parait interminable. A 5 kilomètres du sommet, l'italien Damiano Cunego est le premier des favoris à sauter, 1 kilomètre plus loin il sera imité par Alejandro Valverde. L'espagnol favori de la Grande Boucle avec Cadel Evans lâche prise, le Tour vit un de ses tournants. Le groupe maillot jaune qui comprend que 14 coureurs franchit le Tourmalet avec 6 minutes de retard sur Rémy DiGrégorio, il comprend encore Kim Kirchen, Cadel Evans qui est sans équipier, une forte équipe CSC avec les frères Schleck, Carlos Sastre, Jens Voigt, ... Alejandro Valverde et Damiano Cunego basculeront avec 50'' de retard, espérant revenir dans la descente, ils s'approcheront jusqu'à 20''. Mais un des grands favoris est piégé et les CSC ne veulent pas voir revenir Valverde et vont donc rouler tambour battant jusqu'au pied d'Hautacam, avec Jens Voigt et Fabian Cancellara qui va se laisser décrocher. Bjarne Riis avait bien prévu le coup en envoyant Cancellara, infatigable rouleur, dans l'échappée pour qu'il serve de relais dans la vallée. Face au rouleau compresseur l'échappée de DiGrégorio est condamné, un homme seul ne pouvant lutter face à un peloton, avec 6 minutes d'avance en haut du Tourmalet cela était jouable, mais Valverde à lâché prise. Au pied d'Hautacam, Valverde et Cunego compte 2'50'' de retard sur le groupe maillot jaune, pour eux le Tour est perdu.
Dès les premières rampes d'Hautacam difficile montée, qui va offrir une première explication entre les leaders encore présents à l'avant, DiGrégorio est de suite reprit. C'est la terrible loi de la montagne, la montagne, l'essence même du cyclisme pour les passionnés. Les Saunier Duval présent au nombre de trois avec Ricco, Piepoli et Cobo Acebo vont durcir la course. Le duo Piepoli-Cobo Acebo va s'échapper en compagnie du luxembourgeois Frank Schleck, son frère cadet s'étant littéralement garé dès les premières rampes. Derrière parmi les favoris on s'observe s'attaquant à tour de rôle sans jamais pouvoir prendre d'avance. Ce groupe comprend Cadel Evans, Denis Menchov, Carlos Sastre, Riccardo Ricco et Christian Vandevelde. Evans et Menchov rouleront ensemble pour limiter les dégâts face au trio de tête. Derrière Kirchen ne peut suivre et lâchera son maillot jaune à l'arrivée, c'est sûr. Il va se jouer entre Cadel Evans et Frank Schleck. A l'avant le luxembourgeois sera victime du duo de Saunier Duval, Piepoli-Cobo Acebo qui lâcheront l'aîné des Schleck à 2,5km de l'arrivée. Juan José Cobo Acebo qui vise le classement général laissera la victoire au vétéran italien Leonardo Piepoli, 37 ans qui remporte sa première victoire d'étape sur le Tour de France, rentrant dans le cercle des vainqueurs d'étapes sur les trois grands tours. Le groupe Evans arrivera 2'17'' plutard, réglé par Riccardo Ricco. Pour 1'' l'australien s'empare du maillot jaune, le premier de sa carrière, c'est lui qui a été présent depuis le départ de Brest, le plus régulier, il se positionne encore un peu plus en vainqueur du Tour, pourtant sa chute de la veille aurait pu compromettre la suite de sa course. Derrière Damiano Cunego et Alejandro Valverde termineront ensemble à 5'51'' de Piepoli, soit 3'34'' après Evans. Pour eux tout espoir de maillot jaune s'est donc envolé.
Comme prévu le classement général se retrouve bouleversé, avec comme leader Cadel Evans, et deuxième à 1'' Frank Schleck, Menchov est cinquième, Sastre sixième. Quant à Riccardo Ricco il remonte à la neuvième place à 2'29'', à l'issue de cette étape d'Hautacam il s'empare du maillot blanc de meilleur jeune et de celui de meilleur grimpeur qu'il a « volé » à son équipier DeLaFuente. Ce diable de Riccardo fait peur...

# Posté le mercredi 30 juillet 2008 12:53

Modifié le samedi 11 avril 2009 05:52

Tour de France 2008 : les Alpes - Etapes 15,16 ...

Tour de France 2008 : les Alpes - Etapes 15,16 ...
Comme à la sortie des Pyrénées, le classement général n'a pas été bouleversé au moment d'entrer dans les Alpes. Le maillot jaune est toujours porté par Cadel Evans qui possède 1'' d'avance sur Frank Schleck. Entre les deux massifs, le britannique, le britannique Mark Cavendish s'est affirmé un peu plus comme le nouveau roi du sprint, remportant deux nouvelles étapes à seulement 22 ans. Au départ de la première étape alpestre partant d'Embrun il n' pas prit le départ, se retirant de la course avec quatre victoires en poche et préférant préparer les Jeux Olympique où il espère briller sur la piste, son domaine fétiche. Il lui reste à confirmer ses talents de sprinteur car le sprint est un domaine où on peut vite, très vite disparaître du premier plan. Une chose est sûre, c'est qu'il s'est révélé comme le meilleur sprinteur du Tour de France 2008, même s'il n'a pas porté le maillot vert. Celui est porté par Oscar Freire, qui au moment d'entrer dans les Alpes est quasiment assuré de ramené la tunique verte à Paris s'il franchit sans encombres les cols alpins. Son maillot vert il l'a tissé en étant toujours placé dans les sprints, et sa faculté à bien passé les bosses lui a permis de s'imposer à Digne-les-Bains dans les contreforts des Alpes, dernière occasion pour les hommes rapides avant Paris. Mark Cavendish s'est révélé comme le nouveau sprinteur des années à venir, comme Riccardo Ricco l'a fait dans les Pyrénées dans son domaine, la montagne. Riccardo Ricco qui se présentait comme un grand grimpeur faisait trembler déjà les favoris du Tour 2008, mais au départ de Lavelanet, le grimpeur italien qui se revendique l'héritier de Marco Pantani est exclu du Tour de France après un contrôle positif à l'EPO de troisième génération. L'italien sort du Tour par la petite porte, celle qu'il mérite, il se revendiquait de Pantani mais aura fait la bêtise de faire les mêmes conneries, ses exploits notamment dans le col d'Aspin laissaient perplexe, il a trompé tout le monde. C'est le troisième cas de dopage sur la Grande Boucle après les cas Beltran et Duenas.
Les Alpes doivent donc s'avérer décisives et doivent désigner le vainqueur du Tour. La première étape alpestre conduit les coureurs d'Embrun jusqu'à Prato Nevoso en Italie. Le Tour n'est plus arrivée dans la Botte depuis 1999 à Sestrières et la victoire de Lance Armstrong. Pour cela le peloton devra d'abord franchir le col Agnel qui marquera le passage en Italie et qui offre un paysage magnifique. Un paysage que les coureurs ne pourront pas profiter puisqu'en plus de la difficulté du parcours vient s'ajouter la pluie...
Dès les premiers kilomètres de cette étape rejoignant la France à l'Italie, quatre coureurs vont sortir pour former l'échappée du jour. Elle est composée de Egoï Martinez, Danny Pate, José-Luis Arrieta et Simon Gerrans, leur avance sera de 12'05'' au sommet du col Agnel. Derrière la poursuite sera un temps menée par les Silence-Lotto de Cadel Evans avant de recevoir l'aide des Lampre de Damiano Cunego, le Tour arrive en Italie et le Petit Prince aimerait bien briller. Au sommet du col Agnel les coureurs basculent en Italie par une longue descente rendue dangereuse par la pluie, mais les hommes de tête la négocieront sans problème, et se lancent dans une longue vallée de plus de 100 km avant d'arriver au pied de la dernière ascension. En revanche dans le peloton alors que les Lampre mènent la course, Oscar Pereiro sera victime d'une terrible chute. L'espagnol chute sur la route six mètres en contrebas, le peloton est sous le choc, tous les coureurs ou presque verront le coureur allongé sur le sol, inanimé. On craint le pire, cette chute nous rappelle les heures noires du Tour, en particulier la chute de Fabio Casartelli en 1995. Cela nous montre les risques auxquels s'exposent les coureurs, ses hommes se lançant dans les descentes sans aucune protection, le sport cycliste certainement le plus dangereux, mais heureusement pour le vainqueur du Tour 2006, le bilan sera positif : fracture de la clavicule, et du fémur. On a craint le pire, mais finalement il s'en sort bien, saison terminée certes. Le peloton choqué, est à l'arrêt, l'avance des quatre hommes de tête va monter jusqu'à 16 minutes.
Les hommes de tête vont certainement se jouer la victoire, car ils ne peuvent pas être rattrapé. A l'avant les CSC vont durcir la course pour leurs leaders Frank Schleck et Carlos Sastre. Parmi les quatre hommes de tête c'est l'espagnol Egoï Martinez qui est le plus apte à gagner l'étape et il va attaquer dès les premiers kilomètres de l'ultime ascension. L'attaque sera fatale à José Luis Arrieta qui court là son dernier Tour de France et aurait eu à c½ur de gagner une étape sur la Grande Boucle. Gerrans reviendra sur Martinez, tout comme Patte qui avait bien caché son jeu, il avait le coup de pédale heurté dès le col Agnel, mais l'américain est encore là pour jouer la victoire et semble en bonne condition, c'est ce que l'on appelle du bluff. Pendant le reste de l'ascension le trio va s'observer, la victoire va donc se jouer au sprint entre les trois hommes et c'est l'australien qui va sortir vainqueur à ce petit jeu. Sa forte accélération est fatale à Martinez et Patte qui ne peuvent rivaliser face à l'explosivité du puncheur australien. Simon Gerrans une surprise australienne en Italie, lui-même n'en revenait pas, lui le puncheur qui gagne une étape de haute-montagne sur le Tour, jusqu'ici sa plus belle victoire était le GP Plumelec, ça change. Quant à Egoï Martinez il a de quoi avoir des regrets, il était sans doute celui qui avait plus le profil pour s'imposer, excellent grimpeur longtemps au service de Lance Armstrong il a fait ses preuves en tant qu'équipier, mais la gagne il ne semble pas la maîtriser, preuve que le vélo ne se fait pas seulement à la force des mollets mais aussi avec intelligence et sens tactique.
Derrière les CSC continue de mener train d'enfer au pied de l'ascension, on lutte pour le classement général, la victoire d'étape est loin, Damiano Cunego ne gagnera pas chez lui, et passera vite par la fenêtre dans cette montée. Devant le groupe maillot jaune des leaders va rapidement se réduire à une dizaine d'hommes, parmi lesquels le maillot jaune Cadel Evans, mais celui-ci ne semble pas au mieux, il accuse le coup des accélérations répétées de ses rivaux. Carlos Sastre, la deuxième carte des CSC sera le premier à attaquer, mais le groupe se reconstitue. C'est au tour de Denis Menchov de passer à l'offensive, réputé suiveur le russe démarre fort faisant rapidement le trou mais c'est si rare qu'il attaque qu'il aura la malchance de glisser dans le virage suivant, sur un route rendue humide par une fine pluie, le double vainqueur de la Vuelta semble être touché par la malchance. Cette chute sera sans conséquence pour la suite du Tour et le coureur recollera rapidement au groupe. L'australien Cadel Evans supporte très mal les changements de rythme et il craque dans les ultimes portions de l'ascension, Frank Schleck le voyant ainsi démarre pour aller chercher le graal, le fameux maillot jaune. Le luxembourgeois terminera neuvième de l'étape avant lui sont arrivés l'autrichien Kohl, Sastre, Menchov et Valverde. Cadel Evans arrivera 9'' après Schleck, le luxembourgeois endosse donc le maillot jaune pour 7'' sur l'épatant et révélation de ce Tour de France ou plutôt confirmation des talents du grimpeur autrichien Bernhard Kohl puisqu'il s'est déjà classé quatrième du Dauphiné Libéré en 2006. Le classement général a encore été boulversé dans une étape qui s'annonçait pas tant que ça difficile, le Tour n'est pas encore joué et les deux prochaines étapes s'annoncent haletantes.

Le peloton observe une journée de repos en Italie, sa deuxième. Frank Schleck est en jaune et souhaite vraiment le garder jusqu'à Paris, mais pour cela il devra encore batailler dur, face à Cadel Evans qui a comme objectif dans le deux dernières étapes de montagne de perdre le moins de temps possible sur son adversaire luxembourgeois. En effet l'australien a prévu de reprendre le maillot jaune lors du dernier contre-la-montre de Saint-Amand-Montrond, et devrait sans souci battre Schleck qui a de grosses lacunes dans l'effort solitaire. C'est un pari risqué pour Evans, mais c'est bel et bien son unique chance à moins de circonstances de course qui lui serait favorable. Entre Cuneo et Jausiers, sur une étape courte de 157 km on attend les grandes man½uvres de la CSC sur le toit du Tour, la Cime de la Bonette-Restefond. Avant cela le peloton devra franchir le col de la Lombarde qui marquera la frontière entre l'Italie et la France, l'Italie le seul pays étranger que la Grande Boucle aura visité durant son édition 2008. Beaucoup de coureurs qualifie cette étape de monstre et s'inquiète des délais, car avec deux cols hors catégorie de plus de 2000m l'enfer s'annonce pour les non grimpeurs. Le début de l'étape est très rapide et les attaques se succèdent sans que personne n'arrive à creuser l'écart, la première heure de course sera parcourue à 49,2 km/h. C'est au kilomètre 42 que partira le bon coup grâce à Samuel Dumoulin accompagné de Stefan Schumacher, Sébastien Rosseler, Christophe Le Mével et Thomas Voeckler. Derrière eux va se former un important groupe de poursuivant composé de 24 coureurs : Popovych, Arvesen, Voigt, Zubeldia, Txurruka, Arroyo, Gutierrez, Portal, Burghardt, Hincapie, Siutsou, Augustyn, Cheula, Fischer, Tiralongo, Dessel, Lequatre, Flecha, Freire, Knees, Gilbert, Sy.Chavanel, Hesjedal et Pate. Au pied du col de la Lombarde le groupe de 5 à 40'' d'avance sur leurs 24 poursuivants et presque 5' sur le peloton. Stefan Schumacher va accélérer le rythme et va se retrouver rapidement seul en tête, l'allemand se lance dans un long raid solitaire. Derrière dans le peloton un nouveau mouvement offensif se lance, cette fois-ci autour de Damiano Cunego qui s'échappe avec son coéquipier Sylvester Szmyd et quelques autres téméraires comme David Moncoutié ou encore Tadej Valjavec, ils formeront un groupe de sept hommes. L'italien Cunego, un des favoris du Tour qui n'est que l'ombre de lui-même depuis le départ de Brest est en quête de regagner de son prestige en allant chercher une étape de légende et pourquoi pas se replacer au général et viser un podium à défaut de victoire finale. A l'avant Schumacher est comme le célèbre pilote de formule 1, comparatisme qu'il refuse mais qui est si vraie tellement il creuse les écarts. Au sommet du col de la Lombarde il passe évidemment en tête devant Le Mével qui est en « chasse-patate », le premier groupe de poursuivant passera avec 4'30'' de retard et le groupe Cunego avec 5', ces deux groupes sont appelés à se regrouper dans la descente. Le peloton contrôlé par les équipiers du maillot jaune est lui à plus de 9 minutes. On va donc assister à deux courses dans la montée difficile du col de la Bonette, à celle pour la victoire d'étape et à celle pour le classement général. Dans la descente les deux groupes se ont regroupés et est donc de 28 coureurs lancé à la poursuite de Schumacher qui avait pourtant presque 5' d'avance au pied sera reprit à 6 kilomètres du sommet alors que l'italien Cunego sera lâché, un Tour à oublier pour le Petit Prince. Le groupe se réduit sans que le rythme ne change, mais on est à 2800m l'oxygène devient rare, la pente est accentuée, l'effort devient difficile, c'est une sauve qui peut. Dans le dernier kilomètre le groupe va être secoué par une attaque du sud africain John Lee Augustyn qui aura l'honneur de passer en tête sur le toit du Tour, on est là sur la plus haute route goudronnée d'Europe, il rentre dans la légende du col, aux côtés de Federico Bahamontès et Robert Millar dernier a y être passé en tête en 1993. Malheureusement pour lui dans les premiers kilomètres de la descente il sera victime d'une chute spectaculaire partant dans la pente caillouteuse du col, des images qui resteront dans l'histoire de ce Tour 2008 sans aucun doute. Comme par miracle il n'aura rien et remontera avec l'aide d'un spectateur mais sans vélo. A l'avant un groupe de quatre hommes se détachent avec Sandy Casar, Cyril Dessel, David Arroyo et Yaroslav Popovych.
Derrière dans le peloton la course est contrôlé par les coéquipiers du maillot jaune de la CSC. On s'attendait à une grande bataille sur le toit du Tour mais il en sera rien, le col sera monté au train, si ce n'est une attaque de Carlos Sastre qui ne durera pas.
La victoire d'étape va donc se jouer entre les quatre hommes de tête dans un final tortueux avec une dernière ligne droite de 70m seulement. Yaroslav Popovych sera le premier a attaquer sous la flamme rouge, voulant rééditer son exploit de Carcassonne qu'il avait réalisé en 2006. Mais il sera reprit par Arroyo qui sera lui aussi reprit cette fois par Dessel qui sortira en tête dans le dernier virage à 70m et résistera au retour de Casar, la troisième deuxième place de la Française des Jeux. C'est donc Dessel qui s'impose à Jausiers devant Casar, il remporte là une victoire de prestige dans une des étapes les plus dures du Tour de France, ne voulant pas se faire sauter sur la ligne il ne prendra pas le temps de lever les bras, c'est la deuxième victoire française sur ce Tour. Après le maillot jaune porté en une journée en 2006 il remporte une étape son objectif sur ce Tour est accomplit, son quatrième succès de la saison..
Parmi les favoris la montée n'aura rien livré comme verdict mais la descente va s'en charger, et à ce jeu là le perdant sera Denis Menchov qui perdra 35''. Tout se jouera donc dans l'étape reine sur 210 kilomètres entre Embrun et l'Alpe-d'Huez par delà le col du Galibier, le col de la Croix de Fer et la fameuse montée de l'Alpe. Trois ascensions hors-catégorie dans une journée, au final d'une étape qu doit livrer le vainqueur final sinon tout se jouera l'avant dernier jour.

Dès le début de l'étape quatre téméraires qui n'ont pas peur des cols qui les attendent vont se lancer à l'avant de la course, il s'agit de Peter Velits, Stefan Schumacher encore lui, Ruben Perez et Rémy DiGrégorio. Dans la mythique ascension du col du Galibier qui culmine à 2645m et qui offre une stèle en hommage à Henri Desgranges, les quatre hommes compteront 5' minutes d'avance et c'est l'allemand Schumacher qui aura l'honneur de passer en tête. Dans la descente le groupe va se réduire à trois unités lorsque DiGrégorio lâchera prise, plus prudent que ses compagnons. Une sorte de défaite pour le marseillais qui s'était lancé dans une folle aventure pour acquérir de l'expérience, il se retrouve à l'avant dans la plus difficile étape du Tour. Il faudra saluer le panache du coureur qui avait attaqué dans la grande étape pyrénéenne et qui aura fait de même dans la grande étape des Alpes. Au pied du col de la Croix de Fer il comptera 2'40'' de retard sur le trio de tête qui va rapidement se réduire à un duo quand Ruben Perez va lâcher prise. Le peloton lui est à plus de 7'. Après que l'espagnol Perez a lâché prise sa va être au tour de Schumacher d'être distancé à son tour, l'allemand paye les efforts consentis la veille dans sa folle échappée solitaire. Peter Velits est donc seul en tête. L'allure du peloton réduit à sa plus simple expression est réglée par les coureurs de la CSC équipiers du maillot jaune Frank Schleck. Dans le groupe la sélection s'opère par l'arrière sous l'impulsion élevée de Fabian Cancellara. Plusieurs coureurs sont lâchés comme l'italien Damiano Cunego qui est encore dans un mauvais jour, les jours se suivent et se ressemblent pour le petit prodige transalpin. Dans ce même groupe l'espagnol Carlos Sastre deuxième carte de la CSC, leader de rechange de Frank Schleck est à l'arrière du groupe et semble ne pas être dans un si bon jour que ça. On s'attend à des attaques des adversaire de la CSC mais il n'en sera rien, tout va jouer sur les 13km d'ascension de l'Alpe-d'Huez. C'est donc Peter Velits qui passera en tête de la Croix de Fer avec légèrement plus d'une minute d'avance sur le groupe maillot jaune comprenant une vingtaine d'unités dont tous les favoris. Dans la descente Jérôme Pineau va se lancer en contre pour rejoindre Peter Velits et aborder les premières pentes de l'Alpe en tête. Mais avec 1'10'' d'avance sera est fort insuffisant.
L'Alpe-d'Huez, cette montée mythique, cette montée hors-norme. 13,8 km à 7,9% qui ont tant de fois livré le verdict du Tour et on servi la légende. La légende a commencée en 1952 avec Fausto Coppi. On se rappelle aussi de la victoire de Luis Herrera en 1984, la première victoire d'étape colombienne sur le Tour, l'arrivée main dans la main de Bernard Hinault et Greg Lemond en 1986, la montée record de Pantani en 1995, le coup de bluff de Lance Armstrong en 2001, le contre-la-montre de 2004. Le dernier à s'y être imposé n'est autre que le maillot jaune actuel, Frank Schleck. Mais dès les premières rampes les CSC vont jouer la carte de l'offensive avec une première attaque de Carlos Sastre, un temps suivi par Denis Menchov qui ne fera pas longtemps impression. La première attaque sera la bonne et Sastre va régulièrement creusé l'écart, l'espagnol s'envole s'offrir l'Alpe. Derrière parmi les favoris on s'attaque à coup de petites accélérations à tour de rôles mais Andy Schleck joue les chiens de garde pour son frère. Parmi se groupe on retrouve donc le frères Schleck, Valverde, Kohl, Evans, Vandevelde, Valjavec, Goubert, Efimkin, Sanchez et Menchov qui recollera au groupe à mi-ascension. Dans les derniers kilomètres c'est Cadel Evans qui prend le rythme en main pour limiter les écarts, mais Sastre est loin devant. L'espagnol va s'imposer à l'Alpe-d'Huez, il s'offre une victoire de prestige, et va surtout endosser le maillot jaune au dépend de son équipier Frank Schleck. Samuel Sanchez prendra la deuxième place à 2'03'' devançant sur la ligne Andy Schleck, un doublé espagnol en haut de la montagne des hollandais. Cadel Evans arrive 2'15'' après Sastre et se retrouve à 1'34'' de l'espagnol au classement général. Tout va donc se jouer lors du dernier contre-la-montre dans un Tour qui est plus ouvert que jamais, à 4 jours de l'arrivée à Paris on ne sait toujours pas qui va remporté cette 95ème Grande Boucle, le suspense est plus que jamais de mise...

# Posté le lundi 04 août 2008 17:10

Modifié le samedi 11 avril 2009 17:11