Anquetil / Poulidor, un duel qui atteint son sommet le 12 juillet 1964

Anquetil / Poulidor, un duel qui atteint son sommet le 12 juillet 1964
Tout le monde l'a oublié mais aucun de ces deux-là n'a remporté la 20e étape du Tour de France ce 12 juillet 1964. Tout le monde a perdu de vue que cet honneur est revenu à l'Espagnol Julio Jimenez. Et, pour tout dire, tout le monde s'en moque. Si, cette étape-là est entrée dans l'histoire, ce n'est pas sa faute.

Christophe réparant sa fourche à Sainte-Marie-de-Campan, Vietto cédant sa roue à Magne, Merckx à Mourenx, Ocaña à terre, Fignon – LeMond sur les Champs : les étapes dites de légende ne manquent pas dans l'histoire du Tour mais, d'un point de vue français, celle-là est sans doute la plus mémorable car elle constitue le point culminant de l'affrontement sportif mais aussi socio-culturel que se livrent durant les années 60 Jacques Anquetil et Raymond Poulidor.Longtemps, le binôme que tout opposait et que formaient Coppi et Bartali a divisé l'Italie, passionnant Buzzati et Malaparte. En Angleterre, on était alors Beatles ou Rolling Stones ; en Belgique, Spirou ou Tintin ; en France, on se devait de choisir son camp, Anquetil ou Poulidor. Anquetil - Poulidor, c'est la lutte des classes : Anquetil, c'est la France du bon goût, de la finesse et de la noblesse ; Poulidor, c'est la France du terroir, des paysans, du bon sens fermier. Aucune élection présidentielle n'aura à ce point divisé le pays... D'autant que si les deux coureurs ne sont pas si différents que cela en fait, une chose les oppose grandement : leur palmarès. Anquetil est un géant, le premier à avoir gagné 5 fois le Tour de France, le premier à avoir remporté les trois grands Tours, un rouleur hors normes. Poulidor est le héros franchouillard : lui n'a jamais porté une seule seconde le maillot jaune mais, du coup, enflamme la France qui se reconnaît dans cette espèce de perdant magnifique.
En 1964, Anquetil remporte le dernier de ses 5 Tours de France. A deux jours de l'arrivée, l'ascension du Puy de Dôme, tombée aujourd'hui en désuétude, donne lieu à un fabuleux mano à mano, un duel épaule contre épaule au sens propre du terme puisque l'image la plus célèbre de cette étape montre les deux hommes comme collés l'un à l'autre. Le Limousin doit attaquer mais le Normand résiste. Le Duel sur un volcan, titre du livre que lui consacrera Christian Laborde, sera mythique. « La sueur des deux hommes semblait se mêler », écrira Jacques Goddet, le patron du Tour. Poulidor parvient à faire le break en fin d'ascension mais Anquetil sauve 14 secondes qui lui permettent de garder son maillot jaune. Une étape pour l'histoire.

# Posté le vendredi 31 octobre 2008 06:57

Modifié le samedi 11 avril 2009 17:11

Tour de France 2003 : un centenaire d'exception !

Tour de France 2003 : un centenaire d'exception !
C'était le Tour du centenaire ; on espérait tous un Tour à la hauteur des 100 ans de Tour de France, 100 ans d'exploits et de drames. On sera servi ! D'abord parce que c'est le Tour du défi pour Lance Armstrong qui va tenter de gagner un cinquième Tour et par la même occasion rejoindre ainsi les quintuples vainqueurs de la Grande Boucle : Jacques Anquetil, Eddy Merckx, Bernard Hinault et Miguel Indurain. C'est donc un Tour de défi, mais aussi de légende, puisque ce Tour 2003 offre un parcours historique chargé de symboles. En effet, cette édition du centenaire fera étape dans toutes les villes-étapes de l'édition 1903, c'est-à-dire, Paris, Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Nantes et Paris que les forçats de la route avaient bouclé en 6 étapes 100 ans auparavant. Aujourd'hui les coureurs seront mis à moins rude épreuve puisqu'ils boucleront leur périple en 21 étapes en faisant un détour par les Alpes et les Pyrénées qui ont servi la légende.


C'est donc aux alentours de la Tour Eiffel sur un parcours magnifique que va se disputer le prologue. Il est encore l'heure de compter les adversaires d'Armstrong, grandissime favori à un cinquième maillot jaune dans trois semaines pour le retour à Paris. Il y'a d'abord son adversaire de toujours, l'allemand Jan Ullrich de retour à la compétition après 14 mois de suspension mais qui prétend davantage au Tour 2004. L'espagnol Joseba Beloki, deuxième l'an passé et en grande forme, Tyler Hamilton ex-coéquipier d'Armstrong, Iban Mayo qui a défié l'américain sur le Dauphiné, Alexandre Vinokourov lauréat du Tour de Suisse, Santiago Botero quatrième en 2002 et qui a battu le texan contre-la-montre à Lorient, mais son état de forme est une véritable énigme, Gilberto Simoni vainqueur du Giro en mai et qui veut défier Armstrong dans les cols, ou encore Ivan Basso, Francisco Mancebo ou Christophe Moreau. Mais le prologue ne va pas revenir à un de ces favoris, il va se jouer entre anglophones, David Millar s'inclinant pour 8/100ème de seconde face à Bradley McGee, le britannique touché par la malédiction puisqu'il aura été victime d'un saut de chaîne durant le parcours, sans quoi il aurait sans doute été le premier maillot jaune de ce Tour du centenaire, comme en 2000 au Futuroscope. Derrière Armstrong réalisera son plus mauvais prologue, terminant septième et concédant 5'' à Ullrich et 1'' à Hamilton.

La première étape partira du Stade France, départ fictif pour s'élancer réellement de Montgeron en face de l'auberge du « Réveil Matin », là où un siècle auparavant le 1er juillet 1903, le peloton du premier Tour de France s'élançait et lançait ainsi la formidable aventure. La première échappée de ce Tour sera 100% bleu-blanc-rouge composé de Christophe Mengin, Andy Flickinger et Walter Bénéteau, mais le sprint est inévitable à l'arrivée à Meaux, et il va mal tourner. Une chute monumentale va se produire mettant à terre une trentaine de coureurs dont Armstrong et McGee. A l'avant ils sont une vingtaine à se disputer la victoire et c'est l'italien Alessandro Petacchi sprinteur roi du Tour d'Italie qui s'impose, c'est son premier bouquet sur la Grande Boucle. Le lendemain le peloton s'élance sans Levi Leipheimer prit dans la chute la veille, il souffre d'une fracture de la hanche, ni Marc Lotz. L'américain Tyler Hamilton également impliqué la veille, souffrant d'une fracture de la clavicule prendra le départ, ne voulant se résoudre à l'abandon, il repousse les limites de la souffrance humaine, tout comme Jimmy Casper touché aux cervicales ainsi que Fabio Baldato touché au genou. C'est une nouvelle fois au sprint que va se jouer le gain de l'étape, mais cette fois sans Petacchi lâché dans une bosse en fin de parcours, c'est alors Baden Cooke qui va en profiter pour s'imposer de peu devant Jean Patrick Nazon. La troisième étape va de nouveau se jouer entre sprinteurs et l'italien Alessandro Petacchi va reprendre son statut de meilleur sprinteur, il remporte sa deuxième étape en deux sprints disputés, s'imposant devant deux anciens champions du monde, Romans Vainsteins et Oscar Freire. De son côté Jean Patrick Nazon s'empare du jaune par le jeu des bonifications empochées en cours d'étape.

Le 9 juillet c'est le premier grand rendez-vous, un contre-la-montre par équipe de 68 km entre Joinville et Saint-Dizier, et c'est l'US Postal qui va l'emporter devant la Once vainqueur de l'exercice en 2000 et 2002 terminant à 30'' et la Bianchi d'Ullrich est troisième à 43''. Les yankees s'emparent ainsi des huit premières places du classement général, et c'est le colombien Victor Hugo Peña qui endosse le maillot jaune, ayant été plus rapide que son Boss lors du prologue. Le colombien apporte à son pays le premier maillot jaune et ce à la veille de son anniversaire. Au soir de cette étape Armstrong prend déjà un avantage et son équipe prouve qu'elle est en forme, le train bleu vient de remporter son premier contre-la-montre par équipe sur le Tour.

Les deux jours suivants verront encore la victoire au sprint d'Alessandro Petacchi qui gagne avec une aisance insolente, remportant à Lyon sa quatrième victoire d'étape, mieux, il a même remporté tous les sprints auxquels il aura participé, il est bel et bien le nouveau roi du sprint. Et dire qu'après son Giro où il a gagné 6 étapes l'italien ne voulait pas participer au Tour, il démontre qu'il est le meilleur sprinteur du monde.

Mais pour le sprinteur italien, le Tour va s'arrêter dès le lendemain dans le premier col du Tour de France. Alors que se profile la première bataille des Alpes, dans le col de Portes, maillot vert sur le dos il abandonnera malade. A ce moment, devant, quatre hommes font la course en tête, Paolo Bettini, Rolf Aldag, Médéric Clain et Benoît Poilvet. Derrière deux hommes partent en chasse dans les premières rampes du col de Portes, le français Richard Virenque et l'espagnol Jesus Manzano. Mais Manzano sera subitement incapable de poursuivre son effort avant de s'évanouir sur le bord de la route, la course va plonger quelques instants dans la peur. L'espagnol récupérera, il a été victime d'un coup de chaud et sera transporté à l'hôpital, on connaît la suite de l'histoire. Devant, Virenque continue seul et reviendra sur le quatuor de tête un peu après le sommet du col. Ils sont désormais cinq en tête avec 8 minutes d'avance sur le peloton, un peloton qui sera bloqué par un passage à niveau fermé que les échappés auront réussi a passé. Dans le col de la Ramaz principale et dernière difficulté de la journée Virenque n'a bientôt plus qu'un adversaire, l'allemand Rolf Aldag dont on pensait qu'il aurait été le premier à lâcher. Mais à 5 km du sommet il lâche à son tour, le français file seul vers Morzine, au sommet le groupe Armstrong est pointé à 3'30'' Virenque file vers une deuxième victoire à Morzine après s'être déjà imposé en 2000. Derrière, Victor Hugo Peña a fait son temps et son boulot d'équipier maillot jaune sur le dos il décramponne tout naturellement, en revanche pour son compatriote Santiago Botero outsider de ce Tour du centenaire il est lâché, tout comme le grimpeur italien Gilberto Simoni qui volait un mois plutôt sur les pentes italiennes et qui prétendait battre Armstrong en juillet, malheureusement pour lui il est distancé dès que la route s'élève. A l'avant Virenque fait coup triple, il gagne l'étape, prend « son » maillot à pois et endosse le maillot jaune.

Le dimanche 13 juillet au départ de Sallanches, là même où Bernard Hinault conquis l'arc-en-ciel en 1980, le peloton s'élance dans une grande étape en direction de l'Alpe-d'Huez par-delà le Galibier. La bataille des favoris va pouvoir commencer, ils n'ont pas bougé la veille vers Morzine, mais aujourd'hui il devrait le faire. Au lendemain de sa chevauchée victorieuse Richard Virenque est en jaune avec des objectifs plein la tête dont le maillot à pois qu'il entend conserver jusqu'à Paris. En jaune, le français engrange des points pour le classement du meilleur grimpeur, il passe en tête au sommet de la côte de Megève. Dans le Télégraphe puis le Galibier, l'US Postal de Lance Armstrong assure le tempo, la bataille des titans n'a pas encore commencée, ils sont encore une trentaine au sommet. C'est Stefano Garzelli qui franchira le majestueux Galibier en tête, à 2645m sur le toit du Tour il remporte le souvenir Henri Desgrange de ce Tour du centenaire, hommage au créateur de la Grande Boucle qui n'imaginait certainement pas qu'elle existerait encore 100 ans après. L'italien devance Mancebo, Moreau et Virenque. Se profile ensuite la fameuse ascension de l'Alpe-d'Huez et ses 21 lacets qui ont servi tant de fois la légende, la dernière fois c'était Armstrong qui l'avait dominé, cette année on s'attend à la même chose d'autant plus que c'est la première arrivée au sommet et le Texan à l'habitude de taper du poing sur la table à cette occasion. Dès le pied, Manuel Beltran, coéquipier d'Armstrong, impose un train infernal, un rythme supesonic, on s'attend à une grande offensive de l'américain. Ce rythme fou condamne aussitôt Richard Virenque maillot jaune d'un jour. Jan Ullrich est aussi distancé souffrant de problèmes gastriques, tout comme Christophe Moreau quant à lui victime d'ennuis mécaniques. Devant l'attaque d'Armstrong se fait attendre, elle n'arrivera pas, c'est Joseba Beloki qui est le premier à attaquer il prendra jusqu'à 12'' d'avance à l'américain, lui a qui ont reprochait son manque de panache, on croit qu'il s'envole mais Armstrong reviendra, il a réagit avec un temps de retard. Aussitôt l'espagnol reprit, c'est un autre espagnol Iban Mayo qui place une attaque sèche laissant tout le monde sur place, on se dit qu'il ira loin, en effet il ira jusqu'au bout. Dans cette seule montée de l'Alpe Armstrong est plus souvent attaqué qu'en 4 ans de règne absolu, désormais ses adversaires osent, le Texan n'est plus si dominateur, Hamilton se met à attaquer son ancien chef avant qu'il ne revienne et que Beloki ne contre de nouveau. Souvent sans adversaire, dans cette montée les adversaires d'Armstrong l'harcèle, tentent de le pousser à bout. Le grand favori du Tour à une cinquième maillot jaune est cerné, Alexandre Vinokourov ne s'en privera pas non plus, plaçant une pépite de démarrage venue de l'arrière, le kazakh montre ses ambitions. Tout devant le basque Iban Mayo remporte sa première victoire d'étape sur la Grande Boucle, lui qui avait défier Armstrong sur le Dauphiné Libéré un mois plus tôt, il a creusé dans cette montée de l'Alpe des écarts que l'ont avait rarement vu. Alexandre Vinokourov qui avait déjà attaqué la veille dans la Ramaz est deuxième à 1'45'' de Mayo, cette fois il bat Armstrong qui remporte le sprint de son groupe pour la troisième place à 2'12'' de Mayo. Richard Virenque ne se souci guère de son maillot il termine au 35ème rang de l'étape à plus de 9 minutes, aidé tout au long de la montée par son équipier australien Michael Rogers. Au soir de l'étape Armstrong est bien en jaune comme prévu, mais sur le podium son sourire est crispé, il n'est plus aussi dominateur, ses adversaires osent désormais.

Le 14 juillet, jour de fête nationale c'est la dernière bataille des Alpes entre Bourg d'Oisans et Gap. La route s'élève dès le départ avec l'ascension du col du Lautaret qui verra s'échapper un groupe de 10 coureurs et c'est Danilo DiLuca qui passera en tête. Un géant se présente alors aux coureurs, le mythique Izoard et sa célèbre casse déserte que les plus grands ont souvent franchi détaché par le passé, construisant dans ce col leur maillot jaune, Fausto Coppi, Louison Bobet ou encore Eddy Merckx. Mais la course des ténors ne débutera pas, l'Izoard est trop loin de l'arrivée, plus de 100km. Dans le dernier kilomètre Aitor Garmendia s'isolera et passera en tête dans un paysage lunaire de ce col sans nul autre pareil. Mais sous une chaleur accablante il reste encore deux côtes à franchir, Saint-Apollinaire et la Rochette avant d'arriver à Gap. Dans la côte de Saint-Apollinaire, dans une course à la limite de rupture Beloki attaque, Armstrong est le plus à l'aise pour aller le chercher avant de voir revenir Mayo, Ullrich, Zubeldia, Vinokourov ou Hamilton. Dans des circonstances de course normales la côte de la Rochette pourrait être avalée par un peloton massive mais placé en toute fin d'étape caniculaire elle va provoquer la décision, mieux, ou pire, la sensation. A 1 km du sommet Alexandre Vinokourov place une violente attaque alors que le Train bleu assure le tempo. Le kazakh creuse très vite l'écart et Armstrong doit s'employer pour revenir entraînant avec lui Tyler Hamilton, Iban Mayo, Haimar Zubeldia, Roberto Laiseka, Joseba Beloki, Paolo Bettini, Jan Ullrich, Ivan Basso, Georg Totschnig et Francisco Mancebo. Dans la descente de la côte de la Rochette sur une route au goudron fondu à moins de 5 km de l'arrivée l'impensable va se produire. Alors que Beloki et Armstrong, adversaires acharnés mais alliés de circonstances, tentent de revenir sur Vinokourov, le drame va se produire. La roue arrière de l'espagnol se bloque, il déjante, et c'est la chute. Des images saisissantes qui ont fait le tour du monde et qui montre Armstrong qui part à travers champ pour éviter Beloki à terre, « un réflexe de survie » dira t-il malgré une peur immense. Le bilan est lourd pour Beloki, triple facture, toutes à droite, fémur, coude, poignet. Dans les bars de son directeur sportif Manolo Saiz, l'espagnol pleure ses rêves les plus fous. A Gap, Vinokourov s'impose, remontant à la deuxième place au général à 21'' d'Armstrong qui conserve son maillot jaune.

Le Tour de France quitte les Alpes sans que personne n'ait un réel avantage, mais une chose est sûre, si Armstrong veut gagner le Tour, la chose ne sera pas facile, il a montré des faiblesses et ses adversaires en sont que plus acharnés, il devra attaquer. Mais fini la montagne pour le moment, le 15 juillet le Tour rejoint Marseille, ville-étape en 1903, dans ce qui sera une étape de transition, toujours sous une forte chaleur qui s'abat sur les coureurs depuis le départ et fatigue indéniablement les organismes. Dès le départ de Gap un groupe de 9 coureurs va se former, le peloton contrôlé par les hommes d'Armstrong laissera partir. A Marseille, deux hommes vont se jouer la victoire face au stade Vélodrome, Jakob Piil et Fabio Sacchi qui ont réussi à lâcher leurs compagnons dans le final. Sous la flamme rouge les deux hommes se serrent la main comme pour se souhaiter bonne chance. Fabio Sacchi lance le sprint le premier, ce que devait souhaiter Jakob Piil, coureur rusé, formé à l'école de la piste qui viendra le sauter dans les derniers mètres pour s'imposer. Le lendemain après 10 jours de course les coureurs observent leur première journée de repos à Narbonne, d'où ils s'élanceront le lendemain en direction de Toulouse sur une étape courte de 153 km. Dans la ville rose c'est Juan-Antonio Flecha qui s'impose en solitaire, cet espagnol atypique qui rêve des classiques du Nord.

Le 18 juillet, c'est le premier grand contre-la-montre individuel de ce Tour du centenaire qui va se courir entre Gaillac et Cap Découverte sur un parcours vallonnée de 48 km pour coureur costaud. Et quel chrono ! Un chrono de feu, au propre comme au figuré, la température dans l'air est proche des 40°, et la température au sol dépasse les 60°. Un chrono qui va marquer les coureurs, le dizième de l'étape, Santiago Botero, spécialiste du chrono est à 5 minutes du vainqueur. Un chrono qui va être écrasé par l'allemand Jan Ullrich, 5 ans qu'il n'avait pas gagné d'étape sur la Grande Boucle. Le coureur allemand fait preuve de puissance comme à ses meilleures heures. Deuxième de l'étape, Lance Armstrong, déshydraté, subi une défaite cuisante, il perdra 1'36'' sur le Kaiser, l'heure est grave pour le texan, il a vécu une journée en enfer. Alexandre Vinokourov se pose encore un peu plus en candidat à la victoire finale, il concède 2'06'' sur le vainqueur et montre qu'il a prit du coffre dans tous les domaines, tout comme Haimar Zubeldia quatrième, au contraire de son coéquipier Iban Mayo qui perd 5'. Tyler Hamilton l'homme à l'épaule cassée ne cesse de nous épater en se classant cinquième. A l'issue de cette étape Armstrong est toujours en jaune mais menacé comme jamais il a été battu pour la première fois par Ullrich en contre-la-montre, l'allemand remonte à la deuxième place au classement général à 34'' du texan. Alexandre Vinokourov est quant à lui troisième à 51'', trois hommes sous la minute alors q'un massif montagneux est passé et le premier chrono, c'est du jamais vu sous l'ère Armstrong qui risque de prendre fin dans les Pyrénées. Armstrong-Ullrich, le duel prend forme à la veille d'attaquer les Pyrénées avec Vinokourov en arbitre.

L'assaut des Pyrénées est lancé au départ de Toulouse sous une chaleur écrasante, et une course folle. Les attaques se succèdent avant que 10 hommes ne se détachent pour de bon avec parmi eux à la surprise générale José Luis Rubiera équipier d'Armstrong. Du côté de l'équipe américaine on change de stratégie en en envoyant un homme à l'avant. Pour la première fois dans le Port de Pailheres, Ullrich fait rouler son équipe comme s'il était le nouveau leader du Tour, comme s'il détenait les clés de la course. Dans le groupe maillot jaune, Sastre et Mercado vont s'échapper pour partir en contre-attaque derrière les fuyards de la première heure, les deux espagnols visent la victoire d'étape. Il reprendront un à un les échappés, au sommet du Port de Pailheres, découverte du Tour du centenaire à 2001m d'altitude, ils ne sont plus que trois en tête, Sastre, Mercado et Rubiera. Dans la montée finale vers le Plateau de Bonascre, Armstrong a le visage marqué et à ce moment nul ne peut douter qu'il puisse encore bluffer. Le maillot jaune n'est plus aussi fort que par le passé, il accuse le coup, il est leader, mais pour combien de temps encore. A l'avant Sastre s'envole à 7 km du but pour aller gagner l'étape. Derrière c'est la course pour le maillot jaune qui se joue, lancé par Zubeldia premier à attaquer, Ullrich saute aussitôt dans sa roue, Armstrong revient mais avec un temps de retard. C'est ensuite au tour de Vinokourov d'attaquer comme tous les jours en montagne, Ullrich ramène tout le monde avant de démarrer à son tour, le maillot jaune ne peut pas suivre, Armstrong est décramponné. Le coureur allemand termine à 1'01'' de Sastre et prend 12'' de bonifications, Zubeldia 8''. Armstrong arrive lui 7'' après Ullrich, qui revient à 15'' au général, il est de plus en plus menaçant.

Le deuxième volet des Pyrénées propose 6 cols à escalader entre Saint-Girons et Loudenvielle, Latrape, La Core, Portet d'Aspect, Menté, Portillon et Peyresourde, de quoi en décourager plus d'un chez les non-grimpeurs. En revanche, Virenque ne va pas hésiter à se glisser dans l'échappée, car beaucoup de points vont être distribuer pour le maillot du meilleur grimpeur et il veut ainsi le conforter. Virenque fera ainsi partie de l'échappée des 17 qui va se former, tout comme Gilberto Simoni transparent en montagne, Laurent Dufaux, mais aussi Manuel Beltran équipier d'Armstrong, Bruynnel a fait le même choix que la veille, mettre un homme à l'avant. Dans le peloton Ullrich mais sa garde toute entière en tête du peloton comme s'il était plus que jamais le patron. Dans le col du Portillon avant dernier de la journée, Dufaux démarre entraînant avec lui Virenque et Simoni, pour ce qui sera le trio maître du jour. Le français passera en tête du Portillon comme les trois cols précédents. Les trois hommes passeront également ensemble Peyresourde dans une foule considérable mais cette fois c'est Simoni qui basculera le premier. Plus bas dans le col Mayo et Moreau lance la bataille des cadors, avant que Vinokourov ne démarre à son tour comme tous les jours. Un duo va se former Vinokourov-Mayo, Moreau étant distancé. En revanche ni Armstrong, ni Ullrich ne réagissent. Portant l'allemand va assumer lui-même la poursuite, il veut le Tour et ne veut pas laisser de champ au kazakh qui affiche clairement ses ambitions, être en jaune à Paris. Devant la victoire va revenir à Gilberto Simoni, une victoire en forme de rachat après un Tour décevant pour celui qui prétendait pouvoir gagner le Tour. Dans la descente vers Loudenvielle, Ullrich et Armstrong font cause commune pour revenir sur Vinokourov qui aura été un temps maillot jaune virtuel, l'américain va sauver une fois de plus son maillot jaune. La bonne opération de la journée revient d'abord à Virenque qui s'assure quasiment du maillot à pois et à Vinokourov qui fait un excellent rapproché au général, il revient à 18'' d'Armstrong et à 3'' d'Ullrich qui n'aura pas attaqué aujourd'hui bien qu'ayant fait rouler ses hommes. Trois coureurs en 18'', le suspense est à son comble dans ce Tour du centenaire alors qu'il reste encore une grosse étape de montagne vers Luz-Ardiden, mais il faudra d'abord franchir le col d'Aspin et le mythique Tourmalet, col le plus souvent escaladé par la Grande Boucle.

Au départ de Bagnères de Bigorre pour l'étape reine des Pyrénées, le temps a changé, la canicule qui s'abattait sur le Tour depuis le départ s'en est allée, laissant place à un voile gris au-dessus des cols. Deux téméraires, Santiago Botero transparent depuis le départ et Sylvain Chavanel vont ouvrir la route. Le français passera en tête au sommet du col d'Aspin. Dans le col du Tourmalet les choses sérieuses vont commencer, Christophe Moreau premier français au général lance les hostilités, aussitôt prit en chasse par Ullrich qui accélère à son tour. On attendait cette offensive qui peut faire basculer le Tour, le duel Armstrong-Ullrich a plus que jamais lieu d'être, dans la roue de l'allemand, Armstrong perd un mètre, puis deux mètres, 10 mètres, 20 mètres... le Tour est en train de basculer, le Tour retient son souffle. Mais le maillot jaune va revenir sans s'affoler, à son rythme et va rattraper son retard lui aussi, mètre par mètre. Au sommet du Tourmalet Sylvain Chavanel passera seul en tête s'étant débarrassé du colombien Santiago Botero qui l'accompagnait, il possède 4 minutes d'avance sur les ténors. Derrière après leur passe d'arme Armstrong et Ullrich grimpent les derniers kilomètres du Tourmalet ensemble, flanqués des basques Mayo et Zubeldia. En revanche pour Vinokourov il perdra tous ses rêves de maillot jaune durant cette étape, au sommet il possédait 1'15'' de retard sur le groupe maillot jaune, malgré l'aide de Botero qui lui permettra de revenir à l'avant il devra de nouveau lâcher prise dans la montée finale, à l'arrivée il perd plus de 2'. Et quelle montée finale, que de spectacle ! Iban Mayo attaque comme il l'avait annoncé, après sa victoire à l'Alpe d'Huez il vise un doublé à Luz-Ardiden. Armstrong saute dans sa roue, Ullrich aussi mais avec un temps de retard, comme si le rapport de force s'inversait, l'allemand semble payer ses efforts du Tourmalet qui se sont avérés inutiles. C'est au tour du maillot jaune de passer à l'offensive, Armstrong attaque pour défendre son maillot jaune, Mayo et Ullrich reviennent dans sa roue, mais le guidon de l'américain va se prendre dans la musette d'un spectateur, il chute entraînant Mayo avec lui, quant à Ullrich il évitera la chute mais attendra Armstrong. Moment de frisson alors que le Tour est en train de se jouer ici, le texan se relève et se relance avec une énergie rare mais il n'est pas au bout de ses peines. Il reviendra aidé de José Luis Rubiera avant qu'il ne manque de chuter une nouvelle fois, il déchausse devant Iban Mayo, grosse frayeur de nouveau, alerte rouge chez Armstrong. A l'avant Ullrich, Hamilton, Basso et les autres attendent le retour de l'américain. A peine revenu Mayo attaque de nouveau, Armstrong le suit, le contre, et il s'envole. Ullrich ne réagit pas, il peine. Armstrong est ressuscité dans cette montée, rempli de rage et d'orgueil il retrouve son masque de victoire comme à ses plus belles heures, il ne veut pas laisser échapper le Tour du centenaire après avoir surmonté ses doutes il montre qu'il reste bel et bien le « Boss ». Devant l'aventure de Chavanel se terminera à 5 km du but dépassé par le maillot jaune qui file vers la victoire d'étape si ce n'est la victoire dans le Tour. Petite tape de respect de l'américain au jeune français qui aura passé en tête Aspin et le mythique Tourmalet, il terminera dixième de l'étape. Quant à Ullrich, flanqués des basques Mayo et Zubeldia qui ne lui prennent aucun relais il accuse le coup mais il résiste, rattrapant même une partie de son retard prit durant la montée, il terminera troisième à 40'', Mayo prend la deuxième place. Armstrong gagne donc l'étape et prend 20'' de bonification, son maillot jaune est consolidé dans ce Tour pas comme les autres. Au classement général il possède donc maintenant 1'07'' d'avance sur Ullrich, tout devrait donc se jouer entre les deux hommes lors du dernier contre-la-montre entre Pornic et Nantes. Quant à Vinokourov il est le grand perdant du jour, il reste troisième au général mais à 2'45'' d'Armstrong, ses rêves de maillot jaune sont définitivement envolés

Après une journée de repos à Pau c'est le dernier volet pyrénéen mais les favoris ne se livreront pas de bagarre car le denier col est trop distant de l'arrivée à Bayonne. Un groupe d'une dizaine d'homme va prendre le large, mais le héros du jour va sortir dans le col du Soudet et va reprendre les échappés un à un, avant des les distancer dans le col de Bagargui, un des plus pentus du Tour. Hamilton est donc seul à l'avant, il va faire près de 100 km en solitaire et s'offre une victoire d'étape en plus de remonter à la cinquième place au classement général.

Les montagnes sont désormais derrière les coureurs, place à la remontée vers Paris, avec un détour par Bordeaux, ville-hôte du Tour 1903. Et c'est Servais Knaven qui va s'imposer en solitaire après s'être débarrassé de ses compagnons d'échappé. Le lendemain à Saint Maixent l'Ecole c'est l'espagnol Pablo Lastras qui s'imposera réglant au sprint Carlos DaCruz et Daniele Nardello.

Le 26 juillet c'est l'ultime rendez-vous pour le maillot jaune. Un duel Armstrong-Ullrich sur 49 km qui décidera du vainqueur de ce Tour du centenaire. Un Tour qui va se décider sous la pluie, rendant les trajectoires périlleuses. Ullrich partira le plus fort, il le sait, pour gagner il doit prendre des risques, au premier pointage il a 6'' d'avance sur Armstrong, mais ce n'est qu'illusion, Armstrong calque sa course sur celle de l'allemand. Au tiers du parcours les deux hommes sont à égalité parfaite, l'allemand voit s'envoler ses rêves de maillot jaune mais il peut toujours viser la victoire d'étape, il a 7'' d'avance sur Millar qui est en tête avant qu'il ne chute dans un rond-point rendu dangereux par la pluie. Fini, tout est perdu pour le coureur allemand qui n'avait pas reconnu le parcours, le duel Armstrong-Ullrich se termine à ce moment, Armstrong le sait, le Tour est gagné, il ne prend aucun risque, laissant filer une étape qui lui tendait les bras, mais l'important pour lui c'est la victoire finale, il laissera l'honneur de l'étape à l'écossais David Millar, homme malheureux du prologue, qui s'impose devant Tyler Hamilton à 9'', l'homme à la clavicule cassée aura étonné tout le monde sur ce Tour qu'il terminera quatrième, indéniablement un des hommes de ce Tour. Ullrich lui est complètement déstabilisé après sa chute, ratant complètement ses trajectoires, il terminera quand même quatrième à seulement 25'' de Millar. Armstrong est lui troisième à 15'', mais il est au ciel, il le sait, le Tour est gagné, il sert le poing, c'est son cinquième Tour de France.

Entre Ville d'Avray et Paris pour l'ultime étape c'est le traditionnel défilé, mais il reste encore le maillot vert qui est en jeu entre deux australiens, Robbie McEwen leader du classement pour le moment et Baden Cooke. Les deux hommes font chacun un et deux des deux sprints intermédiaires, tout se jouera donc du sprint final. Le sprint est inévitable sur les Champs, dans une des étapes les plus prisées du Tour, surtout cette année, c'est celle du Tour du centenaire. Baden Cooke et Robbie McEwen ne se quittent pas, c'est à celui qui passera la ligne en premier qui remportera le classement du maillot vert. Et c'est Baden Cooke qui sera devant McEwen, mais pour l'étape ils se sont fait piéger par Jean Patrick Nazon, le maillot jaune de Saint-Dizier, un succès de prestige pour le français sur la plus belle avenue du monde.

Sur le podium l'hymne américaine résonne pour la cinquième fois consécutive, Jan Ullrich est deuxième et Vinokourov troisième. L'américain entre dans la légende, dans le fameux cercle des quintuples vainqueurs du Tour présents à Paris, tous réunis, ou presque, sans le grand Jacques, le premier de tous à réussir l'exploit. Ensuite place à la grande parade sur le Champs pour rendre hommage aux 100 ans de Tour de France.

# Posté le mardi 04 novembre 2008 13:48

Modifié le mercredi 15 avril 2009 16:36

Tour de France 2004 : un Tour de légende !

Tour de France 2004 : un Tour de légende !
L'homme est incroyable, l'exploit l'est tout autant, pimenté de 6 victoires d'étapes qui l'amenèrent à un sixième triomphe sur le Tour resteront dans les annales du cyclisme et su sport. Professionnalisme poussé à l'extrême, souci du détail, capacité à se surpasser, les raisons d'admirer la performance de Lance Armstrong sont multiples. Sur ce Tour qui l'a fait entré dans la légende Armstrong n'a pas fait de cadeau, il a cannibalisé la course comme Merckx ou Hinault avant lui, on ne le lui reprochera pas, car quoi de plus logique que le plus fort qui gagne. Un homme au-dessus du lot et des adversaires en manque d'imagination totale, des adversaires résignés. Mais un brin de lumière viendra égayer ce Tour de France avec Thomas Voeckler qui portera le maillot jaune durant 10 jours, hommage. Armstrong rentrait dans la légende avec 6 maillots jaunes, n'oublions pas non plus Richard Virenque qui devient le premier à remporter 7 maillots de meilleur grimpeur.


Pourtant au départ du Tour la course semblait plus ouverte que jamais, Armstrong ayant remporté son 5ème Tour dans la douleur. Rappelons-nous en 2003, l'américain avait été tout près de voir ses rêves de victoires s'envoler, titiller comme jamais par ses adversaires, notamment Jan Ullrich qui fut le plus coriace. De plus que cette année, l'américain n'a jamais fait forte impression, sur le Dauphiné Libéré il sera anéanti par Iban Mayo et même battu par Tyler Hamilton son ancien lieutenant. Le texan apparaît moins fort, l'adversité n'a que plus de goût à mettre fin au règne sans partage de l'américain, pendant 5 ans ils n'ont fait que subir, l'heure semble venue pour eux de renverser la tendance et ils s'en donneront à c½ur joie. Ses adversaires se nomment donc Jan Ullrich, Tyler Hamilton, Iban Mayo, Francisco Mancebo, et même Roberto Heras l'ancien équipier, excellent grimpeur et qui connaît mieux que quiconque Armstrong, et qui promet de faire mal dans les cols. Mais de tous ces adversaires potentiels il en manque un, et pas des moindre. Certainement le plus offensif, celui qui aurait pu tout faire basculer, c'est Alexandre Vinokourov, 3ème en 2003 mais qui se remet d'une blessure survenue sur le Tour de Suisse. Pour Armstrong la tâche s'annonce difficile sur un Tour qui prend son envol de Liège qui fera la part belle au Nord et à l'ouest de la France. Les Pyrénées seront attaquées après plus de 10 jours de course, soit relativement tard en fin de deuxième semaine, avant de sortir des Alpes à seulement trois jours de Paris. Le suspense promet donc de planer sur cette 91ème édition, mais un Tour qui trouvera son point culminant au col de la Madeleine, soit le toit du Tour à 2000 mètres, on est donc loin des 2600 ou 2800 mètres habituel. Mais l'attraction aura lieu le 21 juillet, avec un contre-la-montre sur les pentes de l'Alpe-d'Huez, le rendez-vous s'annonce grandiose.

Sur le prologue couru en plein c½ur de Liège, Armstrong repousse Jan Ullrich me mieux placé de ses adversaires à 15'' alors que ce sont couru seulement 6,1 km. Une chose est sûr le texan est dans le rythme et confirme son statut d'archi-favori malgré ses défaillances de l'an passé. Mais il n'est pas assez fort pour se parer de jaune, dépassé par un seul coureur qui aura fait 2'' de mieux, c'est Fabian Cancellara qui endosse son premier maillot jaune sur le Tour après ses premiers 6100 mètres sur le Tour. D'ailleurs ce jeune néophyte suisse ne tardera pas à confirmer, maintenant on le connaît. Sur la première étape on attendait les rois du sprint avec en tête de liste la vedette italienne Alessandro Petacchi. Le train redoutable de la Fassa Bortolo état mit sur les rails avec le maillot jaune qui emmenait même son leader. Pourtant l'italien ratera son sprint qui verra sortir le loup estonien Jaan Kirsipuu qui remporte à Charleroi sa 4ème victoire d'étape sur le Tour. C'est connu les premières étapes sont la chasse gardée des sprinteurs, c'est donc en toute logique qu'ils vont de nouveau se jouer la victoire à Namur mais cette fois-ci c'est Robbie McEwen qui l'emporte. La 3ème étape entre Waterloo et Wasquehal avait des airs de Paris-Roubaix. En effet avec ses 3900 m de pavés cette étape ne dévoilera pas le vainqueur du Tour, mais peut éliminer certains coureurs qui rêvent de maillot jaune. Iban Mayo va en faire les frais lorsqu'il sera victime d'une chute juste avant le secteur pavé d'Erre. La chute aurait pu passer au rang des anecdotes mais à l'avant l'US Postal menait train d'enfer sur les pavés avec Georges Hincapie, spécialiste des pavés qui emmenait Armstrong dans un fauteuil. L'espagnol ne rentrera jamais d'autant que par la suite les équipes de sprinteurs prendront le relais pour emmener Jean Patrick Nazon à la victoire.

Le 7 juillet c'était le premier rendez-vous de ce Tour, un moment attendu par les suiveurs dans le spectacle magnifique du contre-la-montre par équipe. Exercice spectaculaire qui offre aux photographes des scènes de choix, entre Cambrai et Arras sur 64,5 km les grosses écuries sont prêtes à s'affronter. Heureusement que les règles sont nouvelles et que les écart sont plafonnés sinon la course se serait achevée aujourd'hui ou du moins le suspense car le tarin bleu a écrasé ses concurrents. Les Phonak de Tyler Hamilton se seront les mieux défendus concédant 1'07'' à l'US Postal, mais ne seront retenu que 20'' au classement général. La T-Mobile dont on attendait beaucoup lâche 1'19'', ramené à 40'', mais Ullrich est déjà à près d'une minute d'Armstrong. Car devant l'équipe américaine a mené train d'enfer comme l'an passé, sur une route trempée elle a montré qu'elle domine l'exercice et qu'elle a le meilleur collectif pour gagner le Tour. Au soir de cette étape Armstrong se trouve donc maillot jaune. Etre leader au soir de la quatrième étape c'est bien trop tôt, l'US Postal ne va donc pas défendre son bien, laissant le lendemain 5 hommes prendre le large pour de bon. On y retrouve Sandy Casar, Thomas Voeckler, Magnus Backsted, Stuart O'Grady et Jakob Piil. Ces cinq hommes vont se jouer la victoire à Chartres avec plus de 12 minutes d'avance sur le peloton, et sans surprise la victoire va revenir à O'Grady, le plus rapide du groupe, l'australien qui voyait ces rêves de maillot vert lors de l'ultime sprint sur les Champs Elysées en 2001. Comme souhaité, Armstrong laisse filer son maillot jaune à Thomas Voeckler, dont il n'aura pas de mal à récupérer le bien dès que la route s'élèvera. Le peloton prend donc la direction de l'ouest, avec une arrivée d'étape à Angers d'où va sortir vainqueur Tom Boonen qui se révèle comme un futur grand du sprint. Le belge malchanceux lors des premiers sprints du Tour, victime de saut de chaine, s'offre sa première victoire d'étape sur le Tour pour sa première participation. Mais cette victoire n'avait pas le goût d'une vraie victoire, car sous la flamme rouge beaucoup de sprinteurs se sont retrouvés à terre, sa victoire à donc un goût amer pour les suiveurs. Le Tour est maintenant lancé depuis une semaine et la 7ème étape mène le peloton en Bretagne de Chateaubriant à Saint-Brieuc. Au départ de non-partants de marque, les italiens Alessandro Petacchi et Mario Cipollini, tous deux invisibles lors des rushs massifs. Le vent souffle sur cette étape et les CSC tenteront leur coup préféré, un coup de bordure qui ne marchera pas. On se dirige donc vers un sprint à Saint-Brieuc mais le peloton est agité et les attaques de multiplie dans un final assez difficile. A ce jeu là c'est le benjamin du Tour, Filippo Pozzato qui sort vainqueur. L'italien règle au sprint Iker Flores et Francisco Mancebo. Belle tentative de ce dernier, outsider du Tour qui grapille ainsi quelques secondes, car pour les autres jusque là ils se sont avérés invisibles. La Bretagne terre de vélo sera encore traversée le lendemain de Lamballe à Quimper sur 168 km par le fameux Mur de Bretagne. La sélection ne s'y fera bien sûr pas, à Quimper c'est un norvégen qui s'impose au sprint, Thor Hushovd devant Kim Kirchen et Erik Zabel. Dans ce final en faux-plat montant le champion de Norvège trouvait un terrain à sa convenance pour ce grand costaud venue du froid. Après un transfert jusqu'à Limoges, la première journée de repos était observée. Une semaine de course est passé et Armstrong reste en position de force pour un sixième sacre, là où Anquetil, Merckx, Hinault et Indurain ont échoué. Une position d'autant plus accentuée que ses adeversires sont en retrait et ne font que subir la loi de l'américain, mais dans le massif central sur des parcours accidentés on s'attend à ce que la donne change.
Cependant il reste une dernière occasion pour les sprinteurs à Guéret, et Robbie McEwen ne va pas s'en priver, c'est sa deuxième victoire d'étape su le Tour cette année, il accentue ainsi sont avance pour le classement u maillot vert. Le 14 juillet, la première étape de montagne se profile, avec 8 ascensions au programme dont une première de catégorie. Ce n'est pas de la haute-montagne mais les prétendants au maillot jaune promettent d'attaquer pour renverser le "Boss", sur un parcours piégeur. Mais Richard Virenque ne se souci guère de cette lutte, ses rêves de maillot jaune il y'a bien longtemps qu'il les rangé au placard. Mais ses rêves de devenir le recordman de maillot à pois est toujours d'actualité, en passe de rentrer dans la légende avec un 7ème titre dans ce classement atypique des rois de la montagne, là où Bahamontès et Van Impe se sont arrêté à 6 succès. Cette tape avec 8 ascensions, le français l'a connait, il l'a reconnu en entier, savant que c'est là qu'il engrangera un maximum de points pour son maillot blanc à pois rouge. Le français s'échappe donc en compagnie d'Axel Merckx, mais le belge, ne pourra suivre le rythme du varois sur les pentes du Puy Mary ascension 1ère catégorie. Le coureur de Quick Step s'envole et vient sauver un peloton français jusque là transparent si ce n'est le rayon de soleil de Thomas Voeckler qui est toujours maillot jaune. Devant Virenque gère son étape à merveille, jamais dans le rouge durant les 202 km qui l'auront vu à l'avant. Comme il y'a un an à Morzine Virenque frappe un grand coup, sauf qu'aujourd'hui c'est spécial, c'est le 14 juillet, jour de fête national il prend son maillot à pois et remporte l'étape. Le français font en larme, une victoire en hommage à son ami Joël Chabiron, son ancien manager chez Festina décédé il y'a peu, mais aussi à sa grand mère, disparu durant le Dauphiné Libéré. Du grand Richard, aujourd'hui c'était Richard Coeur de Lion. Derrière les adversaires d'Armstrong n'ont pas bougé, en manque d'imagination totale, sur un terrain qui s'y pretait il sont restés dans la roue de leur rival. Mais une surprise tout de même, Thoams Voeckler, continue d'enflammer la France puisqu'il conserve son maillot jaune terminant même l'étape devant Armstrong. Mais le 14 juillet ne sourit qu'à un seul coureur, cela n'empêchera pas à David Moncoutié de prolonger la fête nationale, celui-ci s'impose en solitaire à Figeac, troisième victoire d'étape française.
La 12ème étape promettait le premier assaut des Pyérénées, on attendait les adversaires d'Armstrong, prêt pour le combat entre Castelsarrasain et La Mongie, par delà le col d'Aspin et l'arrivée sur les pentes du Tourmalet. Le temps est mauvais il pleut, l'heure est venue pour Ullrich, Hamilton, Heras, Mancebo, Mayo et conssorts d'achever le règne texan qu'ils attendent depuis belle lurette voilà 6 ans. Mais sous la pluie, tous auront été noyés, l'US Postal assurait l'essorage dans la montée vers La Mongie. Sous le rythme de José Azevedo Ullrich et Hamilton étaient déjà lâché. Du côté de T-Mobile il restait encore dans le groupe Armstrong Andreas Kloden qui n'avait pas prit la peine d'attendre son leader, Francisco Mancebo ou encore Carlos Sastre. Mais à 4 km du but, Armstrong se fâche sur un pente à 10%, personne ne peut embrayer dns sa roue, sauf un larron sorti de nul part, pas tout à fait, mais dont ne mettait pas dans les favoris. Passé de Fassa Bortolo à CSC, Ivan Basso était le seul à pouvoir prendre la roue du texan qui fera cadeau à l'italien de l'étape, alors que Voeckler conservait sa tunique jaune, en galère il s'accrochait tant bien que mal. Dans cette affaire Ullrich perdait gros, 2'30'' soit 3'37'' au général, Hamilton est encore plus loin. Le Boss n'est pas mort. Le lendemain sur la route du Plateau de Beille on prend les me^me et on recommence. Dans l'ultime ascension le spectacle est pathétique quand Ullrich cède sous les accélérations répétées de José Luis Rubiera et José Azevedo. Azevedo ce protugais recruté pour remplacer Heras fait son travail à merveille, dans sa roue ne suivront que Armstrong et Basso, qui s'envoleront à deux comme la veille, le texan enfonce le clou et anéanti tous ses adversaires. Hamilton, Zubeldia et Mayo ont abandonné, tout comme Menchov, alors que Heras est bien loin et que Ullrich n'est pas dans le rythme. Quand à Thomas Voeckler, il conserve son maillot jaune in extrémis pour 22'', il se classe au 13 ème rang de l'étape, performance qui mérite d'être mentionnée. Le Tour venait d'être joué avant même l'entrée dans les Alpes.

La transition Pyrénées-Alpes est courte et se fait en une seule étape qui va profiter à Aitor Gonzalez un ancien vainqueur de la Vuelta. La deuxième journée de repos était ainsi observée avant d'aborder l'ultime phase de la course avec les Alpes en toile de fond. Sur la route de Villars-de-Lans Ullrich tentera l'impossible en s'échappant dans le col de l'Echarasson, mais il sera victimede la coalition CSC-US Postal. Et c'est donc Armstrong qui met out le monde d'accord au sprint et s'empare de jaune. La 16ème étape c'était celle de l'Alpe-d'Huez et son ascension chronométrée, mais l'histoire était déjà écrite. Quand on a reconnu la montée dix fois à l'entraînement on ne peut que s'imposer, Armstrong va nous faire un récital. Au départ il restait un homme pour renverser la situation, c'était Ivan Basso, mais celui se fera rattraper par le maillot jaune parti 2 moniutes avant lui, tout était plié. Ullrich terminait deuxième de l'étape, calé et assis sur sa machine montant tout en force. Armstrong l'emportait donc et écartait son dernier rival Ivan Basso de la lutte pour la victoire finale qui est désormais à 3'48'' au général. Il reste une étape de montagne avec le tot du Tour à 2000 m d'altitude où Virenque sprinte contre Simoni au sommet du col de la Madeleine, victoire de l'italien, consolation pour son Tour transparent. Mais derrière le peloton diminue et la victoire va revenir une fois de plus à Armstrong qui viendra sauter Andreas Kloden sur la ligne au Grand-Bornand. L'américain cannibalise la course, c'est sa quatrième victoire d'étape sur le Tour, avec en prime un grand chelem dans les Alpes. Quant à Virenque il s'assurait un septième titre de meilleur grimpeur et entrait dans la légende à l'issue de son dernier rallye sur les routes du Tour.

Dans une étape post-montagne Juan Miguel Mercado, va profiter du champ libre laissé par le pelton pour s'imposer devançant Garcia Acosta. Il reste encore un contre-la-montre à la veille de Paris pour attribuer les places sur le podium. Pour l'étape c'est Armstrong qui fait sa loi, c'est Armstrong qui décide e la course, c'est Armstrong qui gagne. Thomas Voeckler perdra son maillot blanc au profit du russe Vladimir Karpets. Ivan Basso passera de la deuxième à la troisième place au général, alors que Andreas Kloden prendra la deuxième. Ullrich termine au pied du podium sa plus mauvaise place.

Sur les Champs Elysées le belge Tom Boonen s'impose en puissance, deuxième victoire d'étape sur le Tour pour le jeune coureur belge et sur la plus belle avenue du monde s'il vous plait. Lance Armstrong rentre donc dans la légende avec un sixième Tour de France à son palmarès, la malédiction du sixième Tour ne l'aura pas touché. La tâche s'annonçait difficile pour l'américain mais ses adversaires se seront écroulés un à un. Le texan remporte là sans doute son Tour le plus facile avec au passage 5 victoire d'étape et le contre-la-montre par équipe, du grand art.
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# Posté le mercredi 15 avril 2009 16:32

Modifié le jeudi 16 avril 2009 07:55

2009

2009
Dans quelques jours une nouvelle saison va commencer sur les routes d'Australie. Une nouvelle saison qui va être marqué par le retour de Lance Armstrong lors du Tour Down Under, un retour annoncé le 9 septembre dernier, avec pour but de sensibiliser l'opinion sur la lutte à propos du cancer aux quatre coins de la planète. Son retour 3 ans après avoir prit sa retraite au soir de son septième et dernier Tour de France victorieux suscite polémique et passion dans le monde du cyclisme, d'autant que l'américain laisse planer le doute sur son éventuelle participation à la Grande Boucle 2009. D'abord il annonce qu'il participera au Giro pour la première fois avec l'intention de s'imposer dans ce Giro du centenaire comme il l'avait fait sur le Tour du centenaire, en route pour le doublé. Et le doublé Giro-Tour en 2009 ? Armstrong affirme qu'il ne pense pas à ce doublé digne des plus grands champions, tellement les deux courses sont difficiles et que sa condition est incertaine pour le moment après trois ans sans compétitions. Sa participation au Tour 2009 sera déclarée peu à près la présentation du parcours, où il retrouvera une course taillée pour lui. Mais les adversaires pourraient bien venir de sa propre équipe. En effet pour son retour dans le milieu professionnel, Armstrong a choisi Astana, dirigé par Johann Bruyneel, l'homme qui l'a fait gagner le Tour. Cependant l'équipe dispose d'Alberto Contador, vainqueur du Tour 2007 et qui en a fait son unique objectif pour 2009 après que son équipe n'est pas été sélectionnée en 2008. Les deux hommes devront cohabiter pour gagner, d'autant plus qu'il y aura aussi Leipheimer, Klöden, Popovych, Zubeldia.
Mais nous n'en sommes pas encore là, la saison 2009 n'a pas encore commencé, pour le moment elle se passe en coulisse, pour bien la vivre, revenons une dernière fois sur la saison 2008.
Sur les routes australiennes, là où beaucoup de coureurs entament leur saison en raison des conditions climatiques, André Greipel assure le show. Le coureur allemand remporte la première course pro-tour ainsi que quatre des six étapes. Quelques jours plus tard, cette fois-ci au Qatar, c'est Tom Boonen qui domine la course comme chaque année, il remporte 3 étapes et s'adjuge le classement général pour la deuxième fois. Le 3 février c'est l'ouverture de la saison sur le vieux continent à l'occasion du GP d'Ouverture de la Marseillaise remporté par Hervé Duclos-Lassalle. Aux Etats-Unis, Levi Leipheimer s'adjuge le Tour de Californie pour la deuxième année consécutive.
Le 1er mars, le Het Volk ouvre la période des classiques flandriennes, une ambiance à part, les classiques du mois d'avril se préparent. Et c'est Philippe Gilbert qui va s'imposer ayant parcouru les cinquante derniers kilomètres en solitaire, une victoire à la Merckx tellement elle est acquise de forte belle manière. Quant aux Quick Step, annoncés favoris ils sont battus, et ce largement. Cependant ils se consoleront le lendemain en contrôlant de bout en bout Kuurne-Bruxelles-Kuurne, ils placent 7 coureurs parmi les 21 premiers à l'arrivée, une véritable démonstration de force dont le lauréat sera Steven De Jongh, mais ce n'est pas le prestige du Volk.
Sur Paris-Nice, premier grand rendez-vous de la saison le spectacle sera assuré. On découvrira la révélation Clément Lhotellerie, deuxième à Saint-Etienne, à l'attaque le dernier jour pour terminer finalement 11ème au général. Sylvain Chavanel nous aura fait rêver le temps d'une journée, en forme le français se vêtit de jaune à Saint-Etienne, mais il ne pourra pas défendre son bien sur les pentes du Mont-Serein. En guise de consolation, il va signer une victoire de prestige à Cannes, dans une étape où il est souvent placé mais jamais gagnant il va disposer au sprint de Popovych, Cunego, Rebellin ou encore Nocentini, des grosses pointures. Quant à Robert Gesink alors leader, il va perdre son maillot dans la descente du col du Tanneron au profit de Davide Rebellin qui s'adjugera Paris-Nice devant Nocentini et Popovych. De l'autre côté des Alpes, sur Tirreno-Adriatico, Fabian Cancellara l'emporte à la surprise générale.
Quelques jours plus tard place à Milan-San Remo, course la plus longue de l'année de près de 300 km. Cette année, la « Classicissima » ne se termine pas sur la Via Roma, mais sur la Lungomare Calvino, une dernière avenue encore plus longue où les sprinteurs devront donc être rois. Mais les organisateurs ont décidé d'introduire une nouvelle difficulté, la Manie, située à 90km de l'arrivée, elle sera fatale aux sprinteurs dans le Poggio. A 2 km de l'arrivée Fabian Cancellara démarre et s'adjuge la « Primavera » après un coup de force impressionnant.
Fin mars, Sylvain Chavanel fait encore des siennes, il devient le premier français à remporter A Travers la Flandre, avant de remettre ça 4 jours plus tard sur la Flèche Brabançonne, et toujours en solitaire. Le français bat les belges chez, eux, sur des courses qu'ils laissent rarement aux étrangers, Chavanel a prit une nouvelle dimension en ce début de saison et se pose en outsider du Tour des Flandres, ou alors en équipier de luxe pour Nick Nuyens.
Fabian Cancellara est le grand favori du Ronde après son mois de mars étincelant, mais il ne sera pas à la hauteur, l'honneur de la victoire va revenir au champion de Belgique Stijn Devolder qui triomphe en solitaire. Oscar Freire remportera Gand-Wevelgem, devenant ainsi le premier espagnol à inscrire son nom au palmarès de la course flamande.
C'est au tour de Paris-Roubaix de se présenter aux coureurs, et la course sera passionnante. A la sortie de la fameuse Tranchée d'Aremberg, un groupe d'une trentaine d'hommes se forme avec presque tous les favoris. Un groupe qui va diminuer au fil des secteurs pavés pour former un trio composer de Tom Boonen, Alessandro Ballan et Fabian Cancellara. On retrouve aux avant-postes, trois coureurs chacun vainqueur d'au moins une grande classique du Nord, les trois meilleurs coureurs sur ce type de course à l'heure actuelle. Sur le vélodrome, le suisse et l'italien ne peuvent rivaliser à la pointe de vitesse de Tom Boonen qui remporte l'Enfer du Nord pour la seconde fois.
Une semaine plus tard en haut du Cauberg c'est Damiano Cunego qui s'impose pour sa première participation. L'italien terminera troisième de la Flèche Wallonne trois jours plus tard remportée par Kim Kirchen devant Cadel Evans. Sur Liège-Bastogne-Liège la course va se disputer entre Frank Schleck, Davide Rebellin et Alejandro Valverde. L'espagnol contrôle ses deux adversaires dans la dernière côte de Saint-Nicolas et les bats au sprint.
Au mois de mai c'est l'heure du premier grand tour de la saison avec le Tour d'Italie et un invité de dernière minute. Astana initialement pas invité recevra une invitation, avec pour leader Alberto Contador qui vient sur la course rose en « touriste ». Rapidement l'espagnol va se retrouver en position de favori, avec l'italien Riccardo Ricco, les deux hommes vont former le duel de ce Giro. Contador prendra le maillot rose au soir de la 15ème étape dans les Dolomites, remportée par Emanuele Sella, c'est la deuxième victoire d'étape consécutive pour la révélation de ce Giro. Riccardo Ricco, deuxième du général est encore en position de pouvoir l'emporter, et va tout tenter dans le Mortirolo, en vain, à la veille de la dernière étape chronométrée il lui manquera 4'' pour se vêtir de rose. Le dernier chrono le 1er juin ne changera rien, remporté par Marco Pinotti, Alberto Contador remporte ce Giro, son deuxième grand tour. Ricco est deuxième malgré 2 victoires d'étapes lors de la première semaine. Quant aux sprints ils auront vus un duel entre Mark Cavendish et Daniele Bennati, un duel qui aura tourné en faveur de l'italien vainqueur de 3 étapes contre 2 pour le britannique. Emanuele Sella, sera quant à lui la découverte, vainqueur de 3 étapes, toutes en montagne, il sera rattrapé par un contrôle positif à la CERA, une EPO de troisième génération, jusqu'ici indétectable.
Le mois de juin c'est les derniers réglages pour les favoris du Tour de France, ils affinent leur condition sur le Dauphiné Libéré pour les uns, le Tour de Suisse pour les autres. Les deux grands favoris de la Grande Boucle, Alejandro Valverde et Cadel Evans ont choisi les routes françaises, et donne un avant-goût de leur duel de juillet, arbitré par Levi Leipheimer. Le match va tourner en faveur de Valverde qui remporte le contre-la-montre, à l'issue duquel il va s'emparer de la tête du classement général pour ne plus la quitter. De l'autre côté des Alpes en Suisse, c'est le jeune tchèque Roman Kreuziger qui va s'imposer devant Andreas Klöden. Damiano Cunego termine 4ème.
Une semaine avant le départ du Tour les championnats nationaux vont sacrer en France Nicolas Vogondy pour la seconde fois après 2002, en Espagne ce sera Alejandro Valverde en très grande forme, et Frank Schleck au Luxembourg.
Le 5 juillet c'est le départ du Tour de France depuis Brest en Bretagne, à Plumelec l'espagnol Alejandro Valverde dompte la côte de Cadoudal et endosse son premier maillot jaune, ses adversaires sont prévenus. A Nantes Samuel Dumoulin s'impose alors que Romain Feillu endosse le maillot jaune avant de le céder le lendemain lors du contre-la-montre de Cholet remporté pat Stefan Schumacher qui endosse du même coup le maillot jaune. Dans les Pyrénées on assistera à un numéro de Riccardo Ricco auteur d'un démarrage foudroyant dans le col d'Aspin pour aller s'imposer à Bagnères de Bigorre. Le lendemain vers Hautacam, ses équipiers Juan Cobo Acebo et Leonardo Piepoli assure le show et vont réaliser le doublé, Cadel Evans se vêtit de jaune alors que Damiano Cunego et Alejandro Valverde ont perdu toutes chances de victoire, décramponnés dans le col du Tour malet. Ricco aura fait trembler tout le monde, mais le 17 juillet il est exclu à la suite d'un contrôle positif à la CERA. C'est le troisième cas de dopage de puis le départ du Tour après les cas Beltran et Duenas, tous trois positif à la CERA. L'équipe Saunier Duval se retire de la course avant que ce ne soit Leonardo Piepoli qui soit lui aussi contrôlé positif. Dans les étapes de plaine Mark Cavendish domine les sprints, il remporte 4 étapes avant de se retirer à la veille des Alpes. A Jausiers, Dessel apporte la deuxième victoire d'étape française. Le lendemain vers l'Alpe-d'Huez, Carlos Sastre s'extirpe du peloton dès les premières rampes, il fait la montée tout seul pour s'y imposer et prendre le maillot jaune. A Montluçon Chavanel remporte enfin une étape sur le Tour, disposant au sprint du jeune français Jérémy Roy. Le dernier contre-la-montre ne remettra pas en jeu le maillot jaune de Sastre, celui-ci conserve 58'' d'avance sur Cadel Evans, deuxième du Tour, pour la seconde année consécutive. Un chrono remporté par Stefan Schumacher qui aura remporté les deux chronos du Tour avant d'être lui aussi contrôlé positif à la CERA tout comme Bernhard Kohl troisième du Tour.
2008 est une année olympique, et à Pékin Samuel Sanchez s'offre l'or olympique devant Davide Rebellin et Fabian Cancellara, qui remportera le titre olympique du contre-la-montre.
A Hambourg Robbie McEwen s'offre sa première classique, lui qui est plus abonné aux victoires d'étapes sur les grands tours. La veille la Vuelta s'est élancé avec comme grandissime favori Alberto Contador. Celui-ci s'emparera du maillot oro au sommet de l'Angliru, et s'impose de nouveau le lendemain à Fuentes de Invierno. Pour Contador il ne lui reste plus qu'à gérer, à Madrid il devance son équipier Leipheimer de 46'', et Carlos Sastre de plus de 4'. Les français se seront aussi illustrer sur cette Vuelta avec David Moncoutié vainqueur en montagne au Pla de Beret et qui remporte le classement de la montagne. Sébastien Hinault s'impose au sprint devant les ténors du sprint alors que Sylvain Chavanel portera le maillot oro l'espace d'une journée. Privé de Tour en raison d'un contrôle positif à la cocaïne en mai, Tom Boonen remporte deux étapes sur cette Vuelta, et Daniele Bennati gagne une étape.
Le 28 septembre, les italiens dominent les championnats du monde chez eux à Varèse. La course est historique, en effet c'est la dernière de l'italien de Paolo Bettini, l'italien en est que plus surveiller, il vise une troisième victoire consécutive. Mais c'est Alessandro Ballan l'homme roi du jour, concrétise le magnifique travail de l'équipe italienne en attaquant dans les derniers kilomètres. Damiano Cunego prend la deuxième place, les italiens manquent le triplé, Davide Rebellin est quatrième. La Squadra Azzura reine chez elle.
Philippe Gilbert qui va rejoindre la Silence-Lotto, offre à Marc Madiot le plus beau des cadeaux d'adieu en s'adjugeant Paris-Tours. Le Tour de Lombardie marque la fin de la saison et verra la victoire en solitaire de l'italien Damiano Cunego pour la deuxième année consécutive, c'est son troisième Tour de Lombardie victorieux, une victoire qui vient relevé sa saison maussade. Une année 2008 qui aura été pleine de rebondissements, et à coup sûr, l'année de l'Espagne, puisque les espagnols remportent les trois grands tours, le titre olympique et Liège-Bastogne-Liège pour les principaux succès.

Pour 2009 le programme est le même. Un début de saison le 18 janvier avec le Tour Down Under, puis le Tour du Qatar à la fin du mois. Février marquera le début de la saison sur le vieux continent, et les grands leaders reprendront chacun leur tour durant tout le mois le chemin de la compétition. Ensuite Paris-Nice et Tirreno-Adriatico viendront en guise de préparation pour Milan-San Remo qui retrouvera la célèbre Via Roma. La Classicissima le premier grand rendez-vous des hommes d'un jour, car c'est bel et bien une des courses les plus prestigieuses pour un coureur et une des plus palpitantes dans son final. Les déçus pourront se rattraper pendant le mois d'avril, mois des classiques. On commence par les courses dites du Nord, les courses pour hommes forts, des surhommes dignes des plus grands mythes. Le Tour des Flandres ouvre le bal comme chaque année, une succession de monts terrifiants dans le final, comme toujours le fameux Koppenberg, le Valkenberg, le Mur de Grammont, le Bosberg seront à franchir pour les coureurs voulant succéder à Stijn Devolder à LA course belge de l'année, dans une région où le vélo est roi. Trois jours plutard Gand-Wevelgem a de fortes chances de se terminer au sprint comme c'est de plus en plus souvent le cas. Pour clôturer ces courses d'un autre monde place à Paris-Roubaix. La Reine des Classiques et ses 27 secteurs pavés avec pour point d'orgue la Tranché d'Aremberg où pour les puristes la Drève des Boules d'Hérin, un peu plus loin on retrouvera Orchies puis le Carrefour de l'Arbre pour une arrivée sur le vélodrome de Roubaix pour cette course atypique d'un autre âge. Une semaine plus tard on change de registre pour retrouver les puncheurs au premier plan dans une semaine de folie où vont se succéder l'Amstel Gold Race, la Flèche Wallonne et son terrifiant Mur de Huy, et pour finir Liège-Bastogne-Liège, la doyenne des classiques au dénivelé digne d'une étape de montagne du Tour.
Au mois de mai le Giro fêtera son centenaire, et la course se propose d'être royale. Par son parcours hors-norme, les organisateurs ont décidé de faire sensation en incluant un contre-la-montre de 62 km, et à trois jours de l'arrivée une arrivée au sommet du Vésuve, avant un dernier chrono dans les rues de Rome, et non Milan comme c'était le cas depuis plusieurs années. Un parcours royal pour un plateau tout aussi royal. Bien que le tenant du titre Alberto Contador a annoncé qu'il renonçait à défendre son titre préférant se concentrer exclusivement sur le Tour de France, les favoris ne manquent pas. Lance Armstrong, septuple vainqueur du Tour y fera sa première venue avec pour objectif d'être vêtu de rose à Rome. Ivan Basso de retour, vise une seconde victoire après 2006. Carlos Sastre dernier vainqueur du Tour sera présent, tout comme Denis Menchov ou les italiens Damiano Cunego lauréat de la course rose en 2004 et Gilberto Simoni double vainqueur en 2001 et 2003.
En juin les favoris au Tour se prépareront sur les routes du Dauphiné Libéré ou du Tour de Suisse. Pour un Tour qui s'élancera de Monaco avant de longer la Méditerranée, une arrivée en Espagne à Barcelone qui semble d'or et déjà être promise à Alejandro Valverde. La montagne se présentera ensuite aux coureurs avec les Pyrénées abordées en toute fin de première semaine avec une arrivée à Arcalis qui rappellera le sacre de Jan Ullrich en 1997 lorsqu'il avait lâché au train Virenque et Pantani. Le lendemain une deuxième étape pyrénéenne avant une dernière étape qui empruntera une nouvelle fois le col du Tourmalet pour arrivée à Tarbes. Cap sur l'est avec un détour par les Vosges pour mieux affronter les Alpes vers Verbier en Suisse. Le lendemain retour en France vers Bourg Saint-Maurice en escaladant le Petit Saint-Bernard et le Grand Saint-Bernard. Le lendemain place à une étape de cinq cols sur la route du Grand-Bornand sur 169 km ce qui promet une belle bagarre entre les leaders à moins qu'ils ne se réservent pour le lendemain et une contre-la-montre de 40 km autour d'Annecy. La ville de l'arrivée les coureurs devront escaladé le Mont-Ventoux pour ce qui est la surprise de ce Tour 2009. La montagne aux portes de Paris, du jamais vu, et pas n'importe quel montagne, la plus redoutée. Le Géant de Provence sert à faire le show, un show à l'américaine comme les sponsors en raffole. Ce n'est pas un hasard si le Ventoux est placé l'avant dernier jour, et en plus un samedi. Le public sera présent en masse sur les pentes du Mont Chauve et les audiences devraient explosées. Dans une étape sans aucune difficulté mise à part la dernière ascension du Ventoux, on devrait assister sans nul doute à une course côte de 22 km à 7,2%. Rien ne sera gagné à ce moment pou le porteur du maillot jaune car le Ventoux est à part, il a une histoire à la fois glorieuse et tragique. Lance Armstrong aura une ultime occasion de dompter le Ventoux qui s'est toujours refusé à lui, et peut-être un huitième Tour de France. Mais il devra affronter Alberto Contador, le meilleur coureur actuel sur les courses par étape et qui s'est approprié les trois grands tours en 15 mois. Carlos Sastre tentera de rééditer son exploit, Cadel Evans essaiera de grimper la dernière marche, Alejandro Valverde, Damiano Cunego, Denis Menchov ou encore les frères Schleck, les prétendants ne manquent pas.
En septembre la Vuelta avec un départ des Pays-Bas annonce le dernier grand tour de la saison et est taillé pour les grimpeurs. Pour le moment, seul Samuel Sanchez évoque ses ambitions de remporter le Tour d'Espagne. Alejandro Valverde ne se prononce pas, mais on le voit mal escamoté son tour national, tout comme le tenant du titre Alberto Contador, qui après le Tour de France, il n'y risquera rien, qu'il gagne ou qu'il perde. Quant à Carlos Sastre avec le Giro et le Tour il devrait en toute être absent, car trois grands tours dans la même saison sont incompatibles avec un souhait de victoire.
Le mondial sera un rendez-vous attendu, à Mendrisio en Suisse, il s'annonce comme un des plus sélectif au même titre que ceux de Duitama qui avait vu triompher Abraham Olano, ou en 1980 à Sallanches où Bernard Hinault avait écrasé la concurrence. Mendrisio offre un parcours de choix avec une première bosse de 1 200 m avec un passage de 500m à 12%, et une dernière bosse de 1700m à moins de 2 km de l'arrivée. A coup sûr un mondial taillé pour les puncheurs d'exception et quelques grimpeurs qui ont rarement leurs chances lors des championnats du monde. Alejandro Valverde, Damiano Cunego, Samuel Sanchez, Davide Rebellin ont une occasion en or de se disputer le titre.
Ensuite place aux dernières courses avec Paris-Tours, où malgré un profil relativement plat les sprinteurs y sont souvent piégé. Enfin le Tour de Lombardie marque la dernière course européenne, Cunego y visera certainement un quatrième succès, il se trouverait ainsi à une victoire du record de Fausto Coppi qui détient 5 Tour de Lombardie.

Une année 2009 qui s'annonce palpitante !

Bonne année à tous !

# Posté le mardi 30 décembre 2008 07:06

Modifié le samedi 17 janvier 2009 09:54

Armstrong s'offre l'Alpe contre-la-montre

Armstrong s'offre l'Alpe contre-la-montre
Un Tour pour entrer dans l'histoire. Lance Armstrong se présente au départ du Tour pour entrer au Panthéon, objectif avoué : un sixième sacre à Paris. Pourtant la tâche semble compliquée tellement l'américain a été proche de la défaite l'an passé. D'autant plus que sur le Dauphiné il est battu par Iban Mayo dans le test ultime en vue du Tour, l'ascension contre-la-montre du Mont-Ventoux. Un dernier essai avant LE chrono du Tour, sauf que celui-ci se déroulera sur les pentes de l'Alpe-d'Huez, là même où l'américain a été attaqué l'an dernier à maintes reprises. Ce chrono sur les pentes de l'Alpe, long de 15,5 km au départ de Bourg-d'Oisans, une petite mise en bouche avant les 13.8 km de montée à 7,9%, c'est l'évènement du Tour. En effet le toit du Tour sera franchit le lendemain, le col de la Madeleine à 2000 mètres d'altitude, autant dire qu'il s'agit d'un Tour pas très montagneux. Le rendez-vous de l'Alpe-d'Huez est attendu avec impatience on s'attend à connaître le vainqueur du Tour au sommet. Mais le suspense sera clôt bien avant, Lance Armstrong effaçant tous es adversaires dans les Pyrénées, seul Ivan Basso semble encore en mesure de lui disputer la victoire. Il n'en sera rien. Il n'en pouvait être autrement, Armstrong ayant reconnu la montée une dizaine de fois, il connaît la montée par c½ur au moindre centimètre, il dépassera même l'italien parti 2 minutes avant lui. Quant à Ullrich il est déjà loin, malgré une deuxième place au sommet mais à plus d'une minute d'Armstrong. Cependant l'américain n'aura pas effacé le record de Pantani sur les 21 lacets de l'Alpe, mais il aura dominé ses adversaires dans ce rendez-vous historique, c'était la première fois que se déroulait un contre-la-montre sur les pentes de la station iséroise.
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# Posté le samedi 17 janvier 2009 09:33

Modifié le dimanche 08 mars 2009 13:58