Quand la légende du Tour s'offre à Pantani

Quand la légende du Tour s'offre à Pantani
Le Tour de France vit au rythme des faits divers, le favori Richard Virenque a été exclu ainsi que l'ensemble de son équipe Festina. La victoire semble dès lors promise à Jan Ullrich, tenant du titre. En effet il remporte le contre-la-montre couru en Corrèze et prendra le maillot jaune deux jours plus tard au terme de l'étape mythique Pau-Luchon avec ses cols de légende. Mais ce jour-là, Marco Pantani a attaqué dans le dernier col, le col de Peyresourde, l'italien visait la victoire d'étape, amis il ne reviendra pas sur Rodolfo Massi, il est deuxième de l'étape. Ullrich arrive au sein d'un groupe 23'' plus tard, rien de grave, Pantani est loin au général, et il répète qu'il n'est pas en forme. Pourtant le lendemain, le romagnol vainqueur du Giro en mai va passer à l'abordage sur la route du Plateau de Beille, il attaque à 12 km du but. Ullrich est incapable de suivre, il ne fait que subir la performance du transalpin connu pour ses qualités de grimpeur d'exception. Pantani remporte l'étape, il est désormais quatrième du général à 3 minute d'Ullrich. Dès lors il faut se rendre à l'évidence que Pantani va tout tenter pour gagner le Tour, c'est cette année ou jamais, en effet il n'a jamais été aussi fort en juillet. Tout va basculer le 28 juillet, lors de la quinzième étape entre Grenoble et les Deux-Alpes. Sous une pluie battante Pantani va attaquer à 6k du sommet du Galibier, un démarrage de merveille, les mains en bas du guidon, il laisse tout le monde sur place et va reprendre les échappées un à un pour franchir en tête le toit du Tour. Au sommet Ullrich à déjà 2 minutes de retard. L'allemand accuse le coup, sa descente sera désastreuse, on sent que le Tour se joue là. A l'avant Pantani continue de déployer ses ailes, la dernière ascension vers les Deux-Alpes ne freine pas son allure, il remporte l'étape et endosse son premier maillot jaune. Ullrich, malheureux arrivera 25ème, 9 minutes après l'italien. L'allemand a perdu le Tour face à un coup d'exploit du « Pirate », la magie du Tour s'est offerte à Pantani, il rentre dans la cour des grands champion le 2 août, il vient de réaliser un fabuleux doublé Giro-Tour.
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# Posté le samedi 17 janvier 2009 09:33

Modifié le vendredi 06 mars 2009 13:20

Jalabert fait trembler le "roi Miguel" à Mende

Jalabert fait trembler le "roi Miguel" à Mende
D'ordinaire la transition entre les deux massifs montagneux, Alpes et Pyrénées, laisse le temps aux coureurs de souffler le temps de deux ou trois étapes pour repartir de plus belle dans le dernier massif montagneux. Mais la treizième étape entre Saint-Etienne et Mende va être le théâtre d'un chef d'½uvre magistral alors que Miguel Indurain demeure dominateur et puissant. L'étape part sur les chapeaux de roues, les attaques se multiplient. Sur les ondes de radio-tour on entend « attaque de Laurent Jalabert ». Le français sera vite rattrapé, ça roule vite, le peloton est scindé en deux et le maillot jaune ne peut compter que sur deux équipiers. Jalabert repart à l'avant, il répond à une attaque de Bottaro, c'est le début du festival. Derrière les Once donne une leçon de course d'équipe, du grand art, ils forcent Miguel Indurain à déployer sa carcasse, quand ce n'est pas Bruynell qui attaque, c'est au tour de Stephens. Mais l'équipe de Manolo Saiz ne s'arrête pas là, Melchior Mauri va revenir seul sur le duo de tête. Un groupe de contre-attaque va revenir avec Podenzana, Peron, et Neil Stephens, encore un Once à l'avant. Ils sont désormais 6 en tête dont trois Once. Derrière le « Roi Miguel » chasse avec seulement deux équipiers, les autres chassent dans un autre peloton pour revenir aider leur leader. L'avance de l'échappée atteindra 10'10'', écart maximal à 80 km du but, Jalabert est leader virtuel du Tour. Mais derrière les Banesto sont au complet et on trouvé des alliés avec les Guewiss qui entendent sauvegarder la troisième place de Riis. Stephens va lâcher du groupe, mais son contrat est rempli. A 50 km du but Melchior Mauri va prendre la tête du groupe et ne va plus lâcher cette place jusqu'à Mende, il roule à bloc. Au pied la dernière montée vers le Causse, le français trouve encore de l'énergie pour lâcher tout le monde, car personne peut suivre le mazamétain qui gagne l'étape, consolide son maillot vert, et remonte à la troisième place au classement général, le feu d'artifice Jalabert le 14 juillet. Derrière Pantani, Riis et Indurain arrive avec 5'41'' de retard, l'espagnol est toujours leader mais il a tremblé, dans une étape qui était peu propice aux man½uvres de grandes envergures, il ne s'y attendait sans doute pas à une telle étape. Laurent Jalabert a fait vaciller le « Roi Miguel », et a fait entrer cette étape dans la légende, un véritable coup de force, comme antan, comme les grands.

# Posté le samedi 17 janvier 2009 09:34

Modifié le mardi 17 février 2009 13:52

La folle chevauché de Chiappucci

La folle chevauché de Chiappucci
La treizième étape du Tour de France 1992 entre Saint-Gervais et Sestrières, avait tout d'une étape meurtrière, elle empruntait le col des Saisies, le Cormet de Roselend, l'Iseran, le Mont Cenis et la montée finale vers Sestrières, au bout de 254 km. Pourtant dès le départ de l'étape Claudio Chiappucci attaquait, ceint du maillot à pois rouge, il provoquait la surprise de tous les suiveurs qui criaient « au fou ». Mais l'italien voulait frapper les esprits et asseoir sa suprématie sur Miguel Indurain dont il contestait la suprématie en montagne. « Il Diablo » se lance dans un long raid comme au temps des Coppi, Gaul ou Merckx, tel un grand champion, il l'a comprit, s'il veut faire plier le Roi Miguel c'est aujourd'hui ou jamais. L'italien lâche ses adversaires un à un au fur et à mesure des cols, au pied du Mont-Cenis son avance est de 5', il est seul en tête, les suiveurs sont affolés, Chiappucci assomme le Tour sous une chaleur assassine. Derrière c'est l'hécatombe, Bugno et Indurain roulent ensemble pour réduire l'écart. Un seul homme pourra résister au meilleur grimpeur qui passera tous les cols de la journée en tête, c'est Miguel Indurain. Bien entendu Claudio Chiappucci s'imposait à Sestrières, devant des tifosis déchaînés, un exploit qui rappelle la folle chevauchée de Fausto Coppi en 1952, le « Campionissimo » s'imposait au même endroit 40 ans plutôt au lendemain de sa victoire à l'Alpe-d'Huez, Coppi était arrivé chez lui en Italie avec plus de 7 minutes d'avance sur ses poursuivants. En revanche, pour Chiappucci son avance sur Indurain, troisième de l'étape n'est que de 1'45'', l'italien Vona s'étant intercalé entre les deux. Miguel Indurain endossait le maillot jaune, « Il Diablo » se retrouvait à 1'42'' de l'espagnol au général, il n'aura pas renversé le « Roi Miguel », mais il l'aura fait trembler, il gagnera la ferveur du public, et sera arrivé chez lui en triomphateur. A Paris, Claudio Chiappucci sera deuxième du général derrière l'intouchable Indurain qui s'impose pour la seconde fois sur le Tour de France, mais l'italien est meilleur grimpeur du Tour pour la seconde fois, un statut que l'on ne contestera pas.
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# Posté le samedi 17 janvier 2009 09:34

Modifié le samedi 14 février 2009 14:24

8 secondes qui font basculer le Tour sur les Champs

8 secondes qui font basculer le Tour sur les Champs
Au départ du Tour de France 1989, deux favoris sortent du lot. Laurent Fignon, double vainqueur en 1983 et 1984, et Greg Lemond vainqueur en 1986 et de retour à la compétition après son accident de chasse, il prépare un retour d'envergure. Au final ce seront bien eux les principaux protagonistes de ce Tour 1989. Jamais l'écart entre les deux coureurs ne sera bien important tout au long des trois semaines. A la veille de la dernière étape l'écart est de 50'' en faveur du français. Tout doit donc se jouer le 23 juillet, sur les 23,5 km entre Versailles et Paris. 23.5 km qui peuvent faire basculer le Tour, 23,5 km pour décider du vainqueur, les kilomètres ultimes. L'américain n'a rien à perdre, s'il veut gagner un second Tour il doit tout donner dès le départ. Quant à Laurent Fignon, il souffre d'une inflation de l'entrejambe depuis deux jours, ce qui l'empêche de s'échauffer correctement. Greg Lemond s'élance sur son vélo de triathlète, la première fois qu'un tel vélo est utilisé sur le Tour, cela attisera d'ailleurs la polémique. Lemond déploie un gros braquet que le maillot jaune sera quant à lui incapable d'emmener, Fignon échoue avec 58'' de retard sur Greg Lemond sur cette étape, 8'' de trop, 8'' qui font basculer le Tour dans le camp de l'américain Greg Lemond. Comment oublier ces commentaires presque surréalistes : « Dans 4'' il lui restera 10'', voilà 10'', 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1, top, Laurent Fignon a perdu le Tour de France 89, Greg Lemond l'emporte, c'est fini, Laurent Fignon a perdu le Tour de France ! ».

# Posté le samedi 17 janvier 2009 09:35

Modifié le samedi 14 février 2009 16:40

Hinault/Lemond main dans la main au sommet de l'Alpe

Hinault/Lemond main dans la main au sommet de l'Alpe
En juillet 1985, Bernard Hinault qui venait de remporter son cinquième Tour de France avait promit d'aider Greg Lemond à remporter le Tour de France, si celui-ci se montrait digne du maillot jaune. En clair, à la moindre faiblesse de l'américain, Hinault ferait sa propre course pour gagner un sixième Tour. Sur le contre-la-montre de Nantes lors de la neuvième étape, le « Blaireau » impose sa loi, Lemond est à 44''. Le breton se sait moins fort en montagne alors il multiplie les attaques dans la plaine, dans les vallées, pour creuser les écarts sur les grimpeurs. Lors de l'étape Bayonne-Pau, le breton tente le coup de force, il attaque seul Delgado peut le suivre, celui-ci remporte l'étape, Hinault prend le maillot jaune, Lemond est repoussé à plus de 4 minutes. Il semblerait que Bernard Hinault ai oublié sa promesse, obnubilé par un sixième sacre. Le lendemain entre Pau et Superbagnères, Hinault attaque de nouveau, dans le Tourmalet, loin de l'arrivée, très loin. Il reste encore Aspin, Peyresourde et la montée vers Superbagnères à franchir. S'il parvient à le réaliser le Tour 86 est dans sa poche. Mais en haut de Peyresourde, le quintuple vainqueur du Tour est reprit, victime d'une fringale, c'est au tour de Lemond de rentrer en scène. L'américain part seul vers Superbagnères, il remporte l'étape et se rapproche du maillot jaune qui reste sur les épaules d Bernard Hinault, Lemond est désormais à 40''. Entre les Pyrénées et les Alpes, Hinault attaque en vain, provoquant la colère de Lemond, celui-ci attend avec impatience le maillot jaune. Dans la première étape des Alpes vers Serre-Chevalier, Hinault est blessé au mollet, il avertit Lemond qui peut dès lors faire la course à sa guise, l'américain est maillot jaune à l'arrivée, l'étape est pour Eduardo Chozas. L'Alpe-d'Huez se profile, Hinault et Lemond se retrouve seul en tête dans la descente du Galibier, il reste 90 kilomètres à parcourir. Les deux coéquipiers de la Vie Claire vont gravir ensemble la Croix d Fer, ils creusent des écarts considérables. Dans la montée de l'Alpe-d'Huez ils continuent ensemble, pour terminer main dans la main à l'arrivée, des images qui émeuvent le France entière, le deuxième Zimmermann est à plus de 5 minutes. Hinault a tenu sa parole, c'est lui qui s'impose au sommet de l'Alpe dans une arrivée mise en scène par Barnard Tapie pour rétablir l'image de La Vie Claire, une image qui aura été déchirée par le duel Lemond/Hinault. Malgré tout Hinault continuera d'attaquer les derniers jours, mais Lemond reste puissant et ne lâchera pas face aux derniers assauts du "Blaireau", il devient le premier américain vainqueur du Tour de France.

# Posté le samedi 17 janvier 2009 09:35

Modifié le vendredi 13 février 2009 12:09