Coppi survole l'Alpe

Coppi survole l'Alpe
Le Tour 1952 verra l'apparition de la télévision, les images sont diffusées le soir même, une révolution. Mais c'est également un Tour d'un genre nouveau puisque c'est la première fois qu'auront lieu des arrivées au sommet avec l'Alpe-d'Huez, Sestrières et le Puy de Dôme. Au départ de la 10ème étape entre Lausanne et l'Alpe-d'Huez c'est la toute première arrivée au sommet d'un col. L'Alpe est encore une montagne inconnue que va mésestimer Jean Robic. Le breton attaque dès le pied mais va vite « caler » après seulement quelques kilomètres d'ascension, il est rattrapé puis dépassé par Fausto Coppi, qui écrase la montée. Finalement Coppi remporte l'étape, il a monté l'Alpe en 45'22'', il prend le maillot jaune, le suspense est désormais tué sur ce Tour. Afin de rendre le reste de la course plus attractive, les organisateurs décident d'augmenter la prime attribuée au deuxième. Pourtant leader, Coppi va réaliser une fantastique chevauchée solitaire le lendemain pour s'imposer devant les tifosis à Sestrières.

# Posté le samedi 17 janvier 2009 09:36

Modifié le mardi 10 février 2009 03:50

Robic, le dernier jour

Robic, le dernier jour
C'est le Tour de la Renaissance. Après sept années d'interruption due à la seconde guerre mondiale le Tour reprend ses droits. Jacques Goddet a cependant du ml à organiser l'épreuve dans une France encore dévastée. René Vietto, solide grimpeur sera longtemps leader du classement général jusqu'au long chrono entre Vannes et Saint-Brieuc long de 139 kilomètres.
Le belge Raymond Impanis l'emporte, quant à Vietto il cède son maillot jaune à Pierre Brambilla. Il reste deux étapes à parcourir, l'italien semble avoir course gagnée. Entre Saint-Brieuc et Caen, rien ne change au classement. Au départ de la dernière étape entre Caen et paris, Brambilla possède 2'58'' d'avance sur Jean Robic alors troisième du général et déjà vainqueur de trois étapes sur ce Tour de France 1947. Le parcours de cette ultime étape est plat et n'est pas propice aux échappées. Pourtant à la sortie de Rouen Robic passe à l'offensive dans la côte de Bonsecours. Edouard Fachleitner réplique aussitôt, Brambilla cède. L'avance des deux français est de 3 minutes alors qu'il reste 140 km à parcourir. C'est à ce moment que Robic propose à Edouard Fachleitner : « Tu ne peux plus gagner le Tour, car je ne te laisserai pas partir ! Si tu roules avec moi je te donne cent milles francs ! ». Les deux hommes tombent d'accort et roulent ensemble jusqu'à Paris, aucun d'eux ne gagnera l'étape, l'honneur revient au belge Albéric Schotte. Brambilla arrive avec plus de 13 minutes de retard, Jean Robic remporte donc le Tour de France de l'après-guerre, le dernier jour, sans avoir jamais porté le maillot jaune.
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# Posté le samedi 17 janvier 2009 09:36

Modifié le lundi 09 février 2009 14:38

Le sacrifice de René Vietto pour Antonin Magne

Le sacrifice de René Vietto pour Antonin Magne
Un jeune grimpeur de 20 ans qui dispute son premier Tour de France provoque l'enthousiasme des spectateurs. René Vietto se découvre des qualités de grimpeur en remportant deux étapes consécutives dans les Alpes. Il s'impose encore chez lui à Cannes. Le « Roi René » court en équipe de France en tant qu'équipier pour son leader Antonin Magne, un statut qu'il doit prendre dans les années à venir. A l'attaque des Pyrénées Magne est maillot jaune avec 2 minutes d'avance sur l'italien Giuseppe Martano. Magne attaque dans Puymorens. Dans la descente les deux français sont encore ensemble quand la roue avant du maillot jaune va se casser. Vietto donne alors sa roue à Magne qui se lance dans la descente à tombeau ouvert pour ne céder que 45'' à Martano à l'arrivée. Le lendemain Magne est de nouveau touché par la malchance, il chute dans la descente du Portet-d'Aspect. Vietto fait demi-tour pour passer son vélo à son leader, le jeune cannois ne peut retenir ses larmes de tristesse, qui émeuvent la France entière. Antonin Magne remportera son deuxième Tour. Quant à René Vietto il ne gagnera jamais le Tour de France, il ne retrouvera pas ses jambes de feux, amputées par la seconde guerre mondiale. Mais Vietto a écrit une des plus belles pages de la légende du Tour en s'étant sacrifié à deux reprises pour leader.

# Posté le samedi 17 janvier 2009 09:36

Modifié le lundi 09 février 2009 14:08

Eugène Christophe brise sa fourche à Sainte-Marie de Campan

Eugène Christophe brise sa fourche à Sainte-Marie de Campan
C'est la sixième étape du Tour de France, entre Luchon et Bayonne, la grande étape pyrénéenne. Eugène Christophe, postulant comme candidat à la victoire est à 5 minutes au classement général dont le leader est Odiel Defraye. Christophe passe seul en tête de l'Aubisque avant d'être rattrapé et dépassé par Philippe Thys dans l'ascension du Tourmalet. Malheureusement, dans la descente du Tourmalet, le français est renversé par une voiture suiveuse, la fourche de son vélo est cassée. Le règlement est strict, il doit réparer son vélo tout seul. Il descend alors à pied, vélo sur l'épaule, les 14 kilomètres qui le sépare de Sainte Marie de Campan, où il trouve une forge. Il entame la réparation de son vélo sous les yeux d'Henri Lecomte, commissaire de course. Au bout de deux heures de réparation celui-ci demande la permission à Christophe d'aller manger un morceau, il lui répond : "Si vous avez faim, mangez du charbon...Je suis votre prisonnier et vous resterez mes geôliers". Au bout de quatre heures la réparation est terminée, mais c'est trop tard, pour lui le Tour est perdu, il terminera l'étape à 3h50 du vainqueur, Philippe Thys lauréat de cette étape de 326 kilomètres. Au classement général, Eugène Christophe terminera septième à 14 h du vainqueur, mais il est entré dans la légende du Tour de France.

# Posté le samedi 17 janvier 2009 09:36

Modifié le lundi 09 février 2009 13:50

Luchon-Bayonne : "Vous êtes des assassins ! "

Luchon-Bayonne : "Vous êtes des assassins ! "
Le Tour de France 1910 marque un tournant dans l'histoire de la course. Pour la première fois les Pyrénées vont être abordées, La colère des coureurs ne tarde pas à se manifester. Désormais le Ballon d'Alsace ne suffit plus. C'est en tout cas l'opinion d'Alphonse Steines, collaborateur au journal l'Auto qui proposera à Henri Desgranges d'envoyer le peloton à l'assaut des Pyrénées. La réaction du créateur est sans appel : "Steines, vous devenez fou !". Steines veut à tout prix que le Tour franchise les Pyrénées, et va aller reconnaître le col du Tourmalet, ascension qu'il terminera à pied dans la nuit au milieu d'une tempête de neige. Le lendemain il envoi un télégramme au directeur de la course lui informant que le Tourmalet est parfaitement praticable, finalement Desgranges, inclut les Pyrénées dans le tracé dévoilé en avril.
Plusieurs coureurs partent en reconnaissance de ces lieux méconnus, ils reviennent fou de colère : "jamais on ne pourra monter la haut !". Face à la difficulté le nombre de coureur au départ est nettement moins important que l'an passé, seuls, 110 coureurs se lancent dans ce Tour 1910 alors qu'ils étaient 150 en 1909.
Le 21 juillet 1910, les Pyrénées entrent dans la légende du Tour. Entre Luchon et Bayonne, sur 325 km, les aujourd'hui célèbrent col de Peyresourde, d'Aspin, du Tourmalet et de l'Aubisque doivent être franchit. Le départ est donné à 3h30. Octave Lapize, réputé meilleur grimpeur du peloton s'échappe dès Peyresourde, il gravira une partie du Tourmalet à pied, la pente est trop rude, seul Garrigou parviendra à grimper le Tourmalet sans mettre pied à terre. Au sommet Lapize lance envers les organisateurs : "Vous êtes des assassins. Oui, des assassins ! ". Après 14 heures d'effort, Octave Lapize s'impose à Bayonne. Le dernier de l'étape n'arrivera que 22 heures après le départ. A l'arrivée seul 10 coureurs ne sont pas hors-délai, mais la direction ne disqualifiera personne. Sur la ligne Lapize répète encore : "Desgranges est bien un assassin ! ". Il remporte finalement ce Tour 1910.

# Posté le samedi 17 janvier 2009 09:36

Modifié le lundi 09 février 2009 13:29